Quantique européen
Le quantique veut passer à l’échelle
Centrale Lille et l’IEMN rejoignent Q-PLANET, un projet européen de 50 millions d’euros destiné à industrialiser les technologies quantiques à atomes neutres.

L’école Centrale Lille et l’Institut d'Electronique, de Microélectronique et de Nanotechnologie (IEMN) rejoignent un projet pour industrialiser la fabrication de technologies quantiques. Les deux grandes écoles annoncent ce 10 septembre leur participation à Q-PLANET, un projet européen de 6 ans, lancé en juillet 2026. Portée par l’entreprise commune Chips (Chips Joint Undertaking), l’initiative est dotée de 50 millions d’euros et réunit 28 partenaires, issus de 11 États membres. Son objectif : accélérer l’industrialisation des technologies quantiques et structurer leur chaîne d’approvisionnement en Europe. Car les processeurs quantiques reposent encore largement sur des assemblages conçus sur mesure, avec des procédés de fabrication difficiles à reproduire et des méthodes de calibration qui ne sont pas encore suffisamment standardisées. Une situation qui limite leur production à plus grande échelle. Q-PLANET entend y remédier en faisant progresser les composants critiques du niveau de maturité technologique TRL 4 au TRL 6, seuil de validation industrielle. Pasqal, qui revendique avoir franchi le cap des 1 000 atomes dans un processeur, pilote la tentative européenne de transformer une prouesse de laboratoire en filière manufacturière.
Lever les verrous technologiques
Aujourd’hui, la transition de cette technologie vers le marché est aussi freinée par le manque de cadres standardisés pour la conception, le calibrage, le contrôle et les essais, ainsi que l’évaluation et le suivi de l’efficacité énergétique tout au long du cycle de production des technologies quantiques. À cette fin, Centrale Lille accueillera le deuxième centre européen de production, de packaging et de test de cellules de vapeur microfabriquées. L’équipe de l’IEMN, de son côté, développera une méthode de fabrication destinée à lever plusieurs verrous technologiques. Les autres partenaires travailleront sur plusieurs composants destinés aux technologies quantiques à atomes neutres, dans les domaines de l’informatique, de la détection et des communications. Parmi eux figurent des lasers spécialisés, des puces à atomes et des cellules à vapeur microfabriquées. « Ce portefeuille de projets diversifié renforce la souveraineté technologique de l’Europe dans les technologies quantiques et pose les fondations d’une nouvelle industrie », a déclaré Jari Kinaret, directeur exécutif de l’entreprise commune Chips.






