Levée de fonds

Vates lève 30 millions d'euros pour s'engouffrer dans la brèche VMware

Jusqu'ici autofinancé, Vates a annoncé ce matin une levée de fonds de 30 millions d’euros, et ouvre son capital à IRIS et Bpifrance afin de devenir une alternative sérieuse à VMware. 

Publié et mis à jour le 6 octobre 2026
3 min.
Vates lève 30 millions d'euros pour s'engouffrer dans la brèche VMware

Olivier Lambert, cofondateur et CEO de Vates

Coline Lafargue / Alliancy

Depuis que Broadcom a racheté VMware et bouleversé sa politique tarifaire, les DSI du monde entier cherchent une porte de sortie que Vates compte bien leur ouvrir. Olivier Lambert, son cofondateur et CEO, a annoncé ce matin, la première levée de fonds de son histoire, 30 millions d'euros destinés à conquérir les clients déçus et à porter les couleurs d'une souveraineté numérique devenue prioritaire en Europe. Olivier Lambert préfère parler d'un “événement de marché”, mais nul ne pouvait ignorer que les factures VMware avaient doublé, parfois décuplé, poussant jusqu'aux plus grands comptes à chercher une alternative.  

À cette onde de choc commerciale s'ajoute une rupture géopolitique qui a hissé la souveraineté au rang de priorité en Europe, un terrain où l'éditeur avance avec un code ouvert, auditable et entièrement développé sur le continent. “Le lock-in n'est plus de la science-fiction, ni un moyen de faire peur”, a résumé le dirigeant, bien décidé à ne pas laisser passer cette “double opportunité.”  

Le pari d’un capital européen 

Pour la saisir, Vates ne part pas de rien, puisqu'il a grandi depuis 2012 sur ses seuls revenus jusqu'à compter 150 collaborateurs, plus de 1 000 clients dans une centaine de pays et une croissance supérieure à 65 % en 2025, réalisée à 90 % hors de France. Cette trajectoire lui a ouvert cette année les portes du Magic Quadrant de Gartner consacré à la virtualisation, où il figure comme le seul acteur français, et lui a rallié des partenaires de poids comme Veeam ou Cloud Temple, même si la direction préfère garder son chiffre d'affaires confidentiel. 

“Malgré notre croissance, on avait quand même des choix à faire”, reconnaît Olivier Lambert pour justifier l'arrivée au capital du fonds Growth d'IRIS et de Bpifrance, via son fonds Large Venture, deux partenaires choisis pour leur ancrage européen. Les trois cofondateurs en conservent la majorité, convaincus que l'open source reste la meilleure assurance contre un rachat, puisque le code demeurerait utilisable quoi qu'il advienne de l'entreprise. 

Trois priorités pour 30 millions  

L'enveloppe servira d'abord à bâtir une nouvelle génération de plateforme, plus performante, plus sûre et taillée pour les besoins de l'intelligence artificielle, tout en comblant les manques face au leader historique, car “personne n'a 100 % du catalogue de VMware”, a concédé le CEO. Elle accélérera ensuite le développement international, en particulier en Amérique du Nord, qui pèse déjà près de la moitié du chiffre d'affaires, avant de démultiplier le réseau d'intégrateurs et de distributeurs chargés de porter la solution. La R&D restera en revanche en Europe, fidèle à une philosophie que le dirigeant veut garder, “on construit ici, mais on se développe à l'étranger”, lui qui martèle que Vates n'a ”absolument pas vocation à être un acteur régional.” 

Reste à convaincre des DSI qui, après quinze ou vingt ans passés sur VMware, redoutent une bascule qu'Olivier Lambert n'hésite pas à qualifier de “vrai traumatisme.” Face à Proxmox, l'alternative la plus souvent citée, l'éditeur grenoblois mise donc moins sur ses choix techniques que sur l'accompagnement, convaincu que “l'open source des années 2000, un peu barbu, ce n'est pas le niveau attendu” par des clients en quête d'une transition sans heurts ni interruption de production. Cette assistance constitue d'ailleurs le cœur de son modèle économique, puisque Vates ne vend pas le droit d'utiliser un code ouvert à tous mais l'assurance de pouvoir compter, au moindre incident, sur l'expertise de ceux qui l'ont écrit. 

Maîtriser ses dépendances technologiques

Le guide pour reprendre la main sur ses choix numériques

Cloud, logiciels, données, IA, virtualisation : la transformation numérique a installé une dépendance croissante à quelques grands fournisseurs, que le rachat de VMware par Broadcom a rendue particulièrement visible. À partir de ce cas concret et de retours d'expérience sur la plateforme open source XCP-ng de Vates, ce guide propose une méthode pour évaluer sa dépendance, arbitrer entre maintien, diversification, hybridation et sortie, et retrouver progressivement de la marge de manœuvre.

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