GreenTech Forum 2026

L’éco-conception des services numériques : vers des services plus efficients et durables

Dans le cadre de l'appel à contributions Alliancy en amont du GreenTech Forum 2026, le cabinet IJO détaille la logique derrière la conception de services numériques plus sobres, efficients et durables.

Publié à 9h51 | Mis à jour à 10h52

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Le numérique occupe aujourd’hui une place centrale dans le fonctionnement des activités professionnelles que ce soit à travers des services publics, des applications mobiles ou des plateformes en ligne. Mais cette transformation s’accompagne aussi de nouveaux défis tels que l’augmentation des volumes de données, la complexification des architectures, la dépendance croissante aux infrastructures, la hausse des coûts d’exploitation. Autant d’évolutions qui soulèvent des enjeux stratégiques majeurs pour les organisations.

Dans ce contexte, l’éco-conception des services numériques s’impose comme une démarche concrète pour concilier innovation et responsabilité. Au-delà de la seule dimension environnementale, elle permet d’adresser les besoins, de limiter les complexités inutiles et de rechercher un meilleur équilibre entre usages, performance et ressources mobilisées. Cette approche peut également favoriser des services plus simples, plus efficients et moins coûteux à exploiter. Cette contribution en amont du GreenTech Forum propose une introduction aux principes de l’éco-conception des services numériques, à ses bénéfices ainsi qu’un partage d’exemples pratiques pour engager une démarche d’éco-conception.

Définition et périmètre

L’éco-conception des services numériques est une démarche qui vise à réduire les impacts environnementaux d’un service numérique sur l’ensemble de son cycle de vie et non uniquement lors de sa phase de conception, contrairement à ce que son nom pourrait le laisser penser. En d’autres termes, il s’agit de s’assurer que chaque fonctionnalité réponde à un besoin réel, tout en réduisant les impacts liés à leur création, leur exploitation et leur usage. Tout commence lors de la qualification et du cadrage, où l’on questionne la pertinence du service et des différentes fonctionnalités envisagées. Viennent ensuite la conception et le développement, moments clés pour interroger les choix techniques influençant la consommation de ressources.

Une fois le service en ligne, l’hébergement et l’exploitation nécessitent d’optimiser les infrastructures mobilisées et de limiter les consommations inutiles. Du côté des usages, les volumes de données générées, stockées et transitant sur le réseau peuvent devenir importants ce qui implique de rechercher des usages et des traitements de données plus sobres. Enfin, la maintenance et la fin de vie doivent être anticipées dès la conception afin d’éviter l’obsolescence prématurée, la complexification des systèmes ou encore le stockage inutile de données dormantes.

Bénéfices et opportunités

Intégrer l’éco-conception à chaque étape du cycle de vie d’un service numérique change la donne. Cette démarche contribue à limiter l’énergie consommée, la préservation des ressources naturelles, diminue certaines formes de pollution.Mais les bénéfices vont bien au-delà de la seule dimension environnementale. L’éco-conception peut aussi constituer un levier de création de valeur en favorisant des services plus simples, plus sobres et plus efficients. Elle peut contribuer à une meilleure maîtrise des coûts d’infrastructure, de stockage, d’exploitation et de maintenance en limitant les traitements, fonctionnalités ou ressources peu utiles. Cette démarche favorise aussi une meilleure collaboration entre équipes et une priorisation plus fine des besoins. D’un point de vue technique, elle favorise des architectures plus légères, plus maintenables et souvent plus robustes. Enfin, les utilisateurs peuvent également en bénéficier grâce à des services plus fluides et mieux adaptés aux usages.

Démarche de déploiement

Pour mettre en œuvre cette démarche dans une organisation, mieux vaut y aller progressivement. La première étape consiste à sensibiliser les équipes afin de créer une culture commune autour des impacts du numérique. Cette acculturation permet de s’aligner sur les objectifs et de contribuer collectivement à une démarche d’éco-conception des services numériques. L’étape suivante consiste à intégrer les critères environnementaux dès le lancement des projets, au même titre que les exigences fonctionnelles, techniques ou de performance. Les prendre en compte en amont permet d’orienter les choix structurants du projet et d’éviter des arbitrages tardifs, souvent plus complexes et plus coûteux.

Pour structurer cette approche, l’appui sur des référentiels constitue un levier important. En France, le Référentiel Général d’Éco-conception des Services Numériques (RGESN V2) propose un cadre pratique pour identifier des bonnes pratiques. Enfin, la mise en place d’indicateurs permet de suivre les impacts, d’orienter les décisions et d’inscrire la démarche dans une logique d’amélioration continue, indispensable pour ajuster les pratiques dans le temps.

Exemples de bonnes pratiques

Pour rendre l’éco-conception plus tangible, prenons deux exemples de bonnes pratiques. Le premier concerne la simplicité des services numériques. L’objectif est de se concentrer sur l’essentiel afin d’éviter une complexité inutile : concevoir des interfaces simples et légères et optimiser les contenus (images, médias, scripts) et limiter les éléments superflus afin de réduire les temps de chargement et la consommation de ressources. Cela passe également par la fluidification des parcours utilisateurs. Réduire le nombre d’actions nécessaires pour atteindre un objectif permet de limiter les traitements inutiles et les ressources mobilisées.

En parallèle, le choix d’infrastructures adaptées et l’optimisation de l’hébergement contribuent également à limiter les consommations énergétiques. Le second exemple concerne l’efficacité du traitement des données. Dans le cas des bases de données, extraire l’ensemble des informations sans filtre entraîne des transferts de données inutiles et mobilise davantage de ressources. À l’inverse, la formulation de requêtes ciblées, en sélectionnant uniquement les champs nécessaires et en appliquant des filtres adaptés, permet de réduire les volumes de données traités tout en améliorant les performances du service.

Intégrer l'éco-conception dans l'existant

En somme, l’éco-conception des services numériques repose sur une vision globale qui couvre l’ensemble du cycle de vie des services numériques. Elle constitue une opportunité pour améliorer la qualité, la performance et la durabilité des solutions numériques.Le principal frein à son adoption reste souvent le changement qu’elle implique, pour les individus comme pour les organisations. Sa mise en œuvre nécessite une évolution des pratiques, des réflexes et parfois des modes de collaboration au sein des équipes.En intégrant progressivement des bonnes pratiques, les organisations peuvent générer des bénéfices à court, moyen et long termes, sur les plans économique, technique, organisationnel, social et environnemental.

Loin d’être une transformation complexe, l’éco-conception s’intègre progressivement dans les processus existants en renforçant le niveau d’exigence. Chaque projet, chaque itération et chaque retour d’expérience permettent d’affiner les pratiques et d’inscrire la démarche dans une logique d’amélioration continue. Progressivement, cette approche peut générer des bénéfices sur les plans économique, technique, organisationnel, social et environnemental.