Snowflake : Quand un ingénieur français part créer une licorne au milieu des géants

[Portrait] Benoit Dageville, ancien ingénieur d’Oracle, a migré en 2012 aux Etats-Unis avec son collègue français Thierry Cruanes pour créer Snowflake, un service de datawarehouse cloud natif. Cette licorne valorisée à près de 4 milliards de dollars fait sa place au milieu des géants du cloud. Alliancy a rencontré l’entrepreneur lors d’un de ses courts séjours dans l’Hexagone.

Publié et mis à jour le 23 octobre 20194 min de lecture
Snowflake : Quand un ingénieur français part créer une licorne au milieu des géants

Benoit Dageville, co-fondateur de Snowflake : “Il ne faut pas avoir peur. Notre seule façon d’exister au milieu de ces géants comme Amazon, Google, Microsoft ou encore Oracle, IBM, Teradata… c’est de proposer une solution technologique bien plus mature et plus adaptée au cloud.”

[Portrait] Benoit Dageville, ancien ingénieur d’Oracle, a migré aux Etats-Unis avec son collègue français Thierry Cruanes pour créer Snowflake, un service de datawarehouse cloud natif. Cette licorne valorisée à près de 4 milliards de dollars fait aujourd'hui sa place au milieu des géants du cloud. Alliancy a rencontré l’entrepreneur lors d’un de ses courts séjours dans l’Hexagone.

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Benoit Dageville, co-fondateur de Snowflake : “Il ne faut pas avoir peur. Notre seule façon d’exister au milieu de ces géants comme Amazon, Google, Microsoft ou encore Oracle, IBM, Teradata… c’est de proposer une solution technologique bien plus mature et plus adaptée au cloud.”[/caption]

On pourrait croire que Benoît Dageville est américain, il ne revient d’ailleurs en France que deux ou trois fois par an. L’homme d’une cinquantaine d’années ponctue son discours d’anglicismes et peine parfois à trouver les équivalences dans sa langue maternelle. Mais le langage qui ne lui fait pas défaut, c’est bien l’informatique. En 1995, il achève une thèse à Paris et devient expert de l’exécution parallèle et des systèmes de base de données auto-paramétrées.

Il est embauché par Bull qui lui propose une mission de six mois aux Etats-Unis en tant que technicien. “J’ai tellement aimé l’environnement, le focus technologique, que j’ai décidé d’y rester” précise-t-il. En 1996, il entre chez le géant Oracle et y restera pendant 16 ans. Deux chemins se sont présentés à lui : “technologique” d’une part pour devenir architecte informatique et “management” d’autre part pour accéder au poste de VP.

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L’informaticien a vite fait son choix : “J’ai un profil très technique et je ne souhaitais pas manager des équipes donc, sachant que ces deux postes gagnent autant l’un que l’autre, je suis parti dans la filière technologique”. Benoît Dageville insiste bien sur le fait que “ce n’est pas pour l’argent” si il a choisi une grande compagnie américaine pour faire ses armes. C’est avant tout un désir de renforcer ses connaissances technologiques.

Snowflake : un succès entrepreneurial

Dans les années 2010, Benoît Dageville et son collègue de chez Oracle Thierry Cruanes sont impressionnés par l’arrivée d’Hadoop sur le marché de la donnée ; avec des offres de cloud bien plus performantes, flexibles et compétitives que celles proposées par leur employeur. Ils décident donc de lancer leur propre start-up pour offrir un service de datawarehouse cloud natif digne de ce nom.

Benoit Dageville a donc quitté l’Europe pour lancer Snowflake et si il a choisi les Etats-Unis c’est justement parce qu’il y a plus d’opportunités. “Nous sommes une start-up axée sur les nouvelles technologies et les Etats-Unis c’est un endroit propice pour les développer, affirme-t-il. C’était plus facile là-bas car il n’y a pas de peur de prendre des risques et le Cloud avait de l’avance.”

Le projet connaît un grand succès et enchaîne les levées de fonds : 105 millions de dollars en 2017, puis 263,5 millions en janvier 2018 et enfin 450 millions en octobre 2018. Au total, la firme affiche une valorisation à 3.9 milliards de dollars depuis sa création en 2012. La licorne compte aujourd’hui 1500 employés dans le monde (250 en Europe) et 2500 clients (dont 350 en Europe). Prenant pour exemple l’humilité de Jack Ma (Alibaba), Benoit Dageville tient à ce que le succès ne lui monte pas à la tête.

La licorne ne se cantonne d’ailleurs pas au sol américain. Conscient que l’Europe rattrape petit à petit son retard, Snowflake a ouvert plusieurs bureaux en Europe dont un spécialisé en R&D à Berlin. “En France, le partenariat a par exemple beaucoup plus d’importance qu’aux Etats-Unis, ajoute-t-il. Donc c’est important d’avoir un tissu de partenaires intermédiaires qui permet de nous introduire sur le marché européen.”

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Une licorne entourée de géants

“Il ne faut pas avoir peur, assure Benoît Dageville. Notre seule façon d’exister au milieu de ces géants comme Amazon, Google, Microsoft ou encore Oracle, IBM, Teradata… c’est de proposer une solution technologique bien plus mature et plus adaptée au cloud.” Il évoque notamment les contraintes liées à une migration vers le cloud où l’entreprise se retrouve forcée à changer ses solutions déjà utilisées en on-premise.

Pour lui, le grand atout de Snowflake c’est de ne pas proposer un seul et unique fournisseur pour que les compagnies puissent accéder à une liberté de pouvoir choisir son cloud selon ses usages. “Notre gros avantage pour survivre au milieu des géants c’est de rester complètement agnostique vis à vis du cloud.” conclut-il.

Prochaine étape : décloisonner l’économie des données. Après avoir lancé l’été dernier “Data Exchange” pour faciliter l’échange de données entre compagnies, l’entreprise installée dans la baie de San Mateo investit massivement pour trouver des moyens de répliquer les données qui ne sont pas stockées au même endroit et ainsi faciliter leur partage. Snowflake entend bien faire tomber les barrières pour éviter le maximum de contraintes pour les entreprises.

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