Miimosa, nouvel acteur de la transition innovante

Le financement participatif au service de la transition agricole, alimentaire et énergétique, c’est à cela que s’attaque Miimosa, en s’alliant à de grands acteurs du secteur comme de la distribution.

Publié et mis à jour le 29 janvier 20195 min de lecture
Miimosa, nouvel acteur de la transition innovante

Miimosa, nouvel acteur de la transition innovante

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Grâce à l’agrément obtenu auprès de l’Autorité des Marchés financiers (AMF), Miimosa va permettre aux citoyens, comme aux personnes morales, d’investir dans les projets de transition qu’elle aura sélectionnés.[/caption]

Se transformer, se réinventer… Jamais l’agriculture et l’agroalimentaire n’ont ressenti cette urgence ! Pour autant, « face à la frilosité des banques », Miimosa, 1ère plateforme de financement participatif du secteur créée il y a quatre ans (dons avec contrepartie, prêts participatifs), lance Miimosa Transition, une plateforme de financement exclusivement dédiée aux projets de transition agricole, alimentaire et énergétique.

« Nourrir la planète sans détruire devient le souci de tous ! Ce qui nécessite de repenser l’agriculture et le modèle européen », explique d’entrée Florian Breton, fondateur de Miimosa. Claude Cochonneau, Président des Chambres d’agriculture insiste ensuite sur l’attrait de ces secteurs de plus en plus grand de la part de personnes non-spécialistes qu’il faut absolument entendre.

Aussi, leur idée est de permettre à chaque citoyen d’investir dans des projets de transition sélectionnés par Miimosa. « Il faut apporter des outils adaptés à ces nouveaux besoins pour de grosses structures françaises que sont les acteurs de l’agroalimentaire », poursuit-il. Qu’il s’agisse d’agro-écologie, d’agriculture biologique, d’agriculture de précision, de bientraitance animale, d’énergies renouvelables…

https://twitter.com/MiiMOSA_fr/status/1090161339467812864

Pour cela, Miimosa a demandé à l’AMF deux instruments de financement : le minibon ou prêt amortissable (50 000 euros à 1 million d’euros) pour des sociétés d’au moins 3 ans d’existence sur une durée de 5 ans ; et l’obligation simple (non convertible) toujours pour des projets de 50 000 à 1 million d’euros (pour soutenir un projet de méthanisation ou une exploitation en transition durant leurs 3-4 années de baisse de rendement…).

Des partenariats marquants pour le secteur et la finance participative

« La nouveauté est toutefois que les particuliers pourront y investir sans contrainte de montant. Ensuite, cet outil permettra à des personnes morales d’injecter également des liquidités dans ces projets », précise Florian Breton. Aussi, pour la première fois dans le monde, de grands acteurs de l’agroalimentaire s’engagent avec la plateforme pour soutenir Miimosa Transition.

« Ces nouveaux créanciers s’engagent à nos côtés pour financer ces projets. Ce sont de grands groupes comme Danone, Herta, D’Aucy, les Paysans de Rougeline et Carrefour ». Laurent Vallée, secrétaire général du groupe Carrefour, rappelle ainsi les transformations en cours dans le secteur et l’importance d’accompagner leurs fournisseurs en s’ouvrant. « C’est l’un des enjeux de notre plan de transformation, insiste-t-il. Il faut saisir des dynamiques nouvelles et être curieux. Il est donc naturel d’accompagner Miimosa et de s’engager auprès d’eux pour notre groupe. Il y a de nouvelles formes de collaboration qui se créent. Les modèles bougent et il faut évoluer ensemble, de façon plus collaborative et collective. »

« S’engager auprès de #miimosatransition c’est mettre en place une collaboration vertueuse, en agissant avec l’ensemble des acteurs, pour un futur plus durable. » @LaurentVallee, Secretaire général de @CarrefourFrance pic.twitter.com/P0ZzuT0rY2

— MiiMOSA (@MiiMOSA_fr) 29 janvier 2019

« Nus créons de fait un nouveau paradigme dans la chaîne agroalimentaire, complète Florian Breton. Notre force est une plateforme nationale sans découpage territorial, avec des vecteurs de communication positifs vis-à-vis des agriculteurs. »

Jean-Claude Orhan, vice-président du groupe D’Aucy, enchaîne : « Nous voulons faciliter le chemin de nos adhérents vers l’agriculture de demain. Nous voulons les orienter vers l’agro-écologie et de nouvelles pratiques de production. Avec Miimosa, nous partageons les mêmes valeurs. Le collaboratif est l’ADN du monde coopératif. Ensuite, Miimosa Transition facilitera la transformation de notre secteur, mais c’est aussi pour nous une communication positive vers nos concitoyens. Il faut créer ce lien social dont les citoyens sont demandeurs, avec une multitude de partenaires engagés. » Et de citer quelques exemples concrets en projet dans le groupe comme arrêter les poules en cage d’ici à 2022 ou encore aider à la transition des producteurs de légumes vers le bio. « Tout cela est nouveau, conclut-il, mais les agriculteurs sont très intéressés. Ils veulent de l’information. Il faut avoir des réponses et voir comment financer ces projets. C’est le début d’une nouvelle agriculture. »

[bctt tweet="3 % des projets en financement participatif en France sont en lien avec l’#agriculture et l’alimentation, avec un potentiel à près de 15 %. " username="Alliancy_lemag"]

« Les consommateurs sont de plus en plus à l’écoute de ce qui se passe en amont », analyse Laurence Enault, directrice R&D de Herta. D’où notre rapprochement avec Miimosa, dans la continuité de notre démarche filière préférence en cours lancée en 2012. « Avec eux, nous nous engageons à financer trois types de projets : dans l’énergie (biomasse, photovoltaïque…), dans les méthodes de production (agroforesterie, agro-écologie…), et le bien-être animal en élevage. On veut satisfaire nos consommateurs en répondant à leurs attentes. »

Bruno Vila, président les Paysans de Rougeline, conclut en rappelant l’importance d’apporter des solutions innovantes aux producteurs et aux éleveurs. « Miimosa Transition offre des prêts sans garantie, donc intéressants par rapport aux prêts bancaires. Ils apporteront 3-4-5 voire 10 % de financement à de nouveaux projets. C’est très important pour tous les acteurs. »

Les besoins sont en effet de plus en plus importants pour l’agriculture que l’Europe, l’Etat et les banques ne peuvent pas tous couvrir… Il est donc indispensable de créer ces relais de financement face à une volonté des citoyens en parallèle de se rapprocher des producteurs et de devenir acteurs de leur alimentation. Une tendance sociétale puissante qui impose ces changements.

Chiffres clés Miimosa

  • Leader européen du financement participatif sur l’agricole et l’alimentaire
  • 1700 projets (dons, prêts) accompagnés en 4 ans
  • 9 millions d’euros collectés
  • 100 000 membres actifs

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