Les cliniques privées cherchent à limiter les impayés des patients

Berger-Levrault et Swikly misent sur une empreinte bancaire dès la préadmission pour sécuriser le paiement du reste à charge. Une méthode qui soulève des questions.

Publié et mis à jour le 4 juin 20251 min de lecture
Les cliniques privées cherchent à limiter les impayés des patients

Face à la hausse des impayés liés au reste à charge des patients, les établissements de santé privés cherchent à se protéger. Berger-Levrault, éditeur de logiciels destinés au secteur médico-social, s’est associé à la fintech lyonnaise Swikly pour proposer une solution automatisée : la prise d’empreinte bancaire dès la préadmission, désormais intégrée au portail patient. L’objectif affiché est clair : garantir le recouvrement des sommes dues, souvent laissées impayées après les soins. Mais cette logique d’automatisation, inspirée du secteur hôtelier ou locatif, interroge dès lors qu’elle s’applique à la santé. La pratique consiste à bloquer une autorisation de prélèvement sur la carte bancaire du patient, ce qui pourrait créer une forme de pression économique, notamment pour les personnes fragilisées ou en situation de reste à charge important.

Un gain de temps pour les établissements, un risque de dérive pour les patients ?

Du point de vue des cliniques, cette solution leur permettrait de réduire les relances, les contentieux, et de dégager du temps administratif. Selon Berger-Levrault, cela contribuerait à améliorer la rentabilité des structures et à recentrer les équipes sur le soin. Swikly revendique déjà plus de 18 000 utilisateurs professionnels et se positionne comme un acteur clé de la gestion automatisée des paiements. Cette automatisation croissante dans un secteur aussi sensible que la santé pose quand même la question du consentement, de la transparence et du traitement des situations sociales particulières. Si cette approche permet de limiter les pertes financières, elle risque aussi de rigidifier l’accès aux soins pour les patients précaires, mal informés ou sans carte bancaire. Une évolution à surveiller, à l’heure où l’hôpital et les cliniques sont de plus en plus poussés à adopter des logiques de rentabilité.

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