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Femmes et deeptech : ce que révèle le prix Joliot-Curie 2025 

Le Prix Irène Joliot-Curie 2025, remis le 18 mars 2026 à Paris, distingue cinq chercheuses dont les travaux illustrent des avancées technologiques majeures et les enjeux de mixité dans la recherche française. 

Publié et mis à jour le 23 mars

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La tech a ses vitrines. Elle peine encore à structurer ses talents. Remis le 18 mars 2026 à la Cité internationale universitaire de Paris, le Prix Irène Joliot-Curie 2025 met en lumière cinq chercheuses aux travaux ancrés dans des dynamiques d’innovation, souvent à la frontière de la deeptech. Une sélection qui dit autant l’état de la recherche que ses déséquilibres persistants. Plusieurs lauréates incarnent des avancées technologiques directement exploitables.  

  • Valentina Emiliani, distinguée comme scientifique de l’année, développe des dispositifs optiques capables de contrôler l’activité neuronale. En combinant holographie, lasers infrarouges et optogénétique, ses travaux ouvrent des perspectives en neurotech et en thérapies visuelles.  

  • Même logique chez Maïmouna Bocoum, dont les recherches croisent optique, ultrasons et capteurs quantiques. Ses technologies d’imagerie visent notamment la détection précoce du cancer, avec des approches non invasives et compatibles avec des usages cliniques.   

  • Dans un registre industriel, Astrid Perlade travaille sur la modélisation des aciers et leur transformation bas carbone. Ses développements sont déjà intégrés dans des chaînes de production, avec un impact direct sur la performance et la décarbonation.  

Des trajectoires différentes, mais un même point de convergence : la capacité à transformer la recherche en technologies activables. Le prix valorise aussi des profils à l’interface entre recherche et industrie, signe d’une attente accrue de valorisation économique des travaux scientifiques, dans des cycles de plus en plus courts. 

Derrière la vitrine, un déficit structurel de mixité  

Créé pour promouvoir la place des femmes dans la recherche et la technologie, le Prix Irène Joliot-Curie s’attaque à un déséquilibre documenté mais persistant. Malgré les dispositifs publics, la féminisation des filières scientifiques reste incomplète, en particulier dans les métiers technologiques. Dans le numérique, les femmes ne représentent qu’environ 19 % des effectifs, avec un objectif fixé à 30 % d’ici 2030 via le programme “Tech pour toutes”. Au-delà des chiffres, le problème est systémique. Orientation genrée dès le lycée, autocensure, accès inégal aux postes à responsabilité ou aux financements : les freins s’accumulent tout au long des parcours. En vingt ans, plus de 70 scientifiques ont été récompensées et ce prix jouent un rôle clé de visibilité et de projection. Mais il reste un levier indirect. La transformation, elle, se joue ailleurs.