Vivatech 2026
La France et l'Allemagne définissent une souveraineté européenne
De la French Tech au partenariat franco-allemand, la première journée de Vivatech 2026 s’est placée sous le signe des alliances.

« Le monde de la technologie ne peut progresser en vase clos », a déclaré Shri Piyush Goyal, ministre indien du Commerce et de l’Industrie. Il figure parmi les invités d’honneur de la première journée de la 10e édition de VivaTech (du 17 au 20 juin 2026). À ses côtés en tête d’affiche : Jeff Bezos, Bernard Arnault, mais aussi les ministres David Amiel, Anne Le Hénanff et Roland Lescure. Tous ont souligné l’importance de la coopération dans cette phase de passage à l’échelle des technologies numériques. Le message semble avoir trouvé un écho dans les 70 000 m² du salon, porte de Versailles. Sous les bannières rose et violet de l’événement, les alliances se multiplient et les partenariats se renforcent.
Cette dynamique est particulièrement visible sur le stand de la Mission French Tech. Dans le cadre du programme « Je choisis la French Tech », des binômes associant grands groupes et startups sont mis en avant. Certains sont nouveaux et d’autres réaffirment leurs trajectoires communes, à l’image de la startup Exotrail et de l’opérateur européen Eutelsat. « Nous passons d’une culture du risque zéro à une logique de construction de champions », explique Julie Huguet, directrice de la Mission French Tech. L’objectif est assumé : seule la commande, publique comme privée, permettra aux jeunes pousses françaises d’atteindre une taille critique.

Deux milliards d’euros d’engagements d’achats de la part d'industriels ont été annoncés par Julie Huguet, directrice de la mission French Tech.
Oser, encore et toujours, l’IA
Le programme « Je choisis la French Tech » conserve son succès de l’année précédente. Lors de son lancement, un milliard d’euros d’engagements d’achats de la part des industriels avaient été annoncés. Cette année, ce montant a doublé. "Désormais, l’État montre l’exemple, mais nous avons aussi besoin de la commande privée", a déclaré Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée du Numérique et de l’Intelligence artificielle. Elle fait ici référence aux annonces gouvernementales faites la veille par son collègue David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics. L’État a lancé une stratégie souveraine, nommée « Notre IA », renforçant au passage son appel à des startups françaises comme ChapsVision ou encore Mistral.
Dans le cadre d’une autre stratégie, intitulée « Osez l’IA », le gouvernement entend également stimuler la demande privée. Des ambassadeurs de l’intelligence artificielle se sont portés volontaires dans plusieurs ministères afin d’accompagner cette dynamique. Lancée l’an dernier, cette démarche visant à encourager les entreprises à adopter l’IA entre désormais dans sa phase opérationnelle. L’enjeu est de taille. Selon une étude de McKinsey publiée en 2025, 88 % des entreprises utilisent aujourd’hui l’intelligence artificielle, mais seule une sur trois l’a déployée à grande échelle. Pour accélérer cette adoption, la plateforme « Accélérez l’IA » a été dévoilée. Elle recense plus de 75 cas d’usage concrets afin d’aider les organisations à identifier les applications les plus adaptées à leurs besoins.

