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L'intelligence artificielle déjà largement utilisée à l'Assemblée
Plus de 85% des députés et collaborateurs utilisent déjà l'IA au quotidien, selon un rapport parlementaire qui pointe des risques de fuites de données et appelle à des formations.

L'intelligence artificielle (IA) est déjà largement utilisée par les députés et leurs collaborateurs, selon le rapport de deux parlementaires publié mercredi, qui alertent sur les risques engendrés, notamment de fuite de données. Les députés écologiste Nicolas Bonnet et Renaissance Denis Masséglia, qui ont planché plusieurs mois sur le sujet, insistent sur la nécessité de formations sur ces questions. Mais aussi sur l'opportunité que représente l'IA pour le travail parlementaire. Il y a "un large usage de l'IA au niveau des collaborateurs et des députés", a déclaré en conférence de presse Nicolas Bonnet, se disant "un peu" surpris par l'ampleur de son utilisation. Selon un questionnaire adressé en mars 2026 à l'ensemble des députés et leurs collaborateurs, auquel un peu plus de 500 d'entre eux ont répondu, plus de 85% ont dit utiliser l'IA, et un sur deux le faire quotidiennement.
Un travail d'accompagnement pour contrer la stigmatisation
Synthèse documentaire, compte-rendus, reformulation, gestion des agendas... les usages sont divers, avec pour principal avantage perçu un gain de temps ou une meilleure efficacité. Le premier outil utilisé était ChatGPT, suivi par l'IA de l'entreprise française Mistral. "La première chose dont on s'est rendu compte, c'est qu'il y avait un gros risque de fuites de données", a alerté M. Bonnet. Il a donné l'exemple d'une personne ayant branché une IA aux e-mails d'une boîte publique. Autre risque: fournir à l'IA un rapport confidentiel."Les usages problématiques sont relativement faibles, mais ils sont existants", a concédé M. Masséglia. Ne souhaitant pas entrer dans une logique de "stigmatisation", il a plaidé pour "un travail d'accompagnement". Une fiche de conseils a ainsi été élaborée, et la mise en place de formations est recommandée.
Voir en direct l'impact sur le texte de loi
Par ailleurs, les deux élus souhaitent le développement d'un outil facilitant le fastidieux mais crucial travail d'amendement des lois par les députés. L'objectif ne serait pas "d'écrire les amendements", mais par exemple de "voir en direct comment cela change le texte de loi", a-t-il expliqué. Un cahier des charges va être élaboré, qui devra conduire à un appel d'offre puis une mise en œuvre "courant 2027", selon M. Masséglia. Les députés ont mené ces travaux avec les services de l'Assemblée, qui a déjà mis en place des outils pour ses propres employés. L'un d'eux est une aide à l'élaboration de compte-rendus de réunions, grâce à de la retranscription. L'autre permet de résumer les amendements déposés, parfois en grand nombre, pour aider les rapporteurs des textes. L'Assemblée organise par ailleurs début juillet un "hackathon" sur deux jours, afin d'"explorer le potentiel de l'intelligence artificielle appliquée à l'ensemble du parcours de la loi", selon sa présidente Yaël Braun-Pivet.





