IA : valoriser l’écosystème, une priorité

L’Académie des technologies a présenté le 9 avril dernier son rapport sur le « Renouveau de l’intelligence artificielle et de l’apprentissage automatique ». Recommandant la mise en place d’un plan IA à l’échelle nationale et européenne, elle met en avant la nécessité de valoriser l’écosystème existant et d’encourager les expérimentations pour favoriser les applications de la technologie.

Publié et mis à jour le 27 avril 20184 min de lecture
IA : valoriser l’écosystème, une priorité

Yves Caseau, académicien à la tête de la commission chargé de la rédaction du rapport (à gauche) et Bruno Jarry, président de l’Académie des technologies, lors de la publication du rapport le 9 avril dernier.

L’Académie des technologies vient de présenter son rapport sur le « Renouveau de l’intelligence artificielle et de l’apprentissage automatique ». Recommandant la mise en place d’un plan IA à l’échelle nationale et européenne, elle met en avant la nécessité de valoriser l’écosystème existant et d’encourager les expérimentations pour favoriser les applications de la technologie.

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Yves Caseau, académicien à la tête de la commission chargé de la rédaction du rapport (à gauche) et Bruno Jarry, président de l’Académie des technologies, lors de la publication du rapport le 9 avril dernier.[/caption]

Présenté le 9 avril dernier – soit une semaine et demie après le rapport Villani (lire l'encadré) – mais destiné au monde professionnel, le rapport sur le « Renouveau de l’intelligence artificielle et de l’apprentissage automatique » de l’Académie des technologies vise à encourager l’adoption de l’intelligence artificielle (IA) au sein des entreprises. Résultat de dix mois de travaux, au cours desquels une trentaine de personnes ont été interrogées par la commission Technologies de l’information et de la communication, ce rapport émet plusieurs recommandations pour aiguiller la stratégie du gouvernement.

La priorité selon l’institut de recherche est la mise en avant de l’écosystème français. « Cette notion d’écosystème, qu’elle concerne la recherche ou le monde de l’usage, reste assez flou dans le rapport Villani, souligne Yves Caseau, président de cette commission et co-auteur du présent rapport. Par exemple, les contributions françaises à l’open-source ont été très peu mentionnées, c’est pourtant en attirant l’attention sur ce qui est réalisé que l’on donne envie à d’autres de s’investir. » L’académicien, également DSI du groupe Michelin, préconise de développer les hackathon et les concours d’innovation orientés vers la démonstration pratique : « L’objectif est de montrer aux décideurs dans des délais courts la valeur que l’intelligence artificielle apporte car cette technologie est encore peu adoptée dans nos sociétés. »

Des centres d’essai sur le modèle des IRT

Autre recommandation : encourager les expérimentations. « L’IA, ce n’est pas que des algorithmes, c’est une somme de connaissances qui s’acquiert en pratiquant », affirme Yves Caseau. Pour l’Académie des technologies, investir sur la R&D est insuffisant ; il faut aussi s’intéresser à l’ingénierie et aux moyens de calcul.

La commission propose également dans son rapport la création de laboratoires d'essai et de certification par domaine métier, regroupant industriels et chercheurs. « L’idée serait de créer des lieux similaires aux IRT pour penser le processus de bout en bout et avoir une excellence propre à ce domaine. Il faut revoir le système de recherche français dans son intégralité », conseille Gérard Roucairol, président honoraire de l’Académie des technologies, relevant un manque de puissance de calcul dans les projets français.

Le RGPD, un frein pour l’expérimentation

Avec ses propositions, l’Académie des technologies espère s’inscrire dans la volonté du gouvernement. « Le rapport Villani est très bien écrit et juste mais il reste incomplet par rapport au dessein du président et il ne porte pas les germes pour favoriser l’usage », précise Yves Caseau. Le rapport Villani insiste par exemple sur le soutien financier des chercheurs. « La réussite d’un acteur innovant est imprévisible, il vaut donc mieux promouvoir l’introduction de l’IA dans tous les secteurs pour revisiter tous nos métiers plutôt que d’élaborer des plans pour des secteurs précis », estime l’académicien.

De nombreux rapports ont récemment vu le jour sur l’intelligence artificielle, le contexte global se veut favorable à son essor. « J’observe néanmoins que la donnée ne circule pas aussi librement que ce qu’elle devrait », note Yves Caseau à la suite de ses interventions en entreprises. Le RGPD reste pour l’Académie des technologies un frein. Elle préconise ainsi un assouplissement des modalités d'application du règlement afin de ne pas affaiblir les écosystèmes européens par rapport aux concurrents américains.

Le rapport Villani : entre science, éthique et commerce

Le rapport sur l’intelligence artificielle (IA) rédigé par le mathématicien et député Cédric Villani, a été rendu public le 28 mars 2018. Parmi les nombreuses pistes proposées : créer un réseau d’Instituts interdisciplinaires d’intelligence artificielle, mettre en place un supercalculateur conçu spécifiquement pour les applications d’IA, ou encore rendre plus attractives les carrières dans la recherche publique afin d’éviter la fuite des cerveaux vers les géants américains. Pour y accéder, cliquer ici.

Pour aller plus loin, lire notre interview avec Yves Caseau :

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