Les serres connectées, un mélange d’aquaponie et d’algorithme

[Chronique de Célia Garcia-Montero] Pour cette chronique de l’Odyssée connectée réalisée dans le cadre du Salon de l’agriculture, j’ai rencontré Mickaël Gandecki, l’un des trois fondateurs de la start-up alsacienne Myfood, qui conçoit des serres connectées.

Publié et mis à jour le 1 mars 20182 min de lecture
Les serres connectées, un mélange d’aquaponie et d’algorithme

Les serres connectées, un mélange d’aquaponie et d’algorithme

Pour cette chronique de l’Odyssée connectée réalisée dans le cadre du Salon de l’agriculture, j’ai rencontré Mickaël Gandecki, l’un des trois fondateurs de la start-up alsacienne Myfood, qui conçoit des serres connectées.

Par leurs baies vitrées lumineuses, leurs tours à salades verdoyantes et les clapotis de l’eau dans les bassins, les serres connectées ont attiré cette année encore de nombreux visiteurs lors du Salon de l’agriculture. « Il y a un réel engouement pour les serres connectées car les gens aujourd'hui veulent maîtriser et savoir ce qu'ils mangent », affirme Mickaël Gandecki, cofondateur de Myfood, en certifiant que les légumes biologiques cultivés sous ses serres présentent d’un point de vue nutritionnel plus de fibres et de protéines qu’en culture traditionnelle. La start-up assure par ailleurs à ses serres une autonomie énergétique avec l’installation de panneaux solaires.

La jeune pousse alsacienne, créée fin 2015, propose à ses clients – particuliers et entreprises – de produire près de 400 kg de végétaux par an par aquaponie verticale, et ce sans avoir la main verte. Une multitude de capteurs permettent de monitorer dans la serre, la température, le taux d’humidité ou le pH, le paramètre le plus important à surveiller dans les cultures hors-sol. « Nous avons au total 4 millions de points de mesure », souligne Mickaël Gandecki. Les données sont envoyées sur l’application par le biais d’une antenne Sigfox. L’utilisateur peut alors ouvrir les aérations, régler la température ou suivre son calendrier d’entretien depuis son tableau de bord numérique.

De l’intelligence artificielle permet également de prédire des modèles et d’anticiper la production. « Des algorithmes basé sur des réseaux de neurones observent le comportement de la serre et envoient des conseils en fonction. Il y a également de la reconnaissance d’images pour veiller à la santé des plantes », explique Mickaël Gandecki. En cas de présence d’algues par exemple, l’IA recommande au particulier de surveiller le recyclage de l’eau.

Myfood a installé à l’heure actuelle 74 serres dans sept pays. Ces serres proposeraient un rendement 18 fois plus élevé que la culture au sol. La start-up de 10 salariés, qui a réalisé une levée de fonds de 1,2 million d'euros en septembre dernier, prévoit d’industrialiser et d’exporter davantage ses serres en 2018 pour tripler son chiffre d’affaires, établi à 500 000 euros en 2017.

Avec l’essor des villes intelligentes, les concepts autour de l’agriculture urbaine se développent. De nombreux projets sont menés en Europe, notamment avec les fermes verticales de la start-up Infarm, ou, autre exemple, au Japon où la société Mirai a transformé une ancienne usine de semi-conducteurs appartenant à Sony en ferme verticale.

Les serres connectées, un mélange d’aquaponie et d’algorithme

Les serres connectées, un mélange d’aquaponie et d’algorithme

Autres articles

De la démonstration au déploiement : l'essor de l'IA physique

Chronique

De la démonstration au déploiement : l'essor de l'IA physique

L'IA physique sort du stade de la démonstration. La question n'est plus de savoir si les robots peuvent accomplir des prouesses, mais s'ils peuvent fonctionner de manière sûre, fiable et rentable au cœur d'opérations réelles.

Cybersécurité : Anthropic espère que son nouveau Claude Opus 5 sera moins problématique

Confiance numérique

Cybersécurité : Anthropic espère que son nouveau Claude Opus 5 sera moins problématique

Anthropic a mis en ligne vendredi un nouveau modèle d'intelligence artificielle (IA), Claude Opus 5, présenté comme moins susceptible de dérives et plus difficile à détourner pour des attaques informatiques.

Auzeville, VMware, Broadcom : vingt ans de choix qui ont verrouillé l’Éducation nationale

Chronique

Auzeville, VMware, Broadcom : vingt ans de choix qui ont verrouillé l’Éducation nationale

Fin 2023, Broadcom rachète VMware. En 2024, la restructuration unilatérale des licences frappe de plein fouet les grands comptes publics. Jacky Galicher revient sur son expérience au sein de l'Éducation nationale.

Dassault Systèmes actualise sa stratégie de décarbonation avec un objectif "zéro émission nette" d’ici 2050

Numérique responsable

Dassault Systèmes actualise sa stratégie de décarbonation avec un objectif "zéro émission nette" d’ici 2050 

L'éditeur de logiciel a obtenu la validation de la Science Based Targets initiative (SBTi) pour son nouvel objectif de neutralité carbone à horizon 25 ans. 

Numérique responsable : les livres clés pour s’inspirer et agir

Conseil lecture

Numérique responsable : les livres clés pour s’inspirer et agir

Pour l’été, nous vous proposons de lire (ou relire) une sélection d'essais, romans de science-fiction, ressources opérationnelles et réflexions philosophiques, consacrées aux défis du numérique responsable.


Préférences de consentement