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Face à la complexité de son stockage, Groupama mise sur l’automatisation 

Groupama prévoit de déployer à partir de septembre les nouvelles fonctions d’automatisation et d’assistance opérationnelle de Scality pour simplifier l’administration de son infrastructure de stockage objet critique. 

Publié et mis à jour le 18 mai 2026
4 min.
Face à la complexité de son stockage, Groupama mise sur l’automatisation 

Fort de 12 millions de sociétaires et clients et de près de 32 000 collaborateurs, le groupe Groupama opère des infrastructures de données critiques à très grande échelle. L’assureur mutualiste cherche aujourd’hui à réduire la complexité de l’exploitation de son stockage objet, utilisé pour la gestion électronique de documents, l’archivage légal et certaines briques de son cloud interne. Groupama utilise la plateforme de stockage objet Ring de Scality depuis 2019 pour plusieurs usages critiques du groupe. L’infrastructure héberge aujourd’hui environ un pétaoctet de données et près de 1,2 milliard d’objets, principalement pour la gestion électronique de documents (GED), l’archivage légal et certaines briques du cloud interne de l’entreprise. « La solution répond techniquement clairement à notre besoin. Je la décrirai comme vraiment souple, scalable, performante et surtout hautement résiliente », explique Manuel Paviotti, Manager IT stockage et sauvegarde chez Groupama - G2S. Le responsable insiste sur la criticité des applications hébergées sur la plateforme, certaines étant directement utilisées dans les activités d’assistance du groupe. « Quand le téléphone sonne pour un rapatriement, si le contact Groupama au bout du fil ne retrouve pas le contrat, on a tout de suite de la vie humaine en jeu », souligne-t-il. L’infrastructure est pilotée par une équipe d’une dizaine d’experts spécialisés dans le stockage et la sauvegarde, chargés de gérer les environnements bloc, fichier et objet du groupe ainsi que leur trajectoire technologique. 

Réduire la complexité du maintien en condition opérationnelle 

Le retour d’expérience présenté par Groupama met toutefois davantage l’accent sur les enjeux opérationnels que sur les performances techniques de la plateforme. Le principal point de friction identifié concerne le maintien en condition opérationnelle (MCO) de l’infrastructure. « Quand on veut ajouter des disques, ajouter de la RAM, monter des versions de drivers, de l’OS ou du Ring, il fallait vraiment être expert. Les procédures étaient longues, compliquées et douloureuses à suivre pour mes équipes », explique Manuel Paviotti. C’est précisément sur ce terrain que Scality positionne désormais sa nouvelle plateforme ADI (Autonomous Data Infrastructure), officiellement lancée ce 12 mai. La solution introduit notamment Guardian, un agent IA destiné à assister les équipes d’exploitation dans les opérations d’administration, de maintenance et de supervision de l’infrastructure. Contrairement aux usages d’IA générative actuellement mis en avant dans de nombreux projets IT, l’objectif ici est surtout d’automatiser certaines tâches d’exploitation tout en conservant une validation humaine des opérations. « Guardian remonte les informations et recommande des actions, mais les administrateurs approuvent et contrôlent chaque décision », précise ainsi Scality dans sa présentation produit. Chez Groupama, les gains attendus concernent principalement l’autonomie des équipes d’exploitation non spécialisées. « Le fait d’avoir un garde-fou va leur permettre de ne plus solliciter mon équipe et donc de nous faire gagner du temps pour des tâches à plus forte valeur ajoutée », indique Manuel Paviotti. Le responsable précise également que Groupama n’utilise pas aujourd’hui la plateforme pour des usages liés à l’IA métier. « On n’a pas aujourd’hui de cas d’usage d’intelligence artificielle chez Groupama sur Scality », explique-t-il. « Pour nous, ce qui est important, c’est surtout la partie qui va nous faciliter la vie sur le maintien en condition opérationnelle de la plateforme. » 

Un cloud interne orienté Kubernetes et stockage objet 

Au-delà de la GED et de l’archivage, Groupama prépare également l’évolution de son cloud interne vers davantage de services objet en libre-service pour les entités du groupe. Jusqu’ici principalement orientée stockage fichier, cette offre doit progressivement intégrer des usages compatibles avec les architectures cloud-native et Kubernetes. « On est en train de construire une nouvelle offre cloud interne pour pouvoir offrir des objets directement en self-service, comme un Amazon, un Azure ou un Google aux entités du groupe », explique Manuel Paviotti. « Le cloud est complètement conteneurisé chez nous. » Scality ADI doit également permettre de gérer plusieurs classes de stockage au sein d’un même environnement, entre SSD, disques durs, bande et cloud, avec des mécanismes automatisés de gestion du cycle de vie des données. Le déploiement des nouvelles briques de Scality est envisagé à partir de septembre par Groupama, sous réserve de disponibilité des serveurs nécessaires à l’infrastructure. Le responsable évoque notamment des tensions persistantes sur certains composants matériels et les délais d’approvisionnement associés. 

Un contexte de souveraineté devenu plus stratégique 

Créé en 2009, Scality s’est spécialisé dans le stockage objet distribué et les infrastructures de données à grande échelle. L’éditeur français cible notamment les besoins de cloud privé, d’archivage massif et de cyber-résilience. Chez Groupama, le choix de Scality remonte à 2019. À l’époque, la souveraineté n’était pas encore un critère central dans les arbitrages technologiques du groupe. « On a d’abord choisi Scality parce que c’était la meilleure techno au meilleur prix pour nos cas d’usage », rappelle Manuel Paviotti. « Le fait qu’ils soient français était un plus. » Le contexte a toutefois évolué ces dernières années, notamment autour des enjeux de maîtrise des données et de dépendance aux clouds publics. « Aujourd’hui, le fait d’avoir une solution française pour notre cloud privé est un vrai atout pour pouvoir y poser nos données de la manière la plus sage », estime le responsable. 

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