Le Big Data, nouveau faiseur de palmarès du sport professionnel ?

Quel point commun entre les néo-zélandais, champions du monde de rugby (2011), et les allemands, champions du monde de football (2014) ?

Publié et mis à jour le 12 février 20153 min de lecture
Le Big Data, nouveau faiseur de palmarès du sport professionnel ?

[caption id="attachment_17748" align="alignleft" width="300"]

Antoine Houlgatte, Senior Consultant à Devoteam[/caption]

Quel point commun entre les néo-zélandais, champions du monde de rugby (2011), et les allemands, champions du monde de football (2014) ? Dans le chemin vers leur sacre, les deux équipes ont fait un usage systématique du Big Data. En traitant des milliers de données, ils ont mis en place des stratégies nouvelles basées sur l’analyse détaillée de leurs concurrents et de l’environnement autour des matchs.

La fédération néo-zélandaise de rugby (NZRU) a initié cette stratégie à partir de 1995 et dispose d’un poste à part entière de Data Scientist qui collecte des milliers de données sur les joueurs et les équipes jouant au niveau international ou dans les compétitions majeures. Ces données sont analysées en vue de proposer des éléments d’aide à la décision aux managers pour la mise en place de leur stratégie et l’obtention d’un avantage compétitif sur l’adversaire.

Férue de l’utilisation de toutes les innovations technologiques, la NZRU classe désormais sous le sceau du « secret » toutes les analyses de son Data Scientist, considéré par beaucoup comme le cerveau du titre de 2011.

Pour ces analyses, il s’appuie notamment sur une société anglaise, Opta, créée en 1996, spécialisée dans la collecte et la mise à disposition de centaines de milliers de statistiques. De nombreux clubs ou sélections en sont clients tels le XV de France ou le RC Toulon mais selon Steve Cliffe, le responsable d’Opta en Australie et en Nouvelle-Zélande, c’est l’approche spécifique de la NZRU qui lui permet de se distinguer : « les Néo-Zélandais ont accès au même niveau d’informations que les autres équipes de la part de notre entreprise. Ils font la différence dans la manière dont ils utilisent ces statistiques. Ils sont les seuls à se poser certaines questions »[1].

Des équipes de plus en plus nombreuses par ailleurs à équiper leurs joueurs de GPS, voire même à filmer leurs entraînements avec des drones, pour s’alimenter en données propres qui sont autant d’indicateurs pouvant faciliter le travail spécifique et individualisé.

C’est dans la même veine que l’utilisation récente et systématisée des analyses de données par l’équipe d’Allemagne de football est tout aussi intéressante et source d’enseignements.

Un an avant la coupe du Monde, Oliver Bierhoff, Manager général, s’est lancé dans une réflexion en vue de trouver des opportunités pour améliorer la compétitivité de l’équipe et le partage d’informations en son sein. Il demanda à SAP de développer une application qui pourrait faciliter l’échange d’informations sur l’organisation de l’équipe et sur les données relatives aux adversaires.

Six mois plus tard, SAP mettait à disposition, SAP Match Insights, une véritable révolution pour Olivier Bierhoff : « Imaginez : en seulement 10 minutes, 10 joueurs avec 3 ballons peuvent générer plus de 7 millions de points de données. SAP Hana peut les traiter en temps réel. Avec SAP, notre équipe peut analyser cette énorme quantité de données pour adapter l’entraînement et se préparer au prochain match. Aujourd’hui chaque équipe sportive recherche des moyens innovants pour acquérir un avantage compétitif sur ses rivaux ».

Outre des données quantitatives, l’application était en mesure d’analyser également de nombreuses données qualitatives telles que le comportement de l’équipe, la météo ou encore la réaction au stress des joueurs et leurs mouvements favoris.

Une application a été téléchargée sur tous les terminaux mobiles de l’équipe et était accessible au camp d’entraînement sur un écran tactile. Toutes les analyses étaient ainsi disponibles intuitivement, n’importe où et en temps réel.

Bien évidemment le Big Data ne fait pas tout et le sport professionnel garde cette part d’incertitude qui fait son charme. Cependant, ces exemples montrent à quel point le sport professionnel ne peut aujourd’hui se passer d’une approche d’analyses de données, la question n’étant pas seulement d’avoir des données mais de savoir les utiliser.

[1] Midi Olympique Magazine, numéro 163 du lundi 2 juin 2014 - Supplément du Midi Olympique n° 5236

Autres articles

La tech veut un autre leadership... sans renoncer à ses vieux réflexes

Bug de genre

La tech veut un autre leadership... sans renoncer à ses vieux réflexes 

L'essor de l'IA pousse les entreprises à revoir leurs attentes envers les managers techniques. Les compétences relationnelles, la diversité des équipes et l'autorité deviennent des leviers de performance autant que d'inclusion. Oui, mais...

Après les cryptoactifs, Ledger veut sécuriser l’action numérique à l’ère des agents IA

Chronique

Après les cryptoactifs, Ledger veut sécuriser l’action numérique à l’ère des agents IA

Au moment où l’intelligence artificielle réduit le coût des cyberattaques et multiplie les systèmes capables d’agir seuls, Ledger fait un pari : ne pas chercher à rendre l’agent infaillible, mais sécuriser son mandat, ses limites et le moment précis où une intention numérique devient un acte.

Cyberattaque contre Hugging Face : comment OpenAI maîtrise son récit

décryptage

Cyberattaque contre Hugging Face : comment OpenAI maîtrise son récit

L'intrusion menée par des agents IA d'OpenAI contre Hugging Face marque un tournant. Elle ne valide pourtant ni le récit d'une IA hors de contrôle, ni celui d'une cybersécurité devenue obsolète, tout en révélant un nouveau rapport de force autour des modèles de frontière. 

La France candidate pour accueillir une AI Gigafactory soutenue par l'Union européenne

IA souveraine

La France candidate pour accueillir une AI Gigafactory soutenue par l'Union européenne 

L'État se positionne pour accueillir une infrastructure de calcul dédiée à l'intelligence artificielle et s'engage à acheter 100 millions d'euros de capacités de calcul si un projet français est retenu. 

Orange et Morrison veulent créer une coentreprise de data centers pour renforcer le cloud souverain européen

Souveraineté des centre de données

Orange et Morrison veulent créer une coentreprise de data centers pour renforcer le cloud souverain européen

Les partenaires prévoient d’investir 3 milliards d’euros afin d’accompagner la croissance des besoins en cloud et en intelligence artificielle. 


Préférences de consentement