Article partenaire
Adoption de l’IA en entreprise : le pilotage à l’aveugle n’est pas une option
Une étude de Harvard Business Review Analytic Services, réalisée en collaboration avec Nexthink, révèle que l'adoption de l'IA dépasse déjà la capacité des DSI à la superviser.

Marc Frantzel
Senior Director, Solution Consulting EMEA - Nexthink

Nexthink
Nexthink est un spécialiste des logiciels de pilotage de l’expérience numérique des collaborateurs.

Chaque grande rupture technologique a, jusqu'ici, renforcé la place de la DSI dans l'entreprise. Le cloud, la mobilité, la virtualisation… À chaque fois, l'IT est sortie plus stratégique, moins cantonnée à un rôle de centre de coûts. L'intelligence artificielle aurait dû suivre cette même trajectoire. Sauf qu'elle a tout l’air de devenir l'exception qui confirme la règle.
C'est tout l'intérêt de l'étude que Nexthink vient de publier avec Harvard Business Review Analytic Services, menée en février et mars 2026 auprès de 259 décideurs, tous impliqués dans les décisions IA de leur organisation. Le constat est sans appel : au moment même où les COMEX se tournent vers leurs DSI pour les guider dans la révolution IA, celle-ci redéfinit en profondeur le rôle de l'IT elle-même.
Quand l'adoption dépasse la gouvernance
66 % des répondants affirment que favoriser une adoption rapide de l'IA est une priorité pour leur organisation. Jusque-là, rien d'étonnant. Ce qui l'est davantage : 58 % reconnaissent que le rythme d'adoption de l'IA par les collaborateurs dépasse déjà la capacité de leur IT à la surveiller et à la gouverner. Et 57 % vont plus loin, estimant que cette adoption va plus vite que la capacité de l'organisation à en mesurer les effets.
Autrement dit, les collaborateurs n'attendent pas la stratégie de la DSI pour s'équiper. Ils testent, adoptent, contournent parfois, bien avant que les cadres de gouvernance ne soient posés. Faut-il s'en étonner ? Les outils d'IA générative ne nécessitent quasiment aucune formation pour être pris en main. Pour la première fois, une technologie a la capacité de transformer potentiellement n'importe quel métier, apportant de l’aide à quasiment n'importe quel collaborateur.
Le shadow IT, angle mort numéro un
Cette adoption informelle a un revers : 53 % des répondants estiment que l'IA a créé un problème de shadow IT au sein de leur organisation. Et lorsqu'on leur demande ce qui les inquiète le plus dans cette adoption non encadrée, la réponse est sans ambiguïté : 79 % citent l'exposition des données et les failles de sécurité, 53 % les risques réglementaires et juridiques.
Face à ces chiffres, une question mérite d'être posée aux DSI : peut-on continuer à demander à l'IT de gouverner un usage qu'elle ne voit pas ? Car c'est bien là le nœud du problème. 45 % des répondants confirment que l'on demande à leur organisation IT de gouverner l'IA sans visibilité claire sur ses usages réels. Pire, si 46 % des organisations jugent disposer d'une visibilité suffisante sur l’usage formel de l’IA, ce chiffre chute à seulement 27 % dès qu'il s'agit des usages informels, via des IA que les collaborateurs déploient de leur propre initiative.
Un paradoxe dans les plans d'action
Ce qui dénote n'est pas l'ampleur du problème, mais la façon dont les organisations comptent y répondre. Sur les douze prochains mois, 75 % des entreprises prévoient de renforcer la formation à l'IA, 67 % leurs politiques de gouvernance. Des réponses utiles, certes, mais qui laissent de côté l'essentiel : seules 19 % envisagent d'investir dans des outils de visibilité, et 17 % dans une véritable stratégie d'expérience numérique des collaborateurs (DEX, Digital Employee Experience).
Or 42 % des répondants pointent précisément l'inadéquation de leur infrastructure technologique comme premier obstacle au suivi de l'IA. On forme, on règlemente, mais on continue de piloter sans outils adaptés. On en arrive donc à encadrer une boite noire.
La visibilité et l’analyse, préalables à toute gouvernance
Le message est depuis longtemps porté par Nexthink : il est impossible de gouverner ce que l'on ne voit pas et de facto, ce que l’on ne comprend pas.
Une approche DEX solide permet précisément de combler ce vide : suivre en temps réel comment les collaborateurs utilisent réellement l'IA sur leurs terminaux, quels outils tournent en tâche de fond, quels risques de sécurité ou de conformité en découlent, et où concentrer les efforts de gouvernance en priorité. C'est la différence entre une direction informatique qui découvre un incident après coup, et une DSI qui l'anticipe.
Nous en avons collecté de nombreuses preuves auprès de nos clients : quand les équipes IT gagnent en visibilité sur l'expérience numérique réelle des collaborateurs, elles ne se contentent pas de mieux gérer les risques. Elles reprennent la main sur leur rôle stratégique, celui de partenaire de la transformation plutôt que de simple exécutant.
La stratégie de la DSI à réinventer
Cette étude invite en fait à une réinvention de la stratégie de l’IT. 72 % des répondants confirment que l'IA change déjà les priorités de leur DSI. Et près d'un sur deux (48 %) admet une forme d'incertitude quant au rôle que jouera l'IT à long terme dans la transformation par l'IA.
Cette incertitude n'est pas une fatalité. C'est une invitation à agir, avant que le fossé entre adoption et gouvernance ne se creuse davantage. Les DSI qui sauront combiner innovation, visibilité et pilotage de l'expérience numérique des collaborateurs seront les mieux placés pour transformer cette période de flottement en avantage compétitif durable.
Alors, posez-vous la question suivante : savez-vous aujourd'hui, avec précision, comment vos collaborateurs utilisent réellement l'IA ? Si la réponse n’entraîne ne serait-ce qu’un doute, il est opportun d’agir.
Le rapport complet de l’étude « Bridging the AI Acceleration Gap » menée par Harvard Business Review Analytic Services est disponible sur le site de Nexthink.
Nexthink est partenaire du programme « What’s Next, CIO ? » by Alliancy.
-
Tout au long de l’année, les partenaires stratégiques de « What’s Next, CIO ? » s’engagent à faire progresser l’écosystème du numérique par le partage de pratiques et la confrontation d’avis. Ils se mettent au service de la communauté des CIO pour leur permettre d’anticiper et d’incarner le changement dans leurs organisations.




