IA générative en entreprise : la CFE-CGC réclame un encadrement

Deux ans après son lancement, ChatGPT, l’intelligence artificielle développée par OpenAI, a profondément transformé les usages en entreprise. Face à son adoption massive, des défis importants ont émergé. Nicolas Blanc, secrétaire national CFE-CGC à la transition économique, appelle à un encadrement pour garantir un usage responsable et sécurisé.

Publié et mis à jour le 19 décembre 2024
2 min.
IA générative en entreprise : la CFE-CGC réclame un encadrement

Lancé en novembre 2022, ChatGPT a séduit 100 millions d’utilisateurs en à peine deux mois. Ce succès témoigne de l’impact des modèles de langage comme GPT-3.5, capables de comprendre et générer du texte de manière quasi-humaine. En milieu professionnel, ses usages sont variés : rédaction de contenus, génération de mails ou simplification de tâches. Avec l’arrivée prochaine de Microsoft Copilot, qui intégrera une IA générative dans la suite Office, ces outils deviendront encore plus présents dans le quotidien des salariés. Cependant, cette évolution pose des questions majeures, notamment autour de la sécurité des données et de la confidentialité. De nombreux salariés utilisent ChatGPT sans en informer leur hiérarchie, un phénomène baptisé "Shadow AI", nouveau membre de la famille du Shadow IT qui englobe ces pratiques, souvent réalisées sur des appareils personnels et quiéchappent au contrôle des directions informatiques. « Cela pose des risques importants », alerte Nicolas Blanc. « Les données sensibles pourraient être exposées ou détournées, et des failles de sécurité introduites dans les systèmes d’information. » Et ce ne sont pas les exemples qui manquent. Certaines grandes entreprises, comme Microsoft et Amazon, ont d’ailleursdéjà interdit l’utilisation de ces outils pour des raisons de sécurité et de confidentialité.

Le risque du Shadow AI

Pour limiter ces risques, Nicolas Blanc préconise plutôt un dialogue entre entreprises et représentants du personnel avec, par exemple, la mise en place d’une charte d’utilisation. Cela permettrait de définir des règles claires, accompagnées d’une sensibilisation et d’une formation des salariés. « L’idée n’est pas d’interdire ces outils, mais d’en accompagner l’utilisation », précise-t-il. Certaines entreprises vont plus loin, en déployant leurs propres outils d’IA sécurisés pour éviter les usages non contrôlés. L’IA générative peut également être un atout pour les syndicats, qu’il s’agisse de rédiger des tracts ou de préparer des réunions. Toutefois, la vigilance reste de mise pour garantir la confidentialité des données manipulées. Avec des outils pédagogiques et un réseau de référents IA, la CFE-CGC s’engage à accompagner ses adhérents face à ces transformations. L’IA, bien encadrée, peut clairement devenir un levier d’innovation pour les organisations et leurs collaborateurs.

Autres articles

La dépendance numérique se fabrique aussi dans les organigrammes

Chronique

La dépendance numérique se fabrique aussi dans les organigrammes

On parle d’infrastructures et de contrats quand on évoque la dépendance numérique. On parle moins des compétences qui permettent de les évaluer, de les challenger et, le cas échéant, d’en sortir. Or une organisation perd sa maîtrise numérique lorsqu’elle perd les personnes capables de juger ses choix.

La Cour des comptes pousse les ministères vers le libre

Bureautique de l’État

La Cour des comptes pousse les ministères vers le libre

L’État a dépensé 100 M€ en 2025 pour sa bureautique, dont 80 % des licences chez Microsoft. La Cour des comptes réclame une bascule vers le libre en mode cloud d’ici trois à quatre ans.

Quand la donnée commerciale devient un enjeu de leadership pour le CDO

Défi d’un nouveau monde

Quand la donnée commerciale devient un enjeu de leadership pour le CDO

Le leadership du chief data officer se joue-t-il encore dans la construction des fondations data, ou dans sa capacité à transformer la donnée en levier de création de valeur pour l’IA ?

Cybersécurité et souveraineté : le grand écart des entreprises européennes

Etude

Cybersécurité et souveraineté : le grand écart des entreprises européennes 

Une enquête de Kerys Software révèle un paradoxe : si la souveraineté technologique figure parmi leurs priorités, 81 % des entreprises interrogées s’appuient sur des solutions non européennes. 

"L’enjeu principal de la deeptech est plutôt la liquidité du marché"

Interview

"L’enjeu principal de la deeptech est plutôt la liquidité du marché"

Kat Borlongan, membre du board de l’European Innovation Council (EIC) au sein de la Commission européenne, décrypte les difficultés des startups deeptech en Europe, et les signaux positifs.


Préférences de consentement