IA : De quoi faire

Avec l’IA générative, les entreprises ne cherchent plus seulement des profils tech

L’IA générative rebat les cartes du recrutement : au-delà des ingénieurs et data scientists, les entreprises recherchent désormais des profils capables d’associer expertise métier et maîtrise de l’IA. 

Publié et mis à jour le 31 août 20263 min de lecture
Avec l’IA générative, les entreprises ne cherchent plus seulement des profils tech

Le data scientist n’est plus l’unique « roi de l’IA ». Lors d’une table ronde organisée à Tech Boost'her, Caroline Chopinaud, directrice générale du Hub France IA, et Fariha Shah, fondatrice de Cominty, ont décrit un basculement dans les besoins des entreprises. Avec l’IA générative, les projets ne sont plus uniquement pilotés par les directions ou réservés aux grandes structures disposant d’importantes ressources techniques : les outils arrivent directement entre les mains des collaborateurs et se diffusent jusque dans les TPE et PME. Cette démocratisation fait évoluer les compétences recherchées. Caroline Chopinaud constate ainsi « ce besoin d’avoir moins de profils tech, moins de data scientists », au profit de professionnels capables d’associer leur expertise à l’IA : finance, juridique, marketing, vente ou encore gestion de projet. Chez les managers aussi, les besoins évoluent, avec un rôle croissant dans l’accompagnement des collaborateurs et la structuration des projets. Une évolution que Fariha Shah résume simplement : « Pour moi, c’est l’existant qui rajoute le mot AI devant ». 

L’« ambassadeur IA », nouveau profil clé de l’entreprise 

Entre ceux qui développent la technologie et ceux qui l’utilisent, une nouvelle catégorie de profils devient stratégique : ceux chargés de son adoption. Formateurs, « champions IA » ou ambassadeurs doivent identifier les cas d’usage, accompagner les équipes et faire en sorte que les solutions soient réellement déployées. « Le poste que j’ai vraiment vu émerger, c’est l’ambassadeur, celui qui va porter le projet en interne pour le déployer », explique Fariha Shah. Dans ce contexte, la compétence déterminante n’est pas nécessairement technique. « Ce qui est important, c’est la curiosité intellectuelle », insiste l’entrepreneuse. Lors d’un récent recrutement pour un poste de customer success, elle explique avoir reçu environ 200 CV en quelques jours et avoir distingué les candidats qui avaient expérimenté eux-mêmes des outils d’IA et construit leurs propres cas d’usage. « L’appétence pour l’IA, ce n’est pas juste d’aller sur ChatGPT », prévient-elle. Une logique qui ouvre la porte à des profils issus d’autres secteurs ou en reconversion : savoir tester les outils, apprendre de manière autonome et comprendre leurs applications métier peut désormais constituer un véritable avantage professionnel. 

Une démocratisation qui peut aussi rebattre les cartes de la tech 

Cette ouverture pourrait également permettre à de nouveaux profils de prendre davantage de place dans l’écosystème. Caroline Chopinaud, qui travaille dans l’intelligence artificielle depuis une vingtaine d’années, constate que les femmes restent encore insuffisamment visibles : « elles sont là, elles existent […] mais on ne les voit pas ». Pourtant, les usages racontent une autre histoire. Chez les clients de Cominty, Fariha Shah observe que les femmes sont souvent porteuses des projets IA et que l’utilisation avancée de l’IA agentique se répartit aujourd’hui à « 50-50 » entre femmes et hommes. Une démocratisation qui concerne aussi les entreprises elles-mêmes : selon Caroline Chopinaud, le Hub France IA a recensé 972 start-up IA françaises, tandis que les outils génératifs permettent désormais à de petites structures de rivaliser sur certains usages avec de grands groupes. Pour Fariha Shah, cette transformation constitue ainsi « l’opportunité ou jamais de renverser la courbe ». À mesure que l’IA se diffuse dans l’ensemble des métiers, la ligne de partage pourrait donc moins passer entre profils techniques et non techniques qu’entre ceux qui regardent cette transformation se produire et ceux qui apprennent dès maintenant à s’en saisir. 


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