L’IA en santé se heurte encore aux défis de l’intégration et du financement
Une enquête Hub France IA menée auprès d’acteurs de la santé montre que l’intégration technique, le financement et le manque de preuves d’efficacité restent les principaux freins à l’adoption de l’IA.
Publié à 3h30 Lecture 3 min.
L’étude Hub France IA a recueilli 1 097 réponses complètes, majoritairement issues du secteur sanitaire (98,5 %). Les utilisateurs représentent 88 % des répondants, contre 12 % pour les fournisseurs de solutions. Du côté des éditeurs, fabricants et intégrateurs, le principal frein identifié est l’intégration des solutions d’IA dans les systèmes d’information existants, citée par 53 % des répondants. Viennent ensuite les difficultés à démontrer le retour sur investissement (51 %), le manque de preuves d’efficacité (35 %) et les incertitudes réglementaires (34 %). Les fournisseurs interrogés soulignent également des difficultés structurelles plus larges : le financement des projets est cité par 60 % d’entre eux, devant l’accès au marché (56 %), les contraintes réglementaires (52 %) et l’accès aux données de santé (51 %).
Des usages concentrés sur les tâches administratives
Côté utilisateurs, les usages de l’IA se concentrent principalement sur la réduction de la charge administrative. L’aide à la gestion documentaire et à la rédaction de contenus apparaît comme le premier domaine d’utilisation, devant les usages cliniques liés au diagnostic ou à l’aide à la décision médicale. Les professionnels utilisant déjà ces outils déclarent en premier lieu des gains de productivité (62 %), suivis d’une amélioration des performances cliniques (41 %) et d’une meilleure personnalisation des soins (28 %). Selon la synthèse des verbatims, l’IA est aujourd’hui davantage mobilisée pour la rédaction de comptes rendus, la recherche d’informations ou l’aide administrative que pour les activités directement liées au diagnostic ou à la décision thérapeutique.
Un déficit de formation et d’information
L’enquête met également en évidence un niveau de connaissance encore limité. Les auteurs estiment qu’environ un tiers des professionnels interrogés disposent d’un niveau de connaissance nul ou très faible en matière d’IA, tandis qu’une majorité possède seulement des connaissances de base ou intermédiaires. Par ailleurs, 53 % des répondants déclarent n’avoir aucune connaissance des dispositifs publics d’accompagnement ou de formation liés à l’IA, et près de 91 % estiment disposer d’un niveau d’information faible sur ces mécanismes. Cette méconnaissance se traduit par des attentes fortes en matière d’accompagnement. Pour encourager l’adoption des solutions d’IA, les utilisateurs demandent avant tout des démonstrations concrètes des performances (64 %), des exemples d’efficacité observés sur le terrain (63 %) et un accompagnement technique et humain (60 %).
Réglementation et preuves d’efficacité au cœur des enjeux
Les résultats montrent enfin que les questions réglementaires demeurent centrales pour les acteurs du marché. Les fournisseurs citent notamment les délais de certification, le coût de la mise en conformité et les difficultés d’accès aux données comme des freins majeurs au déploiement des solutions. L’étude souligne également que les difficultés de financement sont étroitement liées au manque de preuves cliniques et économiques. Les établissements de santé comme les investisseurs attendent davantage d’éléments démontrant l’efficacité et la valeur des outils avant d’engager des déploiements à grande échelle.

