IA : Heuritech lève des fonds et s’envole pour New York

La nouvelle levée de fonds de 4 millions d’euros annoncée ce jour permettra à la société parisienne Heuritech, spécialisée dans la prédiction de tendances pour les marques du luxe, de la mode et, bientôt, de la cosmétique, de s’attaquer aux marchés américain et asiatique.

Publié et mis à jour le 2 septembre 2019
4 min.
IA : Heuritech lève des fonds et s’envole pour New York

La start-up a été fondée en 2013 par Tony Pinville (à droite sur la photo) et Charles Ollion,

[caption id="attachment_69778" align="alignleft" width="316"]

La start-up a été fondée en 2013 par Tony Pinville (à droite sur la photo) et Charles Ollion, (DR)[/caption]

Tony Pinville, cofondateur et CEO d’Heuritech, trace sa route dans l’intelligence artificielle. Avec une solution en mode SaaS, de prédiction des tendances… pour les marques du luxe et de la mode (avec un taux de précision de 90%). Et ce jusqu’à un an d’avance en se basant sur la reconnaissance et l’analyse d’images très poussée de toutes les photos circulant sur les réseaux sociaux !

Grâce aux données fournies aux marques, celles-ci peuvent alors mieux définir leur plan de collections (couleurs, motifs, formes…), les quantités à produire et ainsi ajuster finement leurs stocks pour éviter le gaspillage. Sa vingtaine de clients : Louis Vuitton, Dior, Paco Rabanne, Kontoor Brands, Adidas…et d’autres marques de la fast fashion.

Grâce à la nouvelle levée de fonds de 4 millions d’euros réalisée auprès de Serena Capital - investisseur historique -, Elaia Partners et autres Business Angels, l’année 2020 sera celle du décollage à l’international avec l’implantation d’un bureau à New York, avant de regarder côté asiatique.

« Nous souhaitons nous étendre à l’international, à commencer par les Etats-Unis, explique Tony Pinville, et ouvrir une nouvelle verticale qu’est la cosmétique. Autant pour les produits que les couleurs… Tous ces milliers d’éléments qui intéressent énormément les marques. » Heuritech, qui analyse aujourd’hui plus de 3 millions d’images par jour grâce au deep learning, est ainsi capable de détecter jusqu’à 2 000 détails de produits… « Ce qui permet à nos clients d’adapter leur stratégie, tout en les aidant à prendre plus de risques dans un secteur en plein bouleversement », précise-t-il. Face aux influenceurs, les marques ont en effet perdu la main sur les tendances et leur propagation auprès des différentes cibles de consommateurs.

[bctt tweet="#Socialnetwork - Aujourd’hui, plus de 100 millions d’images sont postées chaque jour sur #Instagram et 3 achats sur 4 sont influencés par les réseaux sociaux…" username="Alliancy_lemag"]

Aussi un enjeu éthique

Après avoir remporté le challenge Louis Vuitton Innovation Awards, en juin 2017 lors du salon Viva Technology, Heuritech s’est depuis concentré pour sa solution sur le luxe, avant de l’élargir à la mode, puis à la cosmétique aujourd’hui. Basée à Paris, dans de nouveaux locaux Place de Clichy dès le mois prochain, la PME de 40 personnes passera à 70 collaborateurs d’ici un an, notamment en étoffant ses équipes marketing/commercial.

Discret sur les chiffres, Tony Pinville, qui travaille pour des marques internationales, américaines et japonaise, souhaite également aller au-delà des opportunités commerciales : « La prévision de tendance est aussi une question de responsabilité, explique-t-il. D’ici à 2030, le volume de production de vêtements doit atteindre 102 millions de tonnes, soit une augmentation de 64,5 % par rapport à aujourd’hui. La capacité d’une marque à anticiper est critique pour pouvoir prévoir les bonnes quantités et éviter un tel gaspillage. » Indispensable à l’heure où l’industrie de la mode est la deuxième industrie la plus polluante au monde... et que le consommateur devient de plus en plus exigeant sur les valeurs mises en avant par les marques.

Retour sur le parcours d’Heuritech

La start-up a été fondée en 2013 par Tony Pinville et Charles Ollion, après avoir terminé leur doctorat en apprentissage approfondi à l'Université Pierre-et-Marie Curie à Paris. Ensemble, ils ont développé une technologie de reconnaissance visuelle basée sur l’IA pour capturer la puissance des images de mode partagées chaque jour en ligne, avant de lancer leur solution. En 2016, ils réalisent leur première levée de fonds de 1,1 million d’euros en amorçage avec le fonds Serena Capital. En 2017, ils sont « Lauréat du Prix de l'innovation LVMH » pour qui ils développent une solution dédiée au luxe. Cette année, ce sont plus de 4 000 tendances de la mode et du sport qui sont identifiées grâce à leur technologie. Aujourd’hui, la plateforme lève 4 millions d’euros en Série A auprès des fonds de capital-risque Elaia et Serena, ainsi que Pierre Denis, CEO de Jimmy Choo, et Coralie de Fontenay, ancienne directrice générale de Cartier France.

Lire aussi sur ALLIANCY

Autres articles

La dépendance numérique se fabrique aussi dans les organigrammes

Chronique

La dépendance numérique se fabrique aussi dans les organigrammes

On parle d’infrastructures et de contrats quand on évoque la dépendance numérique. On parle moins des compétences qui permettent de les évaluer, de les challenger et, le cas échéant, d’en sortir. Or une organisation perd sa maîtrise numérique lorsqu’elle perd les personnes capables de juger ses choix.

La Cour des comptes pousse les ministères vers le libre

Bureautique de l’État

La Cour des comptes pousse les ministères vers le libre

L’État a dépensé 100 M€ en 2025 pour sa bureautique, dont 80 % des licences chez Microsoft. La Cour des comptes réclame une bascule vers le libre en mode cloud d’ici trois à quatre ans.

Quand la donnée commerciale devient un enjeu de leadership pour le CDO

Défi d’un nouveau monde

Quand la donnée commerciale devient un enjeu de leadership pour le CDO

Le leadership du chief data officer se joue-t-il encore dans la construction des fondations data, ou dans sa capacité à transformer la donnée en levier de création de valeur pour l’IA ?

Cybersécurité et souveraineté : le grand écart des entreprises européennes

Etude

Cybersécurité et souveraineté : le grand écart des entreprises européennes 

Une enquête de Kerys Software révèle un paradoxe : si la souveraineté technologique figure parmi leurs priorités, 81 % des entreprises interrogées s’appuient sur des solutions non européennes. 

"L’enjeu principal de la deeptech est plutôt la liquidité du marché"

Interview

"L’enjeu principal de la deeptech est plutôt la liquidité du marché"

Kat Borlongan, membre du board de l’European Innovation Council (EIC) au sein de la Commission européenne, décrypte les difficultés des startups deeptech en Europe, et les signaux positifs.


Préférences de consentement