Les données sont notre plus grand atout, alors pourquoi n’arrivons-nous pas à les trouver ?

Pour Forrester, les données sont « la nouvelle monnaie commerciale ». Mais l’exploitation de ce capital requiert l’utilisation d’outils analytiques et d’intelligence artificielle, et de s’intéresser aux dark data, non quantifiées et non exploitées.

Publié et mis à jour le 2 octobre 20196 min de lecture
Les données sont notre plus grand atout, alors pourquoi n’arrivons-nous pas à les trouver ?

Pour Forrester, les données sont « la nouvelle monnaie commerciale ». Mais l’exploitation de ce capital requiert l’utilisation d’outils analytiques et d’intelligence artificielle, et de s’intéresser aux dark data, non quantifiées et non exploitées.

Tribune rédigée par Stéphane Estevez, EMEA Product Marketing Director chez Splunk.

Il ne fait aucun doute que la transformation se poursuivra et s’accélérera.

« Dans un monde où des milliards d’appareils interconnectés communiquent avec d’innombrables services cloud sur des sujets variés comme les transactions digitales, les connexions réseau ou la température ambiante, les données sont devenues un outil essentiel pour générer des idées, résoudre des problèmes et, surtout, générer des profits » écrit James Hodge, Chief Technical Advisor.

The Economist a montré que les données sont la ressource la plus précieuse du monde, et Forrester les appelle « la nouvelle monnaie commerciale ».

La puissance des données repose sur la capacité d’une entreprise à combiner des données disparates pour ouvrir de nouvelles perspectives, et l’utilisation d’outils analytiques et d’intelligence artificielle (IA) est essentielle dans ce processus. Cependant, selon le récent rapport de Splunk sur les « données sombres » (State of Dark Data), 55% des données d’une entreprise sont « sombres », donc non quantifiées et non exploitées. En un mot, elles sont inutiles.

Beaucoup affirment que nous entrons dans une révolution des données, où le succès et l’échec des entreprises dépend de leur capacité à utiliser les données et l’IA pour la performance de l’entreprise. Pour tirer parti des avantages des dark data, il faut avoir une réflexion stratégique, des investissements technologiques ciblés et une formation professionnelle complète.

Pourquoi les données sont-elles « sombres » ?

Dans les dark data d’une entreprise, il y a des enregistrements, de tout ce dont l’entreprise a besoin de savoir sur son marché : des informations sur les transactions, les usages, les serveurs, les réseaux et les appareils mobiles, qui peuvent toutes être exploitées pour comprendre les facteurs qui influencent les revenus, comme les préférences des clients, les tendances d’achat et les défis sectoriels.

Dans la majorité des cas, les entreprises comprennent la valeur que les données peuvent avoir mais n’accordent pas le temps ni les ressources nécessaires pour leur préparation et leur utilisation. Beaucoup d’entreprises ne comprennent tout simplement pas le potentiel des données et ne les considèrent donc pas comme une priorité commerciale. Ensuite, il y a aussi ceux qui continuent de répondre aux besoins quotidiens plutôt que de chercher de nouvelles opportunités.

Notre rapport révèle que 80 % des chefs d’entreprise aux quatre coins du monde estiment que leurs données sont précieuses, même si plus de la moitié d’entre elles sont « sombres ». Les raisons des difficultés d’identification et de récupération des dark data sont à la fois techniques et organisationnelles. Les entreprises sont submergées de données et manquent de personnel et d’outils, tout en faisant face à des défis internes tels que les silos d’entreprises et le manque de réactivité de la direction.

Comment exploiter les dark data ?

Pour s’attaquer à ces obstacles et commencer à tirer parti des dark data, les entreprises doivent se montrer stratégiques, et faire des données une priorité organisationnelle. Interrogées en France sur les principales raisons des difficultés pour exploiter les données, 32 % ont cité un manque de formation des employés actuels et 28 % évoquent un manque de ressources.

Ceci illustre la manière dont la stratégie de données et la poursuite des dark data doivent être considérées, c’est-à-dire comme une philosophie d’entreprise essentielle. Comme point de départ, les dirigeants d’une entreprise ont besoin d’être formés sur la valeur des données et les perspectives qu’elles peuvent apporter. A partir de là, le chef d’entreprise doit prendre la responsabilité de conduire son développement à travers l’entreprise.

Cela commence par la mise en place de sessions de formation pour développer les compétences en matière de données. Avec la mise en œuvre de ces programmes, les employés auront les compétences requises pour commencer à générer des résultats commerciaux positifs. Ils doivent également revoir les stratégies de recrutement existantes. Lorsqu’elles embauchent du personnel, les entreprises doivent s’assurer que les compétences en informatique font partie intégrante des responsabilités quotidiennes du poste.

