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Souveraineté numérique : rééquilibrer sans fermer le marché européen 

Au FIC, Alliancy a interrogé le vice-amiral Arnaud Coustillère après sa tribune sur la radicalisation des rapports numériques entre l’Europe et les États-Unis. 

Publié et mis à jour le 2 avril 2026
2 min.
Souveraineté numérique : rééquilibrer sans fermer le marché européen 
Stéphane Bellec / Alliancy

La Tribune que vous avez publiée évoque un déséquilibre croissant. Comment caractériser aujourd’hui le marché européen ?  

Arnaud Coustillère : La société européenne et l’économie européenne sont aujourd’hui totalement ouvertes, avec des appels d’offres accessibles à toutes les entreprises du monde. Il n’existe quasiment aucune clause permettant de privilégier des acteurs européens, sauf dans certains contrats de défense classifiés. Nous sommes donc très loin de logiques de marchés captifs comme on peut en voir ailleurs.  

Faut-il aller vers davantage de protectionnisme ?  

Il ne s’agit pas de fermer le marché, mais de le rééquilibrer. L’enjeu est de créer, sur certains domaines identifiés, un marché intérieur européen qui permette aux entreprises de disposer d’un socle pour développer leurs capacités, gagner en performance et devenir compétitives à l’international.  

Quels sont les domaines prioritaires à protéger ?  

Les premières données à protéger sont celles des citoyens européens, notamment celles confiées aux États (fiscalité, santé, etc.). Viennent ensuite les organisations d’importance vitale, c’est-à-dire les secteurs essentiels au fonctionnement de la nation comme le transport ou le secteur bancaire. Dans ces cas-là, recourir à des opérateurs européens relève du bon sens.  

Comment les entreprises doivent-elles arbitrer entre performance et souveraineté ?  

Tout dépend des secteurs. L’objectif est de concilier le meilleur de la performance technologique et le meilleur de la souveraineté là où c’est nécessaire. Dans certains domaines très concurrentiels, les entreprises européennes doivent se battre avec les mêmes outils que les autres acteurs mondiaux.  

Quel rôle joue l’accès au marché dans cette stratégie ?   

Les entreprises ont avant tout besoin de marchés pour se développer. Leur permettre d’accéder plus facilement à certains marchés européens est essentiel pour leur croissance et leur capacité à rivaliser à l’international.  

Le cloud et l’IA sont-ils des cas particuliers ?   

Oui, car ces technologies reposent souvent sur des partenaires extérieurs. Dans certains cas, il est nécessaire de privilégier des infrastructures européennes. Les initiatives de “cloud de confiance”, où des acteurs américains opèrent sous des cadres européens, permettent de retrouver une part de souveraineté. 

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