[50 ans Inria] Les robots de Pollen Robotics dans les mains de tous

La start-up Pollen Robotics fait le pari de démocratiser l’usage des robots en développant des outils accessibles pour la réalisation de tâches simples.

Publié et mis à jour le 5 octobre 20173 min de lecture
[50 ans Inria] Les robots de Pollen Robotics dans les mains de tous

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Pollen Robotics met les robots dans les mains du grand public

Pollen Robotics met les robots dans les mains du grand public

L'équipe de Pollen Robotics[/caption]

Le Palais de la Découverte se dote d’un « Electric dog » pour ses expositions et animations. L’une des toute premières constructions robotiques prend un coup de jeune grâce à Pollen Robotics, la start-up cofondée par Matthieu Lapeyre. Le roboticien travaille sur le sujet depuis ses études à l’Ecole Normale Supérieure de Cachan. « J’ai suivi une formation en mécanique de structure. J’étais aussi intéressé par la robotique alors j’ai pris des cours en parallèle », raconte-t-il. C’est à cette occasion que Matthieu Lapeyre rencontre Pierre Yves Oudeyer, chercheur à l’institut Inria de Bordeaux.

L’étudiant intègre alors en 2010 l’équipe Inria Flowers, spécialisée sur la robotique cognitive et le rapport entre l’homme et la machine. Il s’oriente vers la robotique personnelle et sociale avec l’intention de démocratiser l’usage de robots assistants auprès du grand public. Matthieu Lapeyre crée Poppy, une plateforme robotique open source avec trois autres chercheurs. « Ce n’était pas prévu, mais il manquait une plateforme de partage entre les différents laboratoires », explique-t-il.

Maîtriser le robot comme un ordinateur

La création de la start-up Pollen Robotics a été la suite logique pour les jeunes chercheurs. « Nous voulions mettre nos projets sur le marché et avoir un impact sur la société », confie Matthieu Lapeyre. Leur objectif est également de sensibiliser les utilisateurs à la programmation : « Savoir coder est aussi important que savoir écrire dans le monde moderne, il est nécessaire d’apprendre à décrypter ce à quoi nous sommes confrontés. Par exemple, l’intelligence artificielle fait peur mais il ne s’agit que de l’exécution d’un enchaînement d’instructions. » La collaboration avec Inria ne s’est pas arrêtée là : deux ingénieurs Inria travaillent avec Pollen Robotics ; et le transfert de propriété intellectuelle est en cours.

La start-up vise ainsi à transformer la robotique – une technologie complexe qui mêle de l’électronique, de la mécanique et de l’informatique – en un outil simple que le grand public pourrait maîtriser, au même titre que l’ordinateur. « Le problème actuel est celui de l’usage, il y a un désalignement entre l’espérance qu’on en attend et la capacité scientifique », souligne Matthieu Lapeyre. La start-up, en proposant un outil accessible financièrement par ses travaux sur l’architecture du système, entend créer une utilisation adaptée aux capacités techniques.

La robotique pour des tâches simples

La jeune pousse prévoit des collaborations sur des projets éducatifs et médicaux, dans l’assistance aux personnes âgées par exemple, notamment en apportant sa technologie de réseau, Robus, destinée à faire communiquer différents composants. « L’industrie porte actuellement le développement de la robotique, mais d’ici peu, ce sont les robots de services qui vont croître, estime le cofondateur de Pollen Robotics, positionné sur ce marché. Ce qui m’intéresse dans la robotique, c’est que tout est à faire, il s’agit d’un immense terrain d’exploration. »

Pour l’entrepreneur, le développement de la robotique tient à la création d’outils facilitateurs pour le quotidien. « Le marché des robots ne va pas s’accroître avec des humanoïdes mais avec un ensemble de robots qui pourront effectuer des tâches simples et collaborer entre eux. Nous ne sommes par ailleurs pas capable de créer un humanoïde avec des capacités identiques aux nôtres. Le muscle humain est extrêmement puissant par rapport à sa taille, nous ne pouvons pas reproduire un moteur identique et la locomotion reste une problématique majeure. » La prochaine étape pour la start-up est le financement de son robot éducatif et la mise sur le marché de son premier système d’exploitation.

  • Création : 2016
  • La start-up fait le pari de démocratiser l’usage des robots en développant des outils accessibles pour la réalisation de tâches simples.
  • Fondateurs : Matthieu Lapeyre, Nicolas Rabault, Jonathan Grizou et Pierre Rouanet. Les quatre cofondateurs travaillent avec Simon Baudry et Cyril Sagonéro, membres de l’Inria.
  • Pollen Robotics prévoit de lever entre 300 000 et 600 000 euros courant du premier semestre 2018.
Inria dossier du chercheur à l'entrepreneur

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