Green tech

Les collectivités à l’heure du premier bilan REEN 

Réunis à Paris à l’occasion du Forum de l’indépendance numérique des Interconnectés, les élus locaux ont dressé un premier état des lieux de leurs stratégies numériques responsables. 

Publié à 5h03

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Jacques Priol, président de Civiteo

Jacques Priol, président de Civiteo

Aude Brès / Alliancy

Les territoires se numérisent à petits pas. Sur la ligne de départ, une foule de nouveaux élus - ou réélus - prépare sa stratégie. Pour mieux prendre en compte l’impact social et environnemental des technologies, ils se sont réunis à la station F (Paris), au Forum de l’indépendance numérique, organisé par l’association Les Interconnectés. Le numérique responsable est dans toutes les bouches, via la loi REEN par exemple, qui limite le renouvellement des appareils numériques et qui a imposé aux communes de plus de 50 000 habitants d’élaborer une stratégie numérique responsable en 2025. Ce 1er et 2 juin 2026, l’heure est donc au bilan, astreint par la réglementation. 

Un outil a ainsi été présenté aux collectivités. Nommé GRIST, ce commun numérique sert de référentiel d’indicateurs de numérique responsable. En clair, il permet aux territoires de s’évaluer, de se comparer sur les enjeux de numérique responsable. GRIST se veut quasi exhaustif avec 50 indicateurs différents. « L’idée, c’est d’avoir une vision à 360 degrés du numérique responsable, incluant donc l’inclusion, l’éthique, la qualité, la gouvernance et les territoires », explique Marie-Ève Tayot, chargée de mission numérique responsable et transformation numérique de la région Nouvelle-Aquitaine.  

Les coûts, facteur impondérable 

Pour ce bilan 2026, un panorama des projets autour de l’IA lancés entre 2025 et 2026 par les collectivités a également été proposé. Parmi les 600 cas d’usage étudiés par le cabinet Civiteo, l’intelligence artificielle prédictive, plutôt que générative, domine (45%). « C’est extrêmement adapté à nombre de nos métiers », commente Jacques Priol, président de Civiteo. Mais dans les deux cas, la question de la rentabilité plane. Comment mesurer le retour sur investissement ? Comment justifier de nouveaux coûts associés à l’IA lorsqu’on utilise de l’argent public ? L’amélioration de la qualité d’un service ou la prévention des risques semblent presque impossibles à chiffrer. D’autant plus que la facturation à l’usage, via des token, peut remplacer à tout moment le modèle économique « freemium » sur lequel se fonde les fournisseurs d’intelligences artificielles, et ainsi bouleverser les prévisions budgétaires des collectivités.  

La question de l’illectronisme 

Celles-ci tentent alors de structurer des approches de gouvernance, via des chartes dans la majorité des cas, pour éviter une dépendance coûteuse. Mutualiser les investissements, les compétences et les données apparaît également comme une solution prometteuse, plus proche de la nécessité que de l’option pour les communes de taille moyenne. Mais toutes les communes, quelle que soit leur taille, sont préoccupées par un autre sujet brûlant : l’illectronisme. Face à la dématérialisation grandissante des échanges pour les services publics, 13 millions de Français éloignés du numérique risquent une perte de leurs droits s’ils ne sont pas éduqués aux technologies. Loin des préoccupations autour de l’agentique ou des POC d’intelligence artificielle, c’est d’abord cet enjeu qui mobilise les élus. Pour preuve, un manifeste pour agir face à l’urgence de l’illectronisme a été distribué lors du forum. Il indique représenter les convictions que Les Interconnectés souhaitent porter à la connaissance des pouvoirs législatifs et exécutifs.