Tokenisation : la monétique à l’heure de l’omnicanal

La tokenisation est un procédé qui permet de payer ses achats en ligne, ou en magasin avec sa carte, tout en garantissant une sécurisation des transactions. Et avec un avantage supplémentaire pour les distributeurs, celui de récolter des données sur les comportements clients.

Publié et mis à jour le 9 mai 20182 min de lecture
Tokenisation : la monétique à l’heure de l’omnicanal

Tokenisation

Sécuriser les transactions financières grâce à la tokenisation

Le développement quasi exponentiel du e-commerce et la généralisation de la carte de paiement provoquent de profonds changements dans la monétique. L’une de ces évolutions vise à garantir la sécurité des transactions bancaires tout en permettant une meilleure connaissance des habitudes clients : la tokenisation.

Ce procédé invisible des usagers fait appel à un jeton (de l’anglais token). Il ne s’agit pas d’un jeton physique mais d’un jeton numérique, créé lors d’un achat. Plutôt que d’indiquer au site de e-commerce (ou au magasin) les informations sensibles de la carte bancaire (numéro, date d’expiration, identité du porteur), la plateforme de paiement va générer des « données jetables » sous la forme d’un jeton unique, valable uniquement sur cette transaction. Cela évite de faire transiter sur les réseaux les numéros de carte.

In fine, la transaction est plus sûre qu’auparavant et offre les mêmes garanties en cas de retour d’articles en magasin. Car la plateforme de paiement a la possibilité de retrouver le vrai numéro de carte (et donc le client) à partir du token, ce qui permet de recréditer les achats si nécessaire.

Au fil des ans, de nombreuses sociétés comme HiPay, Ingenico ou des acteurs de PSP (Prestation de Service de Paiement) pour le e-commerce se sont positionnés sur cette technologie.

Une mine d’or pour les enseignes

La tokenisation, développée massivement en matière de monétique depuis 2014, devient très répandue. Les différentes enseignes du groupe Eram, des grands noms du textile, les Galeries Lafayette, Cdiscount ou encore Rue du Commerce l’utilisent lors du paiement en ligne ou en magasin. Et ce pour profiter d’un autre avantage : le profilage des achats et des clients.

Le fameux jeton, s’il ne contient pas les coordonnées bancaires, est porteur de beaucoup d’autres informations qui permettent d’apporter de la data aux enseignes. En effet, il indique s’il s’agit d’une carte de paiement française ou étrangère, il permet d’estimer le panier moyen ou encore de préciser le canal d’acquisition (web ou magasin). Autant d’éléments pour optimiser sa communication et cibler sa clientèle en apportant de la valeur ajoutée aux transactions. Surtout que ces données sont interfaçables avec un CRM ou des bases de données clients classiques. En matière d’équipement, il n’y a pas de nécessité à faire évoluer le matériel existant comme les terminaux, qui deviennent des mines d’informations. C’est plutôt le back office (API, réseaux) qui doit se transformer pour faire transiter l’information. Le jeu n’en vaut-il pas la chandelle ?

Entre le besoin de rassurer les clients sur la fiabilité des transactions par carte bancaire et la poussée du e-commerce et du m-commerce (les Français ont dépensé 19,5 milliards sur Internet au 2ème trimestre 2017, soit une progression de 11% – source Fevad), la tokenisation est devant un boulevard.

Guillaume Rochet, Business Developer Manager chez Hub One.

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