Houston ? On contrôle 

Chez Klee, l’IA promet la lune, la souveraineté ramène sur Terre

Le 8 octobre, à Station F, à Paris, Klee Expérience 2026 a confronté les promesses de l’IA aux risques de dépendance, avec la souveraineté et la sécurité en ligne de mire. 

Publié et mis à jour le 9 octobre 2026
3 min.
Chez Klee, l’IA promet la lune, la souveraineté ramène sur Terre

Cyril Troussier, Global Account Manager chez Klee

Fiona Slous / Alliancy

La conquête technologique a un prix. Et sur Pluton, il se paie en souveraineté. Ce 8 octobre, Klee Expérience 2026  a réuni à Station F, à Paris, les professionnels du numérique autour de l’intelligence artificielle (IA), de la sécurité et de l’autonomie technologique. Des vrombissements emplissent l’auditorium sombre, la fusée de Klee a atterri derrière la scène et une musique pop retentit. Cyril Troussier, Global Account Manager chez Klee, a surgit sur scène en combinaison d’astronaute sous les rires de l’assemblée. Son retour sur Terre, après un périple fictif dans le système solaire, emprunte aux codes des grandes keynotes américaines. Sur Pluton, l’explorateur a découvert des agents IA pilotés par la pensée et des jumeaux numériques médicaux capables d’anticiper les maladies. Mais les fournisseurs de ces innovations exigent le contrôle des données, des accès et des usages. “En échange de leurs innovations, ils garderaient la main sur l’essentiel”, a averti Marine Piéton, Global Account Manager chez Klee. La promesse de productivité s'accompagne d'une dépendance aux fournisseurs, jusque dans l'exploitation des informations. Dans le cloud, le recours à des services propriétaires peut compliquer la migration vers un autre fournisseur, même après récupération des données. “Le progrès n’a de sens que si l’on reste libre de décider”, a-t-elle insisté. De l’IA à la sécurité, en passant par le « plan B » souverain dans le cloud et les logiciels, les conférences de la journée ont décliné cette même question sous plusieurs angles. 

Que ce soit sur terre ou dans l'espace, pour Michel Tognini, la coopération fait la réussite

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Fiona Slous / Alliancy

Sur Mars, les robots ont pris le pouvoir 

Après Pluton, Mars pousse la perte de maîtrise un cran plus loin. Dans le récit interplanétaire de Cyril Troussier, les habitants ont délégué leurs activités aux robots, jusqu'à perdre leur esprit critique et leur jugement. “Perte d'essence, perte de maîtrise”, a résumé   le Global Account Manager. Cette satire trouve un écho dans l'essor de l'IA agentique. Un agent autorisé à consulter une messagerie, accéder à un fichier client ou modifier un dossier présente d’autres risques qu’un assistant chargé de rédiger un texte. La question porte sur les actions exécutées sans validation humaine. Invité de la keynote d’ouverture, Michel Tognini, ancien astronaute français, a décrit une autre répartition des rôles lors d'une question du public. À bord de la Station Spatiale Internationale (ISS), les bras robotisés exécutent des manœuvres complexes sous la supervision des équipages et des équipes au sol. “Beaucoup d'expériences sont faites de façon automatique, mais en parallèle avec l'humain”, a expliqué Michel Tognini. La machine intervient dans un cadre défini. Pour les entreprises, cette logique suppose de limiter les accès des agents IA et de prévoir leur interruption. “Dans le futur, on aura toujours un parallèle entre le robot et l'humain”, a-t-il estimé. L’astronaute a également évoqué un robot compagnon expérimental, développé en Allemagne, capable d’évoluer en apesanteur et de repérer certaines anomalies comportementales chez les voyageurs de l’espace. Une assistance automatisée, sans abandon de la supervision humaine. Pour les entreprises, cette distinction impose de définir les droits d’accès des agents IA et les conditions de leur interruption. 

Marine Piéton dénonce la conquête technologique au prix de la liberté

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La confiance se prépare avant le décollage 

Cette exigence de contrôle se retrouve dans les allées de Station F. Dans les espaces Galaxie, Cosmos et Comète, clients et équipes de Klee présentent solutions, workshops et retours d'expérience. Les conférences interrogent le retour sur investissement (ROI) de l'IA “au-delà du buzz” et l'existence d'un « plan B » souverain face aux dépendances du cloud et des logiciels. “Dans notre monde et dans notre métier, tout va très vite, trop vite”, a lancé Cyril Troussier en ouverture. À cette accélération, Michel Tognini oppose la préparation des missions spatiales. Lors de son vol à bord de Soyouz en 1992, rejoindre une station orbitale exigeait une précision extrême. L'ancien astronaute a décrit les simulations d'incidents et les procédures d'urgence répétées jusqu'à « 100 fois » avant le départ. Une discipline éloignée des démonstrations technologiques, mais familière aux responsables de systèmes critiques. “La confiance est un voyage sans destination”, a affirmé Michel Tognini. Dans une capsule spatiale, les astronautes ne découvrent pas la procédure d'urgence au moment où l'alarme retentit. 


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