EuroLLM, un modèle de langage européen conforme aux exigences de l’Union

Développé dans les laboratoires de l’Université Paris-Saclay, le modèle de langage (LLM) issu du projet européen EuroLLM, serait capable de rivaliser avec les modèles internationaux et permettrait à l’Union européenne de disposer d’une IA respectueuse de ses valeurs et conforme à ses réglementations.

Publié et mis à jour le 26 décembre 2024
2 min.
EuroLLM, un modèle de langage européen conforme aux exigences de l’Union

Pour les chercheurs à l’origine de son développement, EuroLLM, dans sa dernière version 9B, est sans nul doute le modèle de langage le plus avancé de sa catégorie sur le Vieux continent. Conçu par le laboratoire MICS de l’université Paris-Saclay, et avec la participation de nombreuses universités européennes, le projet collaboratif marque une grande étape dans l’objectif de souveraineté des Etats membres en matière d’IA Générative. Entraîné uniquement avec des données publiques, pour garantir la reproductibilité des résultats, EuroLLM-9B est disponible en open source mais aussi en open weight, où seuls les paramètres ou les poids pré-entraînés du modèle de réseau neuronal sont rendus publics. Pour le Dr Pierre Colombo, expert international en LLMs et membre de l’équipe de recherche, “ce modèle de langage multilingue rivalise avec les approches internationales les plus performantes.”

Un modèle multimodal européen à venir

Mais, surtout, la transparence des modèles étant une valeur chère à l’UE, l’équipe de recherche publiera prochainement un nouveau rapport technique qui détaillera les choix de données, les configurations de modélisation, ainsi que les orientations futures pour le développement d’une nouvelle génération de modèles linguistiques européens. Dans les faits, le LLM a été entraîné sur les 24 langues officielles de l’Union européenne ainsi qu’un ensemble de 11 autres langues stratégiques et commercialement importantes, parmi lesquelles l’arabe, le catalan, le chinois, le galicien, l'hindi, le japonais, le coréen, le norvégien, le russe, le turc et l’ukrainien. Les résultats sont particulièrement remarquables en traduction multilingue, où EuroLLM-9B surpasse des modèles de référence tels que Gemma-2-9B–IT ou Aya-expanse-8B. Le projet de recherche, qui a pour but de réduire la dépendance à des modèles principalement centrés sur l’anglais, s’est vu attribuer une bourse pour le développer davantage. Le consortium de supercalculateurs EuroHPC a alloué 5 millions d’euros au projet afin de créer un modèle multimodal européen d'intelligence artificielle.

Autres articles

La dépendance numérique se fabrique aussi dans les organigrammes

Chronique

La dépendance numérique se fabrique aussi dans les organigrammes

On parle d’infrastructures et de contrats quand on évoque la dépendance numérique. On parle moins des compétences qui permettent de les évaluer, de les challenger et, le cas échéant, d’en sortir. Or une organisation perd sa maîtrise numérique lorsqu’elle perd les personnes capables de juger ses choix.

La Cour des comptes pousse les ministères vers le libre

Bureautique de l’État

La Cour des comptes pousse les ministères vers le libre

L’État a dépensé 100 M€ en 2025 pour sa bureautique, dont 80 % des licences chez Microsoft. La Cour des comptes réclame une bascule vers le libre en mode cloud d’ici trois à quatre ans.

Quand la donnée commerciale devient un enjeu de leadership pour le CDO

Défi d’un nouveau monde

Quand la donnée commerciale devient un enjeu de leadership pour le CDO

Le leadership du chief data officer se joue-t-il encore dans la construction des fondations data, ou dans sa capacité à transformer la donnée en levier de création de valeur pour l’IA ?

Cybersécurité et souveraineté : le grand écart des entreprises européennes

Etude

Cybersécurité et souveraineté : le grand écart des entreprises européennes 

Une enquête de Kerys Software révèle un paradoxe : si la souveraineté technologique figure parmi leurs priorités, 81 % des entreprises interrogées s’appuient sur des solutions non européennes. 

"L’enjeu principal de la deeptech est plutôt la liquidité du marché"

Interview

"L’enjeu principal de la deeptech est plutôt la liquidité du marché"

Kat Borlongan, membre du board de l’European Innovation Council (EIC) au sein de la Commission européenne, décrypte les difficultés des startups deeptech en Europe, et les signaux positifs.


Préférences de consentement