Attractivité du secteur public : « Savoir qu’on ne va pas s’ennuyer au travail, c’est motivant ! »

Manuel Christophe revient pour Alliancy sur son parcours aux expériences multiples, ses missions actuelles et l'attractivité du service public à ses yeux.

Publié et mis à jour le 7 novembre 20224 min de lecture
Attractivité du secteur public : « Savoir qu’on ne va pas s’ennuyer au travail, c’est motivant ! »

Manuel Christophe - Urssaf

Arrivé à l’Urssaf en 2019, Manuel Christophe a aujourd’hui plusieurs casquettes en tant que chef de projet. Ce fan de numérique de la première heure revient pour Alliancy sur son parcours aux expériences multiples, ses missions actuelles et l'attractivité du service public à ses yeux.

[caption id="attachment_112161" align="alignleft" width="300"]

Manuel Christophe - Urssaf[/caption]

Alliancy. Quel a été votre parcours avant d’intégrer l’Urssaf ?

Manuel Christophe. J’ai toujours été passionné d’informatique. J’ai commencé dans une filiale d’EADS qui construisait une solution de diffusion de vidéos sur internet. Puis, je suis devenu responsable de l’équipe de développement. J’ai ensuite travaillé sur les premières solutions liées à la vidéo sur téléphone portable.

J’avais notamment en charge NTT, société de télécom japonaise. Par ailleurs, je constatais qu’il y avait beaucoup d’anomalies sur de nombreux sites internet. J’ai donc décidé de lancer mon entreprise en 2010. Je faisais des vérifications pour les entreprises qui le souhaitaient, en faisant remonter tous types d’anomalies. J’étais aussi prestataire pour l’Acoss (ndlr : ancien nom de l’Urssaf Caisse Nationale).

Comment avez-vous ensuite intégré l’Urssaf ?

Satisfait de mes services, l’Urssaf m’a inclus beaucoup plus en amont dans ses projets. J'ai notamment fait l’intégration graphique de la refonte du site Cesu et du site autoentrepreneur. Ayant pris conscience du besoin de spécialistes pour faire l’interface, notamment en termes d’accessibilité numérique (face à des situations de handicap, ndlr), l’Urssaf a proposé de m’embaucher. En effet, la plupart des développeurs ne sont pas spécialisés dans ce domaine et ils n’avaient pas forcément le temps de travailler dessus. J’ai donc arrêté ma société pour intégrer l’Urssaf en avril 2019.

Quelles sont vos missions en tant que Chef de projet ?

Je suis responsable de l’équipe intégration graphique mais aussi référent technique en accessibilité numérique. J’acculture mes collègues à l’accessibilité numérique et les conseille dans la mise en accessibilité de nos sites. Je travaille aussi sur les outils digitaux. Je participe à la mise en place des nouveaux canaux de communication sur nos différents sites. (Chatbot, Webchat...)

Qu’est-ce qui vous fait vous épanouir dans votre travail au quotidien ?

Ce qui me plait c'est qu'il y a énormément de choses différentes à faire et à améliorer. Savoir qu’il y a plein de projets à mener, de voir que l’on ne va pas s’ennuyer au travail, c’est motivant. Et puis, les évolutions régulières de la législation me laissent penser que ce n’est pas près de s’arrêter ! Par ailleurs, je sens que j’ai une vraie valeur ajoutée dans ce que je fais, car il y a un réel besoin et intérêt sur l'intégration graphique, l’accessibilité numérique et la qualité web au sens large.

Quelles sont pour vous les qualités de l’Urssaf qu’il n’y aurait pas dans le secteur privé ?

La plupart des entreprises en dehors des Gafam ne s’adressent pas à des millions de personnes, en tant qu’utilisatrices de leurs services. Or, ce que l’ont fait, nous, bénéficie à un très grand nombre de personnes. Pendant le premier confinement, nous avons mis en place en deux semaines le système d’indemnisation exceptionnelle pour les particuliers employeurs et leurs salariés. Ce sont des aspects très concrets qui donnent du sens à ce que l’on fait.

Comment convaincre un jeune talent du numérique d’intégrer l’Urssaf plutôt qu'une entreprise de la tech ?

Le cadre de travail est vraiment bien et le fait de rassembler dans un même lieu différentes expertises (studio UX, développeurs, architecte, coach agile, analyse digitale...) nous permet de gérer des projets de bout en bout. En termes de rémunération, je pense que l’on est peut-être un peu en dessous du marché, mais il y a d’autres avantages. Le CE très actif par exemple. On a une dizaine de semaines de repos (congés et RTT). De plus, certains agents badgent et ils peuvent convertir leur excédent d’heure en jours de récupération.

Y a-t-il un cliché que vous aimeriez faire tomber sur l’Urssaf ou le travail dans l’administration ?

Je vais le dire de façon un peu abrupte mais : on n’est pas des glandeurs. Il y a souvent une image que dans l’administration, qui veut que tout est lent et compliqué. C’est faux. Ce qu’on essaye de faire, c’est de tout mettre en œuvre pour que les utilisateurs aient le plus rapidement la réponse à leur question ainsi que de gérer tous les cas particuliers. On pourrait s’imaginer qu’il y a beaucoup de monde pour faire peu de choses mais au final, c’est plutôt l'inverse.

Enquête spéciale - Comment l'Urssaf se donne les moyens pour séduire les talents ?

Enquête spéciale - Comment l'Urssaf se donne les moyens pour séduire les talents ?

Autres articles

Éducation nationale : la doctrine cyber existe, mais son exécution reste trop inégale

Chronique

Éducation nationale : la doctrine cyber existe, mais son exécution reste trop inégale

La rentrée scolaire 2026 s'est faite dans un contexte où les perturbations informatiques qui ont touché les académies de Nantes et de Toulouse ont donné une traduction concrète à la crise cyber de l'été.

Teleperformance mis en demeure, les petites mains de la tech sortent de l’ombre

Travail vs IA

Teleperformance mis en demeure, les petites mains de la tech sortent de l’ombre 

Trois organisations mettent en demeure le français Teleperformance sur les risques encourus par ses travailleurs de la donnée. Une première en Europe qui expose le coût humain des services numériques et de l’IA. 

Pacte numérique et IA, l’État veut transformer la souveraineté en commandes

commande publique

Pacte numérique et IA, l’État veut transformer la souveraineté en commandes

Ce jeudi 10 septembre à la Station-F, David Amiel et Anne Le Hénanff ont signé le Pacte numérique et IA avec l’appui de la DINUM, le CSF et Hexatrust. Objectif : faire de la commande publique un levier industriel. 

Arlequin AI lève 28 millions d’euros pour développer une nouvelle architecture d’IA

Deeptech

Arlequin AI lève 28 millions d’euros pour développer une nouvelle architecture d’IA 

La deeptech française boucle une série A de 28 millions d’euros pour accélérer le développement de ses réseaux de neurones topologiques et poursuivre son expansion internationale. 

La cyberdéfense de l’État face à une double menace

Agents IA

La cyberdéfense de l’État face à une double menace

Alors que de récentes fuites exposent encore des faiblesses cyber élémentaires dans les services publics, l’essor des agents IA augmente déjà la surface d’attaque et impose de repenser la résilience des systèmes. 


Préférences de consentement