Le chief data officer pilier de la stratégie data driven

La demande de données des métiers progresse rapidement. Pour développer leurs initiatives data driven, les organisations font du CDO un rouage central. Des freins demeurent néanmoins.

Publié et mis à jour le 24 août 2021
4 min.
Le chief data officer pilier de la stratégie data driven

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Le chief data officer est-il, à l’image du chief digital officer, un métier de transition, voué à terme à disparaître ? Ce n’est certainement pas d’actualité. Le niveau de maturité des entreprises sur la Data nécessite toujours de disposer de tels profils.

Mais encore faut-il bien définir le périmètre des missions du CDO. Les « organisations qui disposent d'un chief data officer le chargent souvent principalement de rassembler, de stocker et de sécuriser les données », observe Andrew White de Gartner.



Le CDO pour installer une culture axée sur les données

« Mais si vous voulez une culture axée sur les données, où les données et l'analytique déterminent la façon dont vous excellez dans la prise de décision, vous avez besoin d'un CDO », prévient-il. Selon une étude d’Immunta et 451Research, la question du leadership est bien critique pour réussir sa transformation Data.

Le rapport estime ainsi que le poste de CDO s’affirme de plus en plus « comme un point d'ancrage stratégique » pour permettre la conduite d’efforts coordonnés au sein de l’entreprise. Et en la matière, les grands groupes sont comme souvent les mieux dotés.

Ils sont 71% à disposer d’un chief data officer parmi ceux de plus de 10.000 salariés (contre 56% pour ceux de 1000 à 4999 employés). Dans une étude de 2020 de 451Research, la part des CDO en poste atteignait 41%.

Désormais, en moyenne, 60% des entreprises interrogées ont donc nommé un CDO. Et dans 50% des cas, celui-ci rapporte directement au PDG (30% au CTO et 17% au DSI). C’est le signe du caractère stratégique des projets liés aux données, mais aussi de leur transversalité. La Data n’est plus le sujet de quelques métiers seulement.

La qualité et la confiance priment sur le volume de données

Le rapport DataOps Dilemma constate une forte hausse du nombre de consommateurs de données au sein des organisations. 72% des répondants font état d’une augmentation constante. 73% estiment de plus qu’un plus grand nombre de consommateurs (y compris les machines) devront accéder aux données et les utiliser.

Pour soutenir cette dynamique, les données devront néanmoins répondre à des critères, en particulier de qualité. La ferveur des débuts du Big Data s’est éteinte. Les « organisations réalisent que le volume de données ne remplace pas l'intégrité et la pertinence des données », souligne l’étude.

De fait, 90% des répondants considèrent que la qualité et la confiance des données l’emporteront en importance sur le volume des données au cours des 24 prochains mois. Fournir des données de qualité à un nombre croissant d’utilisateurs pour des usages multiples n’est pas sans poser quelques challenges néanmoins.

Pour les auteurs du rapport, trois principaux défis sont à relever. Il s’agit d’abord de composer avec les restrictions imposées par la sécurité, la conformité et la gouvernance. 84% des entreprises pensent par exemple que les exigences en matière de confidentialité et de sécurité des données limiteront l'accès aux données.

Deuxième grand obstacle, la pénurie de compétences, un thème récurrent. Les programmes d’acculturation semblent cependant porter leurs fruits. Les outils gagnent en outre en facilité d’usage pour les métiers non techniques. Le frein des compétences tend par conséquent à se desserrer.

L’automatisation doit progresser : grâce au Cloud ?

Les organisations devraient donc pouvoir investir dans plus d’automatisation. C’est le 3e challenge majeur, tant au niveau de l’approvisionnement que de la consommation des données. Pour l’étude, les entreprises tardent encore à adopter les technologies d'automatisation des données disponibles.

Leur niveau de maturité en matière de DataOps reste ainsi souvent faible. Seuls 10% des entreprises se déclarent très avancées dans ce secteur et 31% disposent même d’une stratégie créatrice de valeur. En revanche, 42% ont défini une stratégie DataOps, sans qu’elle soit néanmoins pleinement opérationnelle. Enfin 17% en sont encore aux balbutiements.

Pour amorcer l’adoption du DataOps, le CDO joue manifestement un rôle moteur. Parmi les plus matures, 65% ont ainsi nommé un chief data officer. Mais « le CDO n'est ni un saint ni un sauveur », prévient toutefois l’étude. D’autres facteurs organisationnels interviennent. Par ailleurs, les structures hiérarchiques sur la Data sont multiples et aucune en particulier ne s’impose comme la pierre philosophale.

Sur le plan technologique, une tendance se démarque en revanche : le recours croissant au cloud. 76% des répondants prévoient d'utiliser le cloud pour leurs projets Data au cours des 24 prochains mois. Mais là aussi des obstacles seront à surmonter, avec des réticences exprimées quant à la sécurité du cloud, ou en raison de la régulation.

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