En 2019, Open compte relever le défi RH des ESN

Le groupe Open, ESN française dirigée par Guy Mamou-Mani et Frédéric Sebag présentait le 28 mars ses résultats annuels 2018. Malgré une activité satisfaisante, l’entreprise est aujourd’hui confrontée à un « plateau » dans sa croissance, cause directe de la bataille acharnée pour les compétences qui se joue sur le marché. Un défi qu’elle compte relever en 2019 pour reprendre sa croissance en 2020.

Publié et mis à jour le 29 mars 20195 min de lecture
En 2019, Open compte relever le défi RH des ESN

Le groupe Open, ESN française dirigée par Guy Mamou-Mani et Frédéric Sebag présentait le 28 mars ses résultats annuels 2018.

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Le groupe Open, ESN française dirigée par Guy Mamou-Mani et Frédéric Sebag présentait le 28 mars ses résultats annuels 2018.[/caption]

Quel est le plus grand défi pour les entreprises en 2019 ? Sans doute s’assurer qu’elles disposent des talents adéquats pour mener leur transformation face à l’accélération numérique. Et les entreprises de services numériques (ESN), dont la vocation est d’accompagner le reste de l’économie dans ces changements, ne sont pas plus que d’autres épargnées par la problématique.

Ressassée depuis plusieurs années, les enjeux de « pénurie de compétences » font voir aujourd’hui des impacts particulièrement concrets. En France, le groupe Open en fait les frais, comme ses dirigeants Frédéric Sebag et Guy Mamou-Mani l’ont reconnu lors de la présentation des résultats annuels 2018 de leur entreprise.

Déficit de talents : pour la première et la dernière fois ?

« Nous faisons face à un retard sur les objectifs stratégiques, notamment à cause du fait que le marché de ressources est extrêmement tendu » a ainsi exposé Frédéric Sebag aux journalistes et spécialistes financiers réunis à l’OpenMindKfé, dans le 8e arrondissement de Paris, pour l’occasion. Le co-président a décrit un effet ciseau : « Les ressources sont plus rares, on le sait, mais les changements technologiques rapides font également qu’une mutation importante des ressources déjà acquises ces dernières années est obligatoire ».

La situation se chiffre clairement : pour la première fois de son histoire, Open a perdu plus de collaborateur (1020) qu’elle n’en a gagné (1000). Le tout sur fond de taux turn-over dans la moyenne haute de son activité (26%). « C’est la première fois de notre histoire que cela nous arrive. Nous allons faire en sorte que cela soit aussi la dernière » a glissé Frédéric Sebag.

Confiants sur le dispositif de production « excellent et français » du groupe, et sur la transversalité d’une offre qui couvre tout le spectre de la transformation numérique par le biais de multiples agences et produits, les co-présidents mettent donc l’accent en 2019 « année de stabilisation » sur le défi RH. « Les enjeux d’Open ne sont pas business, c’est un challenge de recrutement et de rétention des collaborateurs » a résumé Guy Mamou-Mani.

Concrètement, l’ESN a quelques mois pour montrer la pleine efficacité de sa nouvelle politique RH, construite autour de 4 piliers : « Recruter & Intégrer » pour développer l’attractivité de sa marque employeur, « Développer le capital humain » pour renforcer l’employabilité et l’engagement de ses collaborateurs, « Digitaliser les processus RH » afin d’être au niveau d’expérience collaborateur que l’entreprise dit à ses clients de construire, et « Mieux vivre chez Open » sur sa qualité d’employeur.

Les réseaux sociaux, les évènements et les « squads » en renfort

« Nous sommes maintenant une marque reconnue et innovante, les ingénieurs d’Open sont donc extrêmement courtisés à la fois par nos concurrents et par nos clients qui mènent des transformations de fond » a complété Frédéric Sebag. Le groupe compte générer plus de candidatures par un usage beaucoup plus intensif des réseaux sociaux pour son sourcing, la démultiplication des évènements et points de contact dédiés au recrutement et le renforcement de sa communication en termes de marque employeur. En parallèle, Open va développer ses « squads » thématiques pour fédérer ses collaborateurs autour de pratiques et de technologies émergentes. De quoi alimenter la soif de nouveautés de ceux-ci, tout en permettant la transformation obligatoire des compétences. Pour l’heure, le groupe a mis en œuvre trois squads : « New Dev », « Ops » et « Mobile », liées à ses Practices « Agilité », « Testing » et « AMOA ». Une squad supplémentaire consacrée à la « Data » est en cours de formation.

Les patrons du CAC40 ne parlent plus que de transformation numérique

Dans ce contexte, l’ESN française prévoit une année en deux temps. Le premier semestre sera celui du rétablissement, après le ralentissement marqué du 2e semestre 2018, avant une reprise de l’accélération pour la seconde partie de l’année 2019. Des perspectives patientes qui n’ont pas enjoué les investisseurs : peu avant la présentation des résultats, l’action du groupe perdait en effet 7% à 15,8 euros. « Je vais être honnête, on est en train de passer un palier, mais l’objectif est bien de revenir à notre discipline de croissance et à nos 6-7% de croissance organique. Les résultats sont bons et la sanction sur nos cours parait démesurée vu les performances » a déploré Guy Mamou-Mani, avant d’ajouter un « No comment » sur la perte sèche survenue dans la matinée.

L’ancien président de Syntec Numérique a replacé les enjeux dans un contexte plus global : « La transformation digitale des entreprises a donné une toute autre dimension au marché. Les patrons du CAC40 ne parlent plus que de cela. Ils sont aujourd’hui plus préoccupés par des investissements dans ces transformations d’avenir que par le contexte macro-économique complexe. Cela entretient les perspectives fortes pour demain, car si certains pensent qu’ils ont déjà fait le plus dur, la réalité c’est que nous ne sommes qu’au tout début de ces changements ».

Open est donc prête à prendre un second souffle, confortée par de premiers résultats du côté de la bataille des compétences. Depuis le début 2019, 50 collaborateurs de plus sont présents sur le terrain, tous en interne, car la réglementation continue de se durcir en matière de sous-traitance pour les ESN. Et le groupe entend montrer une plus grande discipline que ses camarades sur le sujet, fort de son focus assumé sur le territoire français.

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