L’IA accélère les cyberattaques et met les formations traditionnelles sous pression

Un rapport de SoSafe pointe l’utilisation croissante de l’intelligence artificielle par les attaquants et les limites des dispositifs de sensibilisation face à des menaces toujours plus personnalisées.

Publié et mis à jour le 29 septembre 2026
2 min.
L’IA accélère les cyberattaques et met les formations traditionnelles sous pression

L’intelligence artificielle modifie le rythme et les méthodes des cyberattaques. Selon le rapport « Les leaders de la cybersécurité en action » de SoSafe, issu des enseignements de son Signal Security Summit organisé à Paris auprès de 150 représentants de la cybersécurité, 76 % des responsables cyber français constatent une utilisation active d’outils d’IA par les attaquants. Le vishing, ou hameçonnage vocal, représenterait désormais 80 % des attaques observées. L’automatisation permet également d’exploiter les informations disponibles en ligne pour personnaliser les offensives : le scraping de LinkedIn peut par exemple servir à cibler de nouveaux salariés dès leur arrivée dans l’entreprise. SoSafe estime par ailleurs que le délai nécessaire pour produire un code exploitant une faille non corrigée est passé de plusieurs mois à quelques jours. En interne, les entreprises doivent également composer avec le « shadow AI » : plus de 90 % des professionnels reconnaissent désormais utiliser l’IA au travail, contre 10 % deux ans auparavant, avec des usages qui peuvent échapper au contrôle des équipes informatiques.  

37 % des responsables informatiques ne mesurent pas l’efficacité de leurs formations 

Face à cette accélération, les méthodes traditionnelles de sensibilisation montrent leurs limites. Lorsqu’une même simulation de phishing est envoyée à l’ensemble d’une organisation, SoSafe estime qu’elle peut être éventée en moins de 48 heures, les premiers collaborateurs exposés prévenant les autres. 37 % des responsables informatiques déclarent par ailleurs ne disposer d’aucun retour fiable sur l’efficacité réelle de leurs programmes de formation, tandis que 85 % des DSI jugent les directives réglementaires trop complexes à diffuser en interne. Le rapport préconise donc de mesurer davantage les comportements réels, notamment le taux de signalement des messages suspects, plutôt que le seul taux de complétion des formations. Chez STIME, plus de 1 000 mails sont ainsi signalés chaque mois après la mise en place d’un dispositif reposant sur un geste de signalement simple et un retour systématique aux collaborateurs. SoSafe recommande également de remplacer les programmes annuels statiques par des séquences courtes et contextualisées, adaptées aux menaces effectivement rencontrées par chaque organisation.  

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