Zébrys analyse encore plus vite les données

A l’heure où la donnée et son analyse deviennent cruciales pour les entreprises, la start-up toulousaine lancera ce printemps un logiciel d’analyse statistique de haute performance, beaucoup plus rapide que la concurrence, avant de s’envoler à l’international.

Publié et mis à jour le 11 janvier 2019
3 min.
Zébrys analyse encore plus vite les données

Encore hébergée à l’Enac pour quelques mois, la start-up toulousaine Zébrys compte embaucher six personnes en 2019.

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Encore hébergée à l’Enac pour quelques mois, la start-up toulousaine Zébrys compte embaucher six personnes en 2019.[/caption]

« Dès 2013, j’ai constaté que les logiciels métiers d’analyse statistique traitaient au maximum un gigaoctet de données quand, par ailleurs, les informaticiens travaillaient déjà à l’époque sur 50 téraoctets, soit un volume 50 000 fois plus grand. On pouvait donc faire mieux… », se rappelle Christophe Genolini, fondateur et président de Zébrys, docteur en informatique et master 2 en statistique, à l’époque maître de conférence à la fac de Toulouse.

Depuis les choses ont avancé : le logiciel d’analyse statistique de haute performance « R++ The Next Step » que la jeune pousse développe, sera lancé d’ici à trois mois, après une phase de test menée auprès de plusieurs centaines de bêta-testeurs, dont l’Inserm à Paris, l’Enac à Toulouse, de nombreux groupes industriels (Total, Airbus…) et sociétés de services (CG…). La start-up est aussi en contact avec Atos, qui le teste en ce moment, avant de voir à l’intégrer à son catalogue.

« Ce logiciel a deux caractéristiques, poursuit le dirigeant. Il peut aller jusqu’à 800 fois plus vite que la concurrence. On peut ainsi faire en deux minutes un calcul qui prend 26 heures avec un logiciel classique », précise Christophe Genolini, lancé dans l’entreprenariat il y a deux ans et demi. Notre solution est ensuite intégrée dans une Interface Homme Machine -IHM- brevetée extrêmement conviviale. Ce qui fait que des non-statisticiens peuvent faire des analyses très avancées. Ces non-experts peuvent être médecins, géographes, commerciaux, journalistes… Mais, cela permet aussi à un statisticien chevronné d’aller 4 fois plus vite qu’habituellement. »

Les vidéos « R++ en 1 minute », imaginées par le fondateur de Zébrys et accessibles sur les réseaux sociaux, ont été vues plus de 20 000 fois. Un record dans ce domaine.

Un exemple ? Grâce à un seul bouton sur un tableau Excel, le logiciel analyse l’information contenue et fait le graphe adapté en bas de chaque colonne… « Vous avez ainsi une représentation automatique de toutes vos colonnes ». La 1ère version du logiciel (accessible sur serveur ou dans le cloud) sera commercialisé dès ce printemps : « Elle n’ira pas encore 800 fois plus vite, mais cela viendra très vite ».

Une levée de fonds en perspective

Zébrys, qui emploie 12 collaborateurs (moyenne d’âge 30 ans), compte recruter six personnes supplémentaires cette année. « C’est très difficile de trouver des développeurs, car nous recherchons des profils ultra-spécialistes ». La start-up table cette année également sur un chiffre d’affaires de 800 000 euros et plus du double l’année suivante.

Pour l’instant, la société n’a fait aucune levée de fonds. « J’ai obtenu beaucoup de prêts et de subventions, précise-t-il, notamment de la région. La start-up fait aussi partie des trois premières entreprises hébergées dans l’incubateur de l’Enac, avec qui l’entrepreneur était déjà en contact. Pour autant, un déménagement est prévu cette année au vu de la croissance actuelle. « A 18, on ne tiendra plus dans nos locaux actuels. »

Cette année également, Christophe Genolini regarde à l’international et travaille avec deux étudiants pour une ouverture en Suisse en collaboration avec Business France, sachant que la banque, la finance et l’assurance font partie de ses cibles privilégiées, notamment pour de l’analyse de risques.

« En fonction de notre réussite sur ce marché, nous regarderons ensuite à une levée de fonds de 2 millions d’euros pour élargir notre marché en Europe et, surtout, aux Etats-Unis », conclut-il.

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