Shri Piyush Goyal, ministre indien du Commerce et de l’Industrie, inaugure le pavillon Inde.
L’IA comme outil diplomatique
Après ces différentes annonces, la ministre s’est faufilée entre les milliers de visiteurs pour se rendre au pavillon allemand. L’Allemagne a été désignée pays de l’année de cette édition 2026, en raison de la coopération engagée avec la France depuis novembre dernier sur les questions de souveraineté européenne. "L’IA est aussi un outil diplomatique", a souligné la ministre. Pour consolider le lien entre leurs deux pays, Anne Le Hénanff et son homologue Karsten Wildberger ont annoncé la création d’un Forum franco-allemand pour le futur. Celui-ci est présenté comme le « bras armé » de leur stratégie commune et comme un espace de dialogue réunissant entreprises, chercheurs et pouvoirs publics des deux pays. La création de cette instance a nécessité un préalable : s’accorder sur une définition commune de la souveraineté numérique. "La souveraineté numérique consiste à donner à l’Europe la capacité d’agir de manière autonome lorsqu’il s’agit d’enjeux stratégiques. Elle implique également d’adapter nos exigences au niveau de risque rencontré", a déclaré Anne Le Hénanff.
Le couple franco-allemand, moteur des textes européens
Six principes ont ainsi été retenus : la capacité à faire respecter nos règles et nos lois, la maîtrise du développement et du contrôle de nos propres technologies, la création de valeur économique en Europe, la protection des données, l’interopérabilité des systèmes européens et, enfin, la résilience des infrastructures. Cette clarification était indispensable, selon Karsten Wildberger : "Rien n’est possible en politique si nous ne sommes pas alignés." Le ministre allemand a indiqué vouloir faire valoir cette vision commune dans les futurs travaux européens. « Le couple franco-allemand jouera un rôle moteur dans les textes à venir », a affirmé Anne Le Hénanff, citant notamment le récent CADA (Cloud and AI Development Act), le futur Quantum Act ainsi que les discussions en cours sur les satellites et les fréquences. “Lorsque l’Allemagne et la France avancent côte à côte, l’Europe est plus forte”, a conclu Karsten Wildberger. Il a également annoncé que son pays prévoyait de doubler ses capacités de calcul et de quadrupler ses capacités en intelligence artificielle au cours des trois à quatre prochaines années. Une ambition qui pourrait encore renforcer la coopération entre les deux partenaires.
La souveraineté numérique consiste à donner à l’Europe la capacité d’agir de manière autonome lorsqu’il s’agit d’enjeux stratégiques. Elle implique également d’adapter nos exigences au niveau de risque rencontré.
Après ces différentes annonces, la ministre s’est faufilée entre les milliers de visiteurs pour se rendre au pavillon allemand. L’Allemagne a été désignée pays de l’année de cette édition 2026, en raison de la coopération engagée avec la France depuis novembre dernier sur les questions de souveraineté européenne. "L’IA est aussi un outil diplomatique", a souligné la ministre. Pour consolider le lien entre leurs deux pays, Anne Le Hénanff et son homologue Karsten Wildberger ont annoncé la création d’un Forum franco-allemand pour le futur. Celui-ci est présenté comme le « bras armé » de leur stratégie commune et comme un espace de dialogue réunissant entreprises, chercheurs et pouvoirs publics des deux pays. La création de cette instance a nécessité un préalable : s’accorder sur une définition commune de la souveraineté numérique. "La souveraineté numérique consiste à donner à l’Europe la capacité d’agir de manière autonome lorsqu’il s’agit d’enjeux stratégiques. Elle implique également d’adapter nos exigences au niveau de risque rencontré", a déclaré Anne Le Hénanff.

Le couple franco-allemand, moteur des textes européens
Six principes ont ainsi été retenus : la capacité à faire respecter nos règles et nos lois, la maîtrise du développement et du contrôle de nos propres technologies, la création de valeur économique en Europe, la protection des données, l’interopérabilité des systèmes européens et, enfin, la résilience des infrastructures. Cette clarification était indispensable, selon Karsten Wildberger : "Rien n’est possible en politique si nous ne sommes pas alignés." Le ministre allemand a indiqué vouloir faire valoir cette vision commune dans les futurs travaux européens. « Le couple franco-allemand jouera un rôle moteur dans les textes à venir », a affirmé Anne Le Hénanff, citant notamment le récent CADA (Cloud and AI Development Act), le futur Quantum Act ainsi que les discussions en cours sur les satellites et les fréquences. “Lorsque l’Allemagne et la France avancent côte à côte, l’Europe est plus forte”, a conclu Karsten Wildberger. Il a également annoncé que son pays prévoyait de doubler ses capacités de calcul et de quadrupler ses capacités en intelligence artificielle au cours des trois à quatre prochaines années. Une ambition qui pourrait encore renforcer la coopération entre les deux partenaires.





