Banque-assurance

Le Crédit Agricole investit un demi-milliard d’euros pour industrialiser l’IA 

Le groupe bancaire renforce sa stratégie sur l’intelligence artificielle et annonce engager 500 millions d’euros sur trois ans.

Publié et mis à jour le 11 juin 20263 min de lecture
Le Crédit Agricole investit un demi-milliard d’euros pour industrialiser l’IA 
Adobe Stock

La performance du Crédit Agricole dépend de notre capacité à intégrer l’intelligence artificielle.” C’est le constat formulé par Olivier Gavalda, le DG du groupe bancaire, à l’occasion d’une conférence de presse sur l’orientation stratégique du banquier-assureur. Derrière, un investissement de 500 millions d’euros sur trois ans (2026-2028), avec un objectif clair d’industrialisation. L’enveloppe doit servir à renforcer les infrastructures, absorber la montée en puissance des usages et structurer le déploiement de l’IA à l’échelle du groupe. Rapporté aux 5,7 milliards de budget IT annuel de la banque, l’effort peut sembler négligeable. Il marque pourtant un basculement stratégique. Une part significative des fonds sera consacrée à l’augmentation de la puissance de calcul du groupe. “Nous sommes en train d’étendre les capacités de nos data centers”, confie Olivier Biton, directeur de la transformation technologique de Crédit Agricole. 

Une « entreprise IA » dotée de 150 millions d’euros 

Avec cette somme, le groupe prévoit aussi la création d’une “entreprise IA”. Le terme est important. Ni une GIE, ni une IA factory, mais bien une entreprise au capital de 150 millions d’euros, avec un objectif de rentabilité (sans date avancée à ce jour). “Nous créons une entreprise qui sera capable de prendre certains risques technologiques”, précise Olivier Biton. L’entité délivrera sur sa plateforme les services nécessaires au déploiement de l’IA dans le groupe, des fondations technologiques communes et des agents IA mutualisés pour tous. 

Dès septembre, l'entreprise devrait entrer en activité et se pencher sur les principaux défis techniques et organisationnels liés au déploiement de l’IA à l’échelle du groupe. “Comment j’accède aux LLM ? Comment mettre en place un nouveau cycle de vie du développement logiciel (SDLC) fondé sur l’IA ? Comment aller chercher des données sur le web sans risquer une fuite de nos propres données ? Pour répondre à ces interrogations, plutôt que de nous contenter de normes descriptives, nous développons un service industriel de niveau groupe afin de fournir les moyens, à l’échelle, permettant de respecter les règles fixées“, explique Olivier Biton dans un entretien accordé à la rédaction en marge de l'évènement. 

Préparer l’explosion des coûts de l’IA 

Derrière cet investissement se cache également une préoccupation plus prosaïque : la facture de l’IA. Celle-ci reste pour l’instant largement imprévisible, avec une valeur du token encore inconnue. “Lorsque les coûts exploseront, lorsque nous paierons le « vrai coût » de l’IA, il faudra disposer de leviers d’action à l’échelle”, commente Olivier Biton. Dans cette optique, le Crédit Agricole multiplie les partenariats avec des fournisseurs d’IA français, européens et américains afin de préserver sa marge de manœuvre technologique. Interrogé sur ses relations avec Anthropic, le directeur de la transformation technologique indique collaborer avec la start-up sur les enjeux de cybersécurité et ajoute, sur le ton de la confidence, être « en train de rentrer dans le cercle Glasswing ». Cette adhésion permettrait notamment au groupe d'accéder à Claude Mythos, un modèle spécialisé dans l’identification de vulnérabilités informatiques. Sa capacité à détecter à grande échelle de nouvelles failles de sécurité pourrait constituer un atout stratégique de taille pour l’établissement bancaire.  

Autres articles

La tech veut un autre leadership... sans renoncer à ses vieux réflexes

Bug de genre

La tech veut un autre leadership... sans renoncer à ses vieux réflexes 

L'essor de l'IA pousse les entreprises à revoir leurs attentes envers les managers techniques. Les compétences relationnelles, la diversité des équipes et l'autorité deviennent des leviers de performance autant que d'inclusion. Oui, mais...

Après les cryptoactifs, Ledger veut sécuriser l’action numérique à l’ère des agents IA

Chronique

Après les cryptoactifs, Ledger veut sécuriser l’action numérique à l’ère des agents IA

Au moment où l’intelligence artificielle réduit le coût des cyberattaques et multiplie les systèmes capables d’agir seuls, Ledger fait un pari : ne pas chercher à rendre l’agent infaillible, mais sécuriser son mandat, ses limites et le moment précis où une intention numérique devient un acte.

Cyberattaque contre Hugging Face : comment OpenAI maîtrise son récit

décryptage

Cyberattaque contre Hugging Face : comment OpenAI maîtrise son récit

L'intrusion menée par des agents IA d'OpenAI contre Hugging Face marque un tournant. Elle ne valide pourtant ni le récit d'une IA hors de contrôle, ni celui d'une cybersécurité devenue obsolète, tout en révélant un nouveau rapport de force autour des modèles de frontière. 

La France candidate pour accueillir une AI Gigafactory soutenue par l'Union européenne

IA souveraine

La France candidate pour accueillir une AI Gigafactory soutenue par l'Union européenne 

L'État se positionne pour accueillir une infrastructure de calcul dédiée à l'intelligence artificielle et s'engage à acheter 100 millions d'euros de capacités de calcul si un projet français est retenu. 

Orange et Morrison veulent créer une coentreprise de data centers pour renforcer le cloud souverain européen

Souveraineté des centre de données

Orange et Morrison veulent créer une coentreprise de data centers pour renforcer le cloud souverain européen

Les partenaires prévoient d’investir 3 milliards d’euros afin d’accompagner la croissance des besoins en cloud et en intelligence artificielle. 


Préférences de consentement