[Edito] A bon entendeur…

Dans les grandes écoles, des voix contraires se sont élevées ces derniers jours ! Le déclencheur ? La vidéo virale des « ingénieurs qui bifurquent » d'AgroParisTech

Publié et mis à jour le 20 mai 20222 min de lecture
[Edito] A bon entendeur…

Dans les grandes écoles, des voix contraires se sont élevées ces derniers jours ! Le déclencheur ? La vidéo virale des « ingénieurs qui bifurquent » d'AgroParisTech, dans laquelle ils appellent leurs camarades à déserter l’agro-industrie. Mise en ligne sur Youtube le 10 mai, elle cumule à ce jour plus de 800 000 vues… D’autres futures élites (Polytechnique, ENS…) ont suivi, appelant notamment à ce que la pratique scientifique s'aligne sur les enjeux impérieux de ce siècle. « Nous ne nous considérons pas comme les talents d’une planète soutenable », déclarent-ils. Et de réclamer une recherche plus impliquée, davantage connectée à la société.

Cette révolte n’est pas passée inaperçue : « Dans toutes les grandes écoles et universités, il y a quelque chose qui est en train de se passer », analyse sur Twitter le climatologue et membre du Giec François Gemenne, quand Pierre Charbonnier, chercheur au CNRS, y voit le signe d’une « transformation sociale profonde et bienvenue ».

Laurent Buisson, directeur d'AgroParisTech, a lui aussi réagi dans les colonnes des Echos : « Le devoir d'une école est de s'adapter aux besoins et aux attentes. […] Nous mettons actuellement en place un comité d'analyse prospective consacré aux agricultures, dont le but est justement de faire évoluer nos formations. » Les résultats sont attendus dans un an.

Si certains étudiants veulent travailler au « bien commun », ils rejoignent là le désir de bon nombre de salariés, qui n’hésitent plus à quitter leur entreprise s’ils ne partagent pas les mêmes valeurs. Pour preuve, dans une récente étude de Mercer, « 96 % des employés attendent de leur employeur qu'il mène un programme de développement durable qui concilie les résultats financiers et les questions sociales, la diversité/équité et l'impact environnemental »…

Alors, faut-il changer le système de l’intérieur, en poussant les écoles à revoir leurs programmes pédagogiques ou les entreprises à évoluer et s’engager différemment ; ou se battre une fois seulement sorti d’un système ? A chacun ses choix et son combat que l’on doit surtout chercher à comprendre !

Cet édito est issu de notre newsletter de la semaine du 16 au 20 mai 2022.
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