Pierre Fabre et Iktos s’associent pour un programme de recherche en oncologie fondé sur l’IA

Les Laboratoires Pierre Fabre et la société Iktos ont conclu un accord de recherche visant à identifier de nouveaux candidats médicaments en oncologie à partir de petites molécules, en s’appuyant sur des outils d’intelligence artificielle et de robotique.

Publié et mis à jour le 12 janvier 20262 min de lecture
Pierre Fabre et Iktos s’associent pour un programme de recherche en oncologie fondé sur l’IA

Les deux entreprises ont annoncé le lancement d’une collaboration intégrée de découverte de médicaments ciblant une cible oncologique non rendue publique. Iktos mettra à disposition sa plateforme d’IA générative et de synthèse automatisée pour concevoir et produire des molécules candidates, tandis que Pierre Fabre apportera ses capacités en recherche biologique et en développement préclinique pour en évaluer l’intérêt thérapeutique. L’accord prévoit un paiement initial et des versements liés à l’atteinte de différentes étapes du programme, sans que les montants soient précisés. L’objectif est de faire progresser des candidats médicaments depuis la phase de conception jusqu’à des stades précliniques, dans un cadre partagé entre les deux partenaires.

Une coopération centrée sur la phase amont de la R&D

La collaboration porte sur les premières étapes du développement de médicaments, où les taux d’échec sont élevés et les délais longs. Iktos utilisera ses outils de modélisation et de génération de molécules pour proposer des structures chimiques susceptibles d’interagir avec la cible choisie. Ces composés seront ensuite synthétisés et testés, avant d’être sélectionnés ou écartés sur la base de résultats biologiques analysés par Pierre Fabre. Pour le groupe pharmaceutique, cette approche vise à intégrer davantage d’outils numériques dans ses processus de recherche, notamment pour prioriser les pistes et limiter le nombre de molécules à tester expérimentalement. Pour Iktos, il s’agit d’un programme supplémentaire venant alimenter son activité de partenariats avec des industriels du médicament.

Une activité inscrite dans un portefeuille oncologique plus large

Ce programme s’ajoute aux travaux déjà en cours chez Pierre Fabre dans le domaine de l’oncologie de précision. Le groupe développe plusieurs inhibiteurs ciblant des altérations génétiques impliquées dans le cancer du poumon, ainsi que d’autres candidats pour des tumeurs solides. Il mène aussi des projets en partenariat avec d’autres sociétés de biotechnologie sur des cibles oncologiques et des anticorps thérapeutiques. En 2024, l’activité oncologie de Pierre Fabre représentait environ 520 millions d’euros de chiffre d’affaires. Une part importante de son budget de recherche est orientée vers les thérapies ciblées, qui reposent sur l’identification de mécanismes moléculaires spécifiques à certaines tumeurs.

Iktos, un acteur de la conception moléculaire assistée par IA

Créée en 2016, Iktos développe des outils d’intelligence artificielle destinés à la conception de nouvelles molécules et à leur synthèse automatisée. L’entreprise travaille avec des groupes pharmaceutiques et développe en parallèle son propre portefeuille de projets, notamment en oncologie et dans des pathologies métaboliques et inflammatoires. La collaboration avec Pierre Fabre s’inscrit dans cette activité de recherche sous contrat, dans un contexte où l’IA est de plus en plus utilisée pour tenter de réduire le coût et la durée de la phase de découverte de médicaments.

Autres articles

La tech veut un autre leadership... sans renoncer à ses vieux réflexes

Bug de genre

La tech veut un autre leadership... sans renoncer à ses vieux réflexes 

L'essor de l'IA pousse les entreprises à revoir leurs attentes envers les managers techniques. Les compétences relationnelles, la diversité des équipes et l'autorité deviennent des leviers de performance autant que d'inclusion. Oui, mais...

Après les cryptoactifs, Ledger veut sécuriser l’action numérique à l’ère des agents IA

Chronique

Après les cryptoactifs, Ledger veut sécuriser l’action numérique à l’ère des agents IA

Au moment où l’intelligence artificielle réduit le coût des cyberattaques et multiplie les systèmes capables d’agir seuls, Ledger fait un pari : ne pas chercher à rendre l’agent infaillible, mais sécuriser son mandat, ses limites et le moment précis où une intention numérique devient un acte.

Cyberattaque contre Hugging Face : comment OpenAI maîtrise son récit

décryptage

Cyberattaque contre Hugging Face : comment OpenAI maîtrise son récit

L'intrusion menée par des agents IA d'OpenAI contre Hugging Face marque un tournant. Elle ne valide pourtant ni le récit d'une IA hors de contrôle, ni celui d'une cybersécurité devenue obsolète, tout en révélant un nouveau rapport de force autour des modèles de frontière. 

La France candidate pour accueillir une AI Gigafactory soutenue par l'Union européenne

IA souveraine

La France candidate pour accueillir une AI Gigafactory soutenue par l'Union européenne 

L'État se positionne pour accueillir une infrastructure de calcul dédiée à l'intelligence artificielle et s'engage à acheter 100 millions d'euros de capacités de calcul si un projet français est retenu. 

Orange et Morrison veulent créer une coentreprise de data centers pour renforcer le cloud souverain européen

Souveraineté des centre de données

Orange et Morrison veulent créer une coentreprise de data centers pour renforcer le cloud souverain européen

Les partenaires prévoient d’investir 3 milliards d’euros afin d’accompagner la croissance des besoins en cloud et en intelligence artificielle. 


Préférences de consentement