Salon de la Data et de l’IA
À Nantes, l’IA remet la data sur le devant de la scène
Le Salon de la Data et de l’IA a réuni 2 000 professionnels le 22 septembre à Nantes. Pour sa 11e édition, les débats ont basculé de la promesse technologique aux conditions de déploiement.

Thomas Fournaise, fondateur du Salon de la Data et de l’IA, ancre la data dans l'usage terrain
L’IA s’est invitée sur l’enseigne du salon de la Data et de l’IA en 2023. Trois ans plus tard, elle rappelle surtout aux entreprises leurs vieux dossiers data. Ce 22 septembre, 2 000 participants ont rempli la Cité des Congrès de Nantes pour la 11e édition du Salon de la Data et de l’IA. Les décideurs IT y représentaient 30 à 40% du public, selon les organisateurs. Dans les allées fourmillantes, l’IA agentique s’est affichée sur les écrans et les panneaux. Dans les salles, les questions ont changé. Elles portaient sur l’application et les conditions de déploiement. “Entre les usages envisageables et leur déploiement dans l’entreprise, il reste un monde à franchir”, a estimé Thomas Fournaise, fondateur du Salon de la Data et de l’IA. Le programme a épousé ce changement de maturité avec des retours d’expérience sur le passage en production ou la gouvernance des agents. “Les visiteurs veulent savoir comment faire fonctionner ces technologies dans leur organisation”, a-t-il poursuivi. La promesse technologique ne suffit plus. On réclame le mode d’emploi.
L’IA remet la data sur la table
Ironie du cycle technologique, l’IA générative n’a pas enterré la data. Bien au contraire ! Elle l’a même rendue incontournable. Qualité des données, gouvernance et maîtrise des données sont revenues au contact des cas d’usage. “La data retrouve une place centrale avec les besoins de qualité et de connaissance des données”, a observé Thomas Fournaise. Même les dashboards ont refait surface. Deux expositions ont interrogé cette année leur conception et leur sens. Un retour aux bases à l’heure du self-service.

Le salon de la data et de l'IA accueille 2000 participants qui sont venus pour savoir comment faire fonctionner ces technologies dans leur organisation
Plus les entreprises promettent de l’autonomie aux métiers, plus la culture data devient un prérequis. “L’autonomie suppose des bases solides et une montée en compétences des équipes”, a insisté le fondateur du salon. L’agentique attire toujours les regards. La cybersécurité regagne aussi du terrain. Quant à la souveraineté, il préfère la ramener à une dépendance choisie, fondée sur la connaissance des fournisseurs et des risques associés aux données. À mesure que l’IA gagne les processus, les sujets jugés moins spectaculaires cessent d’être accessoires.
Rendre la data concrète
Cette quête de pragmatisme a dépassé le programme. Elle a irrigué le modèle du salon. Dans le foyer, une cinquantaine de partenaires créaient un circuit de visite. Et les machines à café, réservées au stand, ont fait office de rabatteuses discrètes. Le commerce a assumé sa place. Pas son emprise sur les conférences. “Être exposant ne garantit aucune prise de parole”, a martelé Thomas Fournaise. Gratuit et organisé par des bénévoles, le salon dépend financièrement de ses partenaires. Son comité privilégie pourtant les retours d’expérience associant fournisseurs et clients.
“Nous voulons rester sur des expériences vécues par les entreprises”
Les démonstrations commerciales restent cantonnées à des espaces identifiés. “Nous voulons rester sur des expériences vécues par les entreprises”, a-t-il expliqué. Cette frontière répond à un public en quête d’applications. Les échanges techniques se sont poursuivis après les conférences. Au centre de la Cité des Congrès, un circuit automobile connecté a poussé la logique jusqu’à la mise en scène. “Nous cherchons à rendre la data concrète et à casser les codes du salon B2B classique”, s’est engagé Thomas Fournaise. Dans un marché repu de promesses, le retour d’expérience devient une valeur refuge.

Les 50 exposants constituent le circuit visiteur
Le salon s’exporte à Lyon
Pour retrouver son fondateur, il a fallu justement quitter les stands. Entre deux sollicitations, Thomas Fournaise s’est accordé quelques minutes debout au soleil, devant la Cité des Congrès. L’énergie est restée intacte onze ans après une première édition, alors dédiée à l’Open Data. En 2016, l’ouverture des données publiques gagnait les politiques numériques et Nantes disposait déjà d’un écosystème actif sur le sujet. “Il n’existait pas de rendez-vous consacré à la data ou à l’open data en région. Nous avons choisi de le créer plutôt que de l’attendre”, s’est souvenu Thomas Fournaise. Depuis, le périmètre s’est élargi et l’IA a s’est accroché au nom du salon. Mais la jauge n’a plus la même élasticité. Complet en moins de quinze jours avant l’ouverture, le rendez-vous nantais a atteint sa capacité maximale. L’agrandir risquerait, selon son fondateur, de dégrader l’expérience des visiteurs et des exposants. Le prochain changement d’échelle se jouera donc ailleurs. Le 1er avril 2027, une première édition doit ouvrir à Lyon sur le même modèle gratuit. Onze ans après avoir voulu sortir la data de Paris, le salon va quitter Nantes pour la première fois.





