Fintech : les levées de fonds en recul en France, malgré un marché des rachats dynamique

En 2025, les financements des fintech françaises ont nettement ralenti, tandis que les opérations de fusions-acquisitions se sont multipliées, selon l’Observatoire de la fintech.

Publié et mis à jour le 17 décembre 2025
2 min.
Fintech : les levées de fonds en recul en France, malgré un marché des rachats dynamique

Les levées de fonds des start-up françaises dédiées aux services financiers ont reculé de 22% sur un an en 2025, malgré un très bon premier trimestre, constate mardi l'Observatoire de la fintech, mais le marché des fusions et acquisitions a été très actif. L'Observatoire de la Fintech - qui travaille avec KPMG, eToro et Mastercard - a recensé 73 opérations depuis le début de l'année (-28%), avec 1,1 milliard d'euros levés, contre 1,3 milliard en 2024. Au premier semestre, les levées de fonds ont augmenté de 32% sur un an, avec notamment l'introduction en Bourse en janvier de la start-up française Younited, spécialisée dans les crédits à la consommation, qui a réalisé la plus grande opération cette année en levant près de 153 millions d'euros. Au second semestre, les levées de fonds ont cependant chuté de 67%.

Un repli des financements compensé par une vague de consolidations

L'environnement incertain a pesé sur les investisseurs. "Même si ce n'est pas ça qui leur permet d'appuyer ou non sur le bouton, ça crée un climat", explique Mikaël Ptachek, président de l'Observatoire de la Fintech, à l'AFP. Ensuite, "on a des secteurs dans la fintech qui vont bien et qui n'ont plus tellement besoin de levée de fonds. Par exemple, le secteur des néobanques va bien", a-t-il ajouté. Le net resserrement des conditions de financement est également dû au déplacement de l'attention des investisseurs vers les acteurs de l'IA, ainsi qu'à une vigilance accrue sur les valorisations, souligne l'observatoire. Parallèlement, l'appétit des acteurs traditionnels pour l'innovation financière s'est traduit par un volume élevé d'opérations de fusions-acquisitions, 42 sur l'année, notamment le rachat de Shine par Cegid, "première acquisition de cette envergure dans l'histoire des fintech françaises", selon le texte. L'éditeur de logiciels de gestion Cegid a annoncé fin novembre son intention d'acquérir Shine, licorne européenne proposant des logiciels aux petites entreprises, née de la fusion du groupe danois Ageras avec une fintech cédée par la Société Générale. Sur le plan sectoriel, des métiers moins en vue par le passé, comme l'investissement, s'imposent en 2025 parmi les premières catégories financées. Ils sont suivis par les activités BtoB — finance embarquée, services et cybersécurité — puis par le financement et l'assurtech. Quatorze fintech ont mis la clé sous la porte depuis janvier, constatent enfin les auteurs de l'étude. Mais aucune n'avait levé plus de 20 millions d'euros.

Autres articles

La dépendance numérique se fabrique aussi dans les organigrammes

Chronique

La dépendance numérique se fabrique aussi dans les organigrammes

On parle d’infrastructures et de contrats quand on évoque la dépendance numérique. On parle moins des compétences qui permettent de les évaluer, de les challenger et, le cas échéant, d’en sortir. Or une organisation perd sa maîtrise numérique lorsqu’elle perd les personnes capables de juger ses choix.

La Cour des comptes pousse les ministères vers le libre

Bureautique de l’État

La Cour des comptes pousse les ministères vers le libre

L’État a dépensé 100 M€ en 2025 pour sa bureautique, dont 80 % des licences chez Microsoft. La Cour des comptes réclame une bascule vers le libre en mode cloud d’ici trois à quatre ans.

Quand la donnée commerciale devient un enjeu de leadership pour le CDO

Défi d’un nouveau monde

Quand la donnée commerciale devient un enjeu de leadership pour le CDO

Le leadership du chief data officer se joue-t-il encore dans la construction des fondations data, ou dans sa capacité à transformer la donnée en levier de création de valeur pour l’IA ?

Cybersécurité et souveraineté : le grand écart des entreprises européennes

Etude

Cybersécurité et souveraineté : le grand écart des entreprises européennes 

Une enquête de Kerys Software révèle un paradoxe : si la souveraineté technologique figure parmi leurs priorités, 81 % des entreprises interrogées s’appuient sur des solutions non européennes. 

"L’enjeu principal de la deeptech est plutôt la liquidité du marché"

Interview

"L’enjeu principal de la deeptech est plutôt la liquidité du marché"

Kat Borlongan, membre du board de l’European Innovation Council (EIC) au sein de la Commission européenne, décrypte les difficultés des startups deeptech en Europe, et les signaux positifs.


Préférences de consentement