[50 ans Inria] Lamark et son tatouage numérique lèvent 500 000 euros

Créée par quatre chercheurs d’Inria Rennes, la start-up rennaise Lamark, qui propose un service de protection d'images en ligne, vient de lever 500 000 euros auprès d’EDD, un spécialiste de la veille-médias.

Publié et mis à jour le 6 juillet 2017
3 min.
[50 ans Inria] Lamark et son tatouage numérique lèvent 500 000 euros

Inria , lamark son tatouage numérique

[caption id="attachment_45215" align="alignleft" width="355"]

lamark_Lamark et son tatouage numérique

lamark_Lamark et son tatouage numérique

Mathieu Desoubeaux, Jonathan Delhumeau, Vivien Chappelier et Teddy Furon © Lamark[/caption]

Mathieu Desoubeaux, Jonathan Delhumeau, Vivien Chappelier et Teddy Furon, tous les quatre chercheurs d’Inria Rennes, se sont lancés dans la création d’entreprise il y a deux ans avec Lamark. La start-up, incubée par Emergys sur la technopole Rennes-Atalante, propose depuis 2016 un service de protection d’images en ligne, Imatag. Le concept : il suffit de déposer ses photos sur la plateforme pour les marquer d’un tatouage invisible et indestructible !

A l’origine de Lamark, les ingénieurs de l’équipe ont observé une lacune dans la distribution d’une image sur internet. Si un simple « copier-coller » permet de la récupérer, remonter à la source et en trouver l’auteur ou en obtenir les droits, est quasi mission impossible...

Avec leur solution, les Rennais redonnent de la valeur à l’image quel que soit son mode de diffusion par le biais d’un tatouage invisible (ou tatouage numérique), qui relie définitivement une photo et ses métadonnées. Lorsque la photo est alors utilisée, son auteur ou l’agence propriétaire en est informé même si elle ne contient plus les métadonnées d’origine !

Au quotidien, leur robot logiciel d’indexation se promène sur internet, scanne les images, et s’il croise un cliché « tagué » présent en parallèle dans leur base de données, l’ayant-droit en est immédiatement informé. Un service qui se décline en plusieurs offres en fonction du volume de données traité (gratuit jusqu’à 1 Go d’images ; mode premium sur abonnement (100 Go) avec service de traçage sur Internet…).

Une solution invisible à l’œil nu

Aujourd’hui, près de 3 millions de photographies sont déjà protégées et tracées quotidiennement par la plateforme. Ce qui permet aux agences clientes de réduire d'ores et