Assurances : la menace GAFA, un vieux serpent de mer ?

A l’occasion d’une table ronde à Paris le 28 novembre dernier, quelques acteurs du monde de l’assurance (AXA, Mazars et Zelros) ont présenté un état des lieux des dynamiques qui animent leur domaine. Tous semblent considérer que l’arrivée des Gafa - et BATX - sur leur marché implique autant de ruptures que d’opportunités.

Publié et mis à jour le 2 décembre 2019
4 min.
Assurances : la menace GAFA, un vieux serpent de mer ?

Assurances : la menace GAFA, un vieux serpent de mer ?

A l’occasion d’une table ronde à Paris le 28 novembre dernier, quelques acteurs du monde de l’assurance (AXA, Mazars et Zelros) ont présenté un état des lieux des dynamiques qui animent leur domaine. Tous semblent considérer que l’arrivée des Gafa - et BATX - sur leur marché implique autant de ruptures que d’opportunités.

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Assurances : la menace GAFA, un vieux serpent de mer ?

Assurances : la menace GAFA, un vieux serpent de mer ?

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Le ton est donné : « Menace des Gafa, hausse de la fraude, incertitude réglementaire … Quel avenir pour des assureurs en pleine tourmente ? »… Autour de la table, Franck Desvignes, Global Head of AXA Next Labs chez AXA, Christophe Bourguignat, président et co-fondateur de Zelros et Guillaume Wadoux, associé chez Mazars.

Gafa-BATX : menace ou opportunité ?

D’emblée, Franck Devignes souhaite clarifier : “En Europe on regarde beaucoup les Etats-Unis et les Gafa … mais il y a aussi l’Asie avec les BATX qui n’est pas négligeable. Là-bas, l’usage mobile est moins statique et il y a plus de données disponibles pour personnaliser l’expérience client”.

Sur la question de la menace que représente les Gafa, les intervenants ne sont pas si catégoriques. “A ce jour, GAFA et BATX sont vus comme une menace potentielle, lance Guillaume Wadoux. Mais c’est un vieux serpent de mer… il reste toujours des barrières réglementaires et financières qui font que ces grands acteurs n’ont toujours pas proposé d’offres. Si un jour c’est le cas, les Gafa resteront des acteurs parmis d’autres”

Christophe Bourguignat y voit même une réelle opportunité : les grands assureurs pourraient à l’avenir devenir des entreprises technologiques à part entière. Un simple effort d’adaptation, donc. Et tous ont l’air de partager l’idée que l’arrivée des Gafa a créé de nouveaux usages, incontournables pour les acteurs historiques de l’assurance.

Nouvelles technologies, nouveaux usages

Pour Franck Desvignes, trois phases de maturité sont nécessaires dans la transformation des assurances : d’abord, un effort de coopération avec les acteurs technologiques pour déployer efficacement de nouvelles solutions. Puis, la création d’une “assurance à l’usage” de plus en plus précise. Et enfin, une dernière phase de maturité dans l’adoption de technologies plus “poussées”.

En d’autres termes, il s’agit de solutions algorithmiques relevant du machine learning. C’est notamment ce que AXA Climate entreprend dans le domaine de l’assurance paramétrique. Objectif : croiser des données météorologiques pour indemniser des pertes réelles liées au climat dans les secteurs de l’agriculture, de l’agroalimentaire, de l’énergie ...

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“Je suis plutôt enthousiaste, affirme Franck Devignes. La coopération avec de grands acteurs technologiques va amener à de la création de valeur”. Selon lui, c’est l’occasion d’adresser de nouveaux usages liés aux smartphones, aux capteurs, à la voiture connectée… L’idée étant de s’adapter aux besoins des assurés en termes de personnalisation et d’instantanéité. À l’image par exemple de la collaboration d’AXA avec Uber pour adapter les primes d’assurances en fonction du nombre de courses effectuées par les chauffeurs.

Guillaume Wadoux rappelle en revanche qu’il n’existe pas encore de nouveaux “grands produits” d’assurance. “Les usages n’ont pas tant évolué que ça, mis à part sur les voitures autonomes ou les cyber-assurances”.

Les assurances domptent-elles l’IA ?

Guillaume Wadoux insiste : “Pour l’instant le client n’a pas à faire à beaucoup d’innovations, à part les chatbots. Nous sommes dans une première phase de maturation du machine learning. Il n’existe pas encore de modèles automatisés de tarification. Et c’est notamment dû aux réglementations strictes en matière d’utilisation des données personnelles”.

C’est la raison pour laquelle Zelros n’a pas choisi d’adresser les usages de prévention aux risques. Les contraintes réglementaires obligeant les assureurs à développer des modèles traçables et auditables. “Nous privilégions des cas d’usage prêts à l’emploi et ciblés comme la distribution de produits”, complète Christophe Bourguignat. L’intelligence artificielle développée par Zelros permet d’aider les conseillers en assurance dans leur travail de vente et de gestion des sinistres. Plusieurs groupes l’ont déjà adoptée comme AXA, CNP Assurances, Natixis Assurances, CBP et la Maif.

AXA de son côté puise son inspiration dans le vivier de start-up françaises, accompagnant chaque année une vingtaine d’entre elles pour de nouveaux projets en matière de santé, d’API, de cybersécurité et de mobilité. “L’enjeu pour 2020, c’est la globalisation, précise Franck Desvignes. Pas beaucoup d’Assurtech sont sorties de leurs clôtures domestiques”. Menace des Gafa ou pas, les assureurs français comptent bien rester à la page de l’innovation par tous les moyens.

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