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Pacte numérique et IA, l’État veut transformer la souveraineté en commandes

Ce jeudi 10 septembre à la Station-F, David Amiel et Anne Le Hénanff ont signé le Pacte numérique et IA avec l’appui de la DINUM, le CSF et Hexatrust. Objectif : faire de la commande publique un levier industriel. 

Publié et mis à jour le 10 septembre 20262 min de lecture
Pacte numérique et IA, l’État veut transformer la souveraineté en commandes

Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique

Fiona Slous / Alliancy

Le réarmement numérique a désormais son Pacte, à défaut d’avoir déjà son arsenal. Signé le 10 septembre à Station F par David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, et Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle (IA) et du Numérique, le Pacte numérique et IA doit rapprocher les besoins technologiques de l’État des capacités des entreprises françaises du numérique de confiance et de l’IA. Le Comité Stratégique de Filière (CSF) Logiciels et Solutions Numériques de Confiance, Hexatrust et Numeum participent au dispositif. La DINUM pilotera ce cadre opérationnel pendant une durée initiale de trois ans, renouvelable, avant sa transformation annoncée en Autorité référente pour l’intelligence artificielle et le numérique de l’État, ARIANE.

Les premiers groupes de travail cibleront les suites bureautiques collaboratives pour les administrations, les tests d’intrusion par IA et les logiciels de sécurisation des infrastructures critiques. Ils devront identifier des solutions, les tester puis préparer leur déploiement. “Nous devons nous désensibiliser des technologies américaines et extra-européennes”, a défendu David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics. Le Pacte reste cependant un cadre de travail, sans accès préférentiel aux marchés publics. Toute l’équation tient là : transformer le dialogue industriel en commandes sans contourner les règles de l’achat public. 

200 millions d’euros en point d’appui 

Le Pacte s’inscrit dans le plan de sécurisation numérique et cyber annoncé par le gouvernement le 30 avril 2026. Doté de 200 millions d’euros, celui-ci doit renforcer les systèmes d’information de l’État, ses capacités de détection et la cryptographie post-quantique. Le nouveau dispositif doit apporter le relais industriel à ces investissements en rapprochant les priorités publiques des fournisseurs susceptibles d’y répondre. Le communiqué esquisse même la constitution d’une base industrielle et technologique du numérique et de l’IA, inspirée de la BITD française dans la défense. Le gouvernement pose aussi ses conditions. Les industriels admis devront disposer de leur siège et de capacités industrielles en France, échapper aux dépendances liées aux règles extraterritoriales et répondre aux objectifs de souveraineté. 

À ce stade, le Pacte organise surtout une méthode de coopération et ne détaille aucun dispositif financier ou contractuel propre à cette ambition industrielle. “Le réarmement numérique n’est pas un slogan. C’est une condition de notre souveraineté”, a déclaré Jean-Noël de Galzain, président d’Hexatrust. L’État se donne ainsi trois ans pour cartographier ses besoins, éprouver l’offre française et préparer son passage à l’échelle. En prenant la BITD pour modèle, l’État rêve désormais la cybersécurité en armée virtuelle. Reste à savoir si le réarmement dépassera le champ lexical. 


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