Développeurs : face au privé, le secteur public en quête d'attractivité

Les événements qui rassemblent étudiants et jeunes professionnels du numérique, à l’image du Master Dev France du mois de mars, sont des occasions rêvées pour les recruteurs. Mais parmi les allées des salons, le secteur public peine encore à attirer l’attention dans cette « guerre des talents » de la tech. Pour attirer et fidéliser, il mise sur son utilité sociale, des parcours de carrière flexibles et des projets technologiques à la pointe.

Publié et mis à jour le 2 avril 20253 min de lecture
Développeurs : face au privé, le secteur public en quête d'attractivité

« C’est grâce au secteur privé qu’on arrive à développer des solutions efficaces, grâce à des moyens assez conséquents. Je veux lier l’utile à l’agréable et développer des solutions pratiques pour tous. » Le témoignage d’Elias, étudiant, croisé dans les allées du Master Dev France, fait écho à de nombreux autres. Chaque année, étudiants, chercheurs d’emploi et professionnels du numérique se croisent à l’occasion des nombreux salons de l’écosystème. Et comme sur d’autres événements, la rencontre organisée en mars par Docaposte, la filiale numérique du groupe La Poste, a été l’occasion de mesurer que le secteur public peine à s’imposer dans le cœur des candidats aux postes de développeurs. Ces derniers se projettent ainsi le plus souvent vers des emplois au sein de grandes entreprises privées, réputées pour leurs investissements dans de médiatiques projets technologiques. Le secteur public est lui peu ou pas représenté parmi les exposants et les intervenants.

Malgré le rôle essentiel du numérique dans l’administration, le service aux citoyens et les missions d’utilité publique, les acteurs du secteur peinent en effet à rivaliser avec le secteur privé pour attirer les jeunes talents. Que cherchent les jeunes sortant d’écoles de développeurs ? Les mêmes raisons reviennent en boucle : des projets innovants, une rémunération attractive et une vision de carrière déjà tracée. « Il y a pas mal de projets intéressants qu’on ne va pas forcément faire dans le public », croit savoir Nicolas, un étudiant. Pourtant, les recruteurs en poste dans le secteur restent confiants sur son attractivité et laissent entendre qu’ils ne manquent pas d’atouts.

Le secteur public parie sur l’attractivité de l’utilité sociale

Olivier Lafosse CNAM interview video

Olivier Lafosse CNAM interview video

Pour Olivier Lafosse, qui dirige la direction de l’informatique décisionnelle et des données de la Cnam (Caisse nationale de l’assurance maladie), le secteur public attire « les gens [qui] cherchent à avoir du sens et être eux-mêmes porteurs de sens » dans leur vie professionnelle. Ainsi, l’intérêt des candidats pour les métiers du secteur public réside souvent dans leur impact direct sur la société. « Les missions sont d’ordre public, elles ont du sens pour les concitoyens, elles sont utiles pour tous », abonde Herbert Nyembo, responsable système d’information décisionnel et applicatifs big data au sein de l’Urssaf Caisse Nationale.

Offrir des opportunités d’évolution

Mais la valeur sociale ne fait pas tout. Olivier Vallet, PDG de Docaposte, souligne que « les projets doivent être à la pointe de la technologie, et les entreprises publiques doivent offrir des opportunités d’évolution dans des environnements technologiques avancés ». Il ajoute que la priorité est aujourd’hui de développer une approche numérique de confiance et souveraine, ce qui nécessite des talents spécialisés. Un point qui peut également séduire en retour. Pour Olivier Lafosse, un autre sujet crucial pour attirer les jeunes dans le secteur public est la possibilité d’y faire une carrière qui s’adapte aux futures évolutions de vie du candidat. « Les parcours dans le public ne sont pas figés, vous pouvez commencer comme développeur et finir directeur d’administration centrale ! », explique-t-il. L’accompagnement à la mobilité interne proposé par de plus en plus d’organisations publiques est donc un atout supplémentaire pour toucher des jeunes talents en quête de nouveaux défis professionnels.

Autres articles

La tech veut un autre leadership... sans renoncer à ses vieux réflexes

Bug de genre

La tech veut un autre leadership... sans renoncer à ses vieux réflexes 

L'essor de l'IA pousse les entreprises à revoir leurs attentes envers les managers techniques. Les compétences relationnelles, la diversité des équipes et l'autorité deviennent des leviers de performance autant que d'inclusion. Oui, mais...

Après les cryptoactifs, Ledger veut sécuriser l’action numérique à l’ère des agents IA

Chronique

Après les cryptoactifs, Ledger veut sécuriser l’action numérique à l’ère des agents IA

Au moment où l’intelligence artificielle réduit le coût des cyberattaques et multiplie les systèmes capables d’agir seuls, Ledger fait un pari : ne pas chercher à rendre l’agent infaillible, mais sécuriser son mandat, ses limites et le moment précis où une intention numérique devient un acte.

Cyberattaque contre Hugging Face : comment OpenAI maîtrise son récit

décryptage

Cyberattaque contre Hugging Face : comment OpenAI maîtrise son récit

L'intrusion menée par des agents IA d'OpenAI contre Hugging Face marque un tournant. Elle ne valide pourtant ni le récit d'une IA hors de contrôle, ni celui d'une cybersécurité devenue obsolète, tout en révélant un nouveau rapport de force autour des modèles de frontière. 

La France candidate pour accueillir une AI Gigafactory soutenue par l'Union européenne

IA souveraine

La France candidate pour accueillir une AI Gigafactory soutenue par l'Union européenne 

L'État se positionne pour accueillir une infrastructure de calcul dédiée à l'intelligence artificielle et s'engage à acheter 100 millions d'euros de capacités de calcul si un projet français est retenu. 

Orange et Morrison veulent créer une coentreprise de data centers pour renforcer le cloud souverain européen

Souveraineté des centre de données

Orange et Morrison veulent créer une coentreprise de data centers pour renforcer le cloud souverain européen

Les partenaires prévoient d’investir 3 milliards d’euros afin d’accompagner la croissance des besoins en cloud et en intelligence artificielle. 


Préférences de consentement