Mélanie Hache (Oracle) : « Les entreprises doivent trouver le bon outil pour être performantes »

Trois questions à Mélanie Hache, HCM Strategy Director à Oracle, sur les stratégies de recrutement des entreprises sur les réseaux sociaux.

Publié et mis à jour le 3 mai 20173 min de lecture
Mélanie Hache (Oracle) : « Les entreprises doivent trouver le bon outil pour être performantes »

Mélanie Hache-Barrois est persuadée que les technologies mobiles et numériques créent un environnement de travail plus engageant pour les employés. ©Oracle

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Mélanie Hache est persuadée que les technologies mobiles et numériques créent un environnement de travail plus attractif pour les employés. ©Oracle[/caption]

La branche australienne de McDonald’s a annoncé qu’elle utiliserait Snapchat comme outil de recrutement. Dans les entreprises, le processus d’embauche s’effectue de plus en plus sur les réseaux sociaux. La start-up Seeqle s’est ainsi lancée en 2015 pour réaliser des campagnes de e-recrutement ciblées et sur-mesure via les réseaux sociaux pour dénicher des talents. Analyse de Mélanie Hache, experte dans le domaine du recrutement et des stratégies des RH.

Alliancy. Que pensez-vous du fait que les entreprises s’emparent des réseaux sociaux pour leurs embauches ?

Mélanie Hache. Aujourd’hui, tout le monde a la possibilité de voir l’expérience d’une personne sur les réseaux sociaux. Les recruteurs en ont conscience et des plateformes comme Facebook, LinkedIn ou Viadeo sont largement utilisées, même si ce n’est pas leur première source. La question n’est pas de savoir si les entreprises doivent aller sur des réseaux sociaux mais de déterminer quel est le bon par rapport à leur cible. C’est en trouvant le bon outil qu’elles seront performantes. Pour certaines enseignes, Facebook peut être mieux pour insister sur la proximité. Instagram ou Snapchat restent des réseaux de niches pour les employeurs. Pour McDonald’s, ils sont tout à fait adaptés car les utilisateurs constituent la population que la chaîne de restauration rapide veut attirer. Son annonce témoigne de son adaptation aux nouvelles façons dont les jeunes communiquent.

Est-ce que cela signifie que les modes de recrutement vont changer ?

Mélanie Hache. Le CV et la lettre de motivation seront toujours demandés car cela reste la norme et il existe toujours des personnes déconnectées professionnellement. Mais il y a une évolution, le CV vidéo est de plus en plus plébiscité, surtout pour les jeunes qui sortent de l’école et qui n’ont pas encore d’expérience. La vidéo est utile pour montrer des compétences techniques, créer une mise en situation et avoir une présentation dynamique. D’autant plus que la vidéo est aussi utilisée par les employeurs lors d’entretiens pour analyser le stress des candidats ou échanger à distance. Par ailleurs, les entreprises se rendent comptent qu’il faut utiliser différents canaux de communication pour créer en amont une relation avec la personne, comme avec les clients. A côté du CV et de l’entretien traditionnels, les recruteurs peuvent utiliser Pinterest par exemple pour partager des moments de vie dans la société. C’est le parcours qu’elles proposent durant l'embauche qui différencie les entreprises et les rendent attrayantes aux yeux des candidats.

Les réseaux sociaux changent-ils la vie en entreprise ?

Mélanie Hache. En voyant leur succès dans la sphère privée, les entreprises ont aussi voulu instaurer des réseaux sociaux internes pour créer une communauté avec les salariés. Cela a fait un flop au début. A présent, les réseaux sociaux professionnels comme Slack sont utilisés entre de petites équipes pour échanger sur un projet précis. Là c’est pertinent car cela aide les employés. Les entreprises doivent comprendre que le numérique n’est pas une fin en soi, il est là en appui dans certains processus, pour prévoir des événements ou avoir un feedback continu. Les gens sont habitués à ce que la technologie mobile et numérique leur simplifie la vie au quotidien, ils en attendent de même au niveau professionnel. Il faut que les entreprises se réorganisent et introduise le numérique là où fait sens.

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