Quel est le rôle de l’intelligence artificielle ?

L’importance des compétences et de la culture dans la compréhension des données est cruciale, mais les humains seuls ne sont pas en mesure d’obtenir des connaissances à l’échelle et à la vitesse requises pour permettre à une entreprise de s’adapter rapidement aux tendances du secteur. C’est pourquoi les entreprises doivent également se pencher sur les solutions d’IA.

L’IA peut être utilisée lorsque les données sont trop variées et volumineuses pour que les humains puissent les traiter efficacement. Et une valeur centrale de l’IA est sa capacité à travailler avec de grandes quantités de données à très grande vitesse. Donnez à l’IA plus de données à analyser et vous obtiendrez des informations plus approfondies et plus précises, avec de plus grands avantages commerciaux. La valeur des données et la valeur de l’IA vont donc de pair : les dark data pourraient un jour devenir un accélérateur de développement pour l’IA.

Entre 61 et 67 % des entreprises dans le monde estiment que l’IA est utile pour des cas d’usage commercial individuels, comme l’efficacité opérationnelle, l’innovation, la prise de décisions stratégiques, le recrutement et l’expérience client. Cependant, seuls 10 à 15 % d’entre elles la déploient actuellement pour de telles fonctions. Comme les secteurs deviennent de plus en plus digitaux, les entreprises doivent commencer à préparer leurs systèmes de données pour l’IA.

Pourquoi les entreprises doivent-elles agir maintenant ?

Les entreprises se trouvent actuellement dans une position conflictuelle quant à l’utilisation des données. D’une part, ils reconnaissent que les dark data et l’IA offrent un potentiel presque illimité de transformation des entreprises et de la société et, d’autre part, les chefs d’entreprise et les responsables informatiques ont peu confiance en leurs connaissances de l’IA et des données de leur entreprise.

Cependant, nous avons déjà vécu une période de transformation numérique considérable, et nous savons que les données sont le moteur du développement de produits, de la chaîne d’approvisionnement, de l’expérience client et de la stratégie commerciale globale. Le rythme des affaires est beaucoup plus rapide, et les données en temps réel ainsi que les analyses prédictives prospectives sont déjà répandues.

Il ne fait aucun doute que la transformation se poursuivra et s’accélérera, et les entreprises ne peuvent se permettre d’attendre que cela se produise. Ce n’est que lorsque nous serons plus à l’aise avec la quantité de données à portée de nos mains et ce que nous pouvons en faire que nous commencerons à découvrir le grand potentiel de nos dark data.

Autres articles

la France a rattrapé son retard mais pas encore comblé son fossé opérationnel

IA en entreprise

la France a rattrapé son retard mais pas encore comblé son fossé opérationnel

En un an, 64 % des entreprises françaises se disent avancées en IA, contre 8 % l'an dernier. L'exécution, pas l'intention, distingue désormais les leaders du reste du marché.

Exfiltration de données : la DGFiP va devoir rendre des comptes

Cyberattaque

Exfiltration de données : la DGFiP va devoir rendre des comptes 

Deux intrusions ont permis l'exfiltration des données de 678 000 contribuables et professionnels. Détectée en juin, la compromission n'a révélé son ampleur qu'après la revendication du pirate, relançant le débat sur les capacités de détection de l'État. 

Robots humanoïdes : la bataille des déploiements

Chronique

Robots humanoïdes : la bataille des déploiements

Avec plus de 65 000 heures d’exploitation, plus de 300 millions de dollars de commandes pluriannuelles annoncées pour sa prochaine génération de robots, Agility offre un aperçu concret de l’avenir du secteur.

La tech veut un autre leadership... sans renoncer à ses vieux réflexes

Bug de genre

La tech veut un autre leadership... sans renoncer à ses vieux réflexes 

L'essor de l'IA pousse les entreprises à revoir leurs attentes envers les managers techniques. Les compétences relationnelles, la diversité des équipes et l'autorité deviennent des leviers de performance autant que d'inclusion. Oui, mais...

Après les cryptoactifs, Ledger veut sécuriser l’action numérique à l’ère des agents IA

Chronique

Après les cryptoactifs, Ledger veut sécuriser l’action numérique à l’ère des agents IA

Au moment où l’intelligence artificielle réduit le coût des cyberattaques et multiplie les systèmes capables d’agir seuls, Ledger fait un pari : ne pas chercher à rendre l’agent infaillible, mais sécuriser son mandat, ses limites et le moment précis où une intention numérique devient un acte.


Préférences de consentement