La DGSI prolonge son partenariat avec Palantir malgré les débats sur la souveraineté des données

Critiquée en Europe pour les risques liés à la protection des données, l’entreprise américaine Palantir a renouvelé pour trois ans son contrat avec la DGSI, en attendant la mise en service d’un outil souverain français.

Publié et mis à jour le 17 décembre 20252 min de lecture
La DGSI prolonge son partenariat avec Palantir malgré les débats sur la souveraineté des données

L'entreprise américaine Palantir, régulièrement critiquée en Europe en raison d'inquiétudes sur la souveraineté des données, a officialisé lundi le renouvellement pour trois ans de son contrat avec la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) française. L'accord prévoit la mise à disposition de la plateforme logicielle de Palantir ainsi que "les services d'intégration, de support et d'accompagnement nécessaires à son déploiement et à son utilisation opérationnelle", d'après un communiqué. Fondée en 2003, Palantir développe des outils qui permettent l'analyse d'un grand volume de données et peuvent servir lors de missions critiques, dans le contre-terrorisme par exemple. Ils ont joué un rôle clé lors d'événements comme les Jeux olympiques et paralympiques de 2024, a précisé l'entreprise.

Un choix sécuritaire encadré dans l’attente d’une solution souveraine

La DGSI a choisi de collaborer avec Palantir à partir de 2016 "dans le contexte d'une exposition à une intense menace terroriste" et après "une large consultation incluant des industriels français", a-t-elle indiqué à l'AFP. "Il s'agissait alors du seul outil existant sur le marché permettant de répondre aux besoins de la Direction pour couvrir des enjeux de sécurité nationale", a-t-elle ajouté. Le renouvellement de ce contrat pour trois ans, après deux renouvellements en 2019 et 2022, s'effectue "dans l'attente du déploiement d'un nouvel outil souverain", a précisé le renseignement intérieur français. Fondée par Peter Thiel, figure de la droite libertarienne de la Silicon Valley, Alex Karp et d'autres, avec le soutien de la CIA, Palantir est critiquée par des ONG qui pointent depuis des années des risques de surveillance de masse, d'atteinte aux libertés individuelles et à la protection des données. Devenue rentable en 2024, l'entreprise a redoublé d'efforts ces dernières années pour s'implanter dans l'Union européenne, la France constituant son deuxième marché le plus important après le Royaume-Uni. Palantir a notamment fait l'objet de plusieurs plaintes en justice visant à dénoncer son contrat pour centraliser les données du service public de santé britannique (NHS). Pour ce qui est de son contrat avec la DGSI, le périmètre d'intervention "demeure strictement défini et aligné sur les exigences opérationnelles et réglementaires déterminées par les autorités françaises", a assuré l'entreprise dans son communiqué. Les données sont hébergées en France et la DGSI en reste "pleinement propriétaire et en conserve l'entière maîtrise", a détaillé Palantir à l'AFP. L'entreprise compte par ailleurs parmi ses clients au moins 15% des entreprises du CAC 40 comme Airbus, Stellantis ou encore la Société Générale.

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