D’Avanquest à Claranova ou l’histoire d’une réinvention

La société française Avanquest, présidée depuis 2013 par Pierre Cesarini, a été totalement réinventée, jusqu’à changer de raison sociale.

Publié et mis à jour le 10 mai 20173 min de lecture
D’Avanquest à Claranova ou l’histoire d’une réinvention

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Pierre Cesarini, PDG Avanquest/Claranova[/caption]

Après une refonte totale des activités de la société en trois divisions totalement autonomes, Pierre Cesarini, PDG, met la dernière touche à sa stratégie de refonte d’Avanquest, en renommant l’un des premiers éditeurs français, Claranova, comme le précisaient récemment nos confrères du Figaro et des Echos.

« Avanquest avait des ressources de qualité, mais elles étaient réparties dans douze sociétés différentes. Surtout, il manquait une vision pour englober le tout », explique cet ancien d'Apple aux manettes depuis 2013 de cette entreprise trentenaire. Une fois la dette renégociée, la société avait fait une augmentation de capital de 30 millions d'euros courant de l'été 2015, vendu certaines activités et vu son effectif fondre de 600 à 350 salariés aujourd’hui.

« Tout d’abord, l’ensemble des activités software ont été regroupées en une seule division début 2014 et deux nouveaux axes ont été développés, explique-t-il. Le printing digital web et mobile avec PlanetArt et une plateforme IOT, MyDevices, pour les objets connectés ».

L’activité PlanetArt a réalisé un chiffre d’affaires de 85 millions d’euros en 2015-2016 et a déjà atteint les 50 millions d’euros sur le 1er semestre. « Ce qui correspond à plus de 700 millions de photos imprimées par nos 5 à 6 millions de clients, principalement situés aux Etats-Unis et au Royaume-Uni », poursuit-il, insistant sur la qualité de ses équipes et leurs compétences en digital marketing. Mais, où est l’originalité ? « L’idée est de pouvoir imprimer directement vos photos depuis votre mobile, c’est le concept du « mobile to print » sur lequel nous sommes devenus leaders ». Et, selon lui, il y aurait encore beaucoup de potentiel pour faire croître ce business : « Il suffit d’investir dans un pays et continuer d’innover », comme avec le lancement en 2016 des livres photo (FreePrints Photobooks) que l’on peut préparer en quelques minutes sur mobile par exemple.

L’autre grand axe de développement de la société concerne l’IOT, un domaine dans lequel Avanquest/Claranova détient des compétences historiques (middleware communication). « Avec MyDevices, nous proposons en BtoB une plateforme logicielle aux entreprises afin qu’elles puissent développer et gérer leur propre offre d’objets connectés ». Et cela, quel que soit le protocole de communication utilisé (LoRa, SigFox, WiFi, Bluetooth…). Là, la bataille est en cours, reconnaît le dirigeant et il n’y aura pas un seul gagnant : « Notre idée est de faciliter la vie des acteurs industriels en leur fournissant l’infrastructure qui leur permet de développer une solution IOT pour leur cœur de métier ».

Sa cible : les grands groupes principalement, de tous secteurs d’activité. Claranova travaille ainsi avec l’enseigne de distribution Carrefour, sur une plateforme qui reconnaît d’ores et déjà une centaine d’objets connectés (400 à terme). Le projet lancé il y a un an environ, devrait être bientôt opérationnel.

En début d’année, Avanquest/Claranova a d’ailleurs accueilli au capital de cette filiale, l’américain Semtech. L’accord se traduit par une prise de participation minoritaire (près de 3 millions d’euros) de ce dernier dans MyDevices, désormais valorisée 23,2 millions d’euros. Mais le financement pourrait s’élever rapidement à 10 millions d’euros, aboutissant à une valorisation de près de 30 millions d’euros. Une bonne nouvelle pour l’éditeur car ce fournisseur de puces est aussi l'inventeur de la technologie LoRa, le réseau de communication bas-débit dédié à l'IOT. « Aujourd’hui, nous comptons environ 200 000 développeurs qui utilisent Cayenne, nos outils IoT, à travers le monde », précise-t-il.

Enfin, la société conserve son activité historique de vente de logiciels, pour un chiffre d’affaires de 40 millions d’euros. « La dimension Logiciels, assainie, reste une activité intéressante, mais sur internet cette fois. On va vers un concept plus orienté « nouveaux médias », en cherchant à augmenter notre volume de trafic et en nous focalisant sur la monétisation ».

Au total, sur son 1er semestre, Avanquest/Claranova cumule 72 millions de revenus (+ 33 %), mais affiche encore une perte de près de 2 millions d'euros (plus de 10 millions un an plus tôt). Pour autant, la société prévoit un retour à la rentabilité sur l’année calendaire 2017, et ce à investissements constants.

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