E-santé : Umanlife veut responsabiliser les français

Alors que la jeune pousse vient de remporter l’IMC Award Innovation 2015, Alliancy a profité de l’occasion pour s’entretenir avec son fondateur, Alexandre Plé.

Publié et mis à jour le 11 février 20153 min de lecture
E-santé : Umanlife veut responsabiliser les français

Lancée en 2012, la startup francilienne Umanlife a créé un carnet de santé connecté permettant à son utilisateur de se suivre lui-même et de bénéficier de conseils personnalisés. Alors que la jeune pousse vient de remporter l’IMC Award Innovation 2015, Alliancy a profité de l’occasion pour s’entretenir avec son fondateur, Alexandre Plé.

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Alexandre Plé, fondateur de la start-up Umanlife[/caption]

Comment vous est venue l’idée de lancer cette start-up ?

Alexandre Plé :Je suis un ancien directeur adjoint d’établissement de santé, j’ai donc une bonne connaissance du milieu médical. Alors que je travaillais encore là-bas, j’ai réalisé que si chacun gérait ses amis, ses finances et ses voyages sur Internet, personne n’y gérait le bien le plus précieux au monde : sa santé. Au même moment, en 2010, il y a eu l’épisode de la grippe aviaire en France accompagnée de la controverse sur les vaccins. C’est ainsi que j’ai pensé qu’il nous manquait un outil capable d’agréger toutes nos données médicales et d’en garder une trace ; une sorte de carnet de santé connecté qui permet à son utilisateur de se suivre lui-même et de bénéficier de conseils personnalisés. Et il a finalement vu le jour à l’automne 2012.

Concrètement, comment cela fonctionne ?

AP : Umanlife se présente sous la forme d’un tableau de bord digital accessible depuis une plateforme web ou mobile. Après s’être inscrit gratuitement, l’utilisateur remplit son profil. Le carnet de santé représente en quelque sorte la pierre angulaire de notre service mais nous proposons aussi 11 modules thématiques qui sont, eux, payants. Sport, nutrition, sommeil, suivi de grossesse mais aussi des addictions (tabac, alcool, drogue), etc. Il y a plusieurs façons d’amener ses données sur la plateforme. Manuellement, ce qui est relativement contraignant, ou en synchronisant ses objets connectés et applications santé/bien-être. Grace aux informations communiquées, l’utilisateur peut suivre l’évolution de son poids, tension, sommeil, activité physique, consommation de cigarettes sous forme de graphiques.

De quelle façon la plateforme interagit avec l’utilisateur ?

AP : Si cela fait une semaine que vous ne dormez plus que 3 heures par nuit ou encore que votre consommation quotidienne de cigarettes passe de 3 à 20, l’utilisateur reçoit un message d’avertissement. Une sorte d’alarme pour lui faire prendre conscience qu’il y a peut-être un problème et lui conseiller de prendre contact avec un professionnel de la santé. En aucun cas nous ne nous substituons à un médecin. Notre idée maitresse est de faire changer les mentalités en aidant les français à se responsabiliser face à leur propre santé. C’est pourquoi la plateforme propose une fonction agenda pour vos rendez-vous médicaux mais aussi des rappels pour les examens de routine annuels par exemple.

Avec l’explosion de l’e-santé et des objets connectés, votre start-up a du connaitre un succès fulgurant…

AP : Honnêtement, au départ, pas tant que ça. Les gens ne comprenaient pas vraiment ce que cela pouvait leur apporter, ils avaient peur d’un effet « Big Brother ». Je pense qu’il y avait deux freins. Le premier concerne la question essentielle de la protection des données. Cette data que nous récoltons, nous nous engageons à la protéger et à ne pas la monétiser. Elle est d’ailleurs hébergée chez un hébergeur de santé agréé. Il y a ensuite un problème culturel ; les français n’ont pas vraiment l’habitude de prendre en main leur santé même si la situation évolue.

Je le sais puisque nous nous sommes bien développés et dépassons maintenant les 20 000 inscrits. Nous préparons une levée de fonds afin de financer le lancement de la plateforme aux Etats-Unis et au Brésil. L’arrivée récente de concurrents sur notre marché nous a renforcé dans notre conviction : l’explosion des objets connectés amène un nouveau défi -celui de l’utilisation des données qui en émanent- auquel Umanlife amène une réponse.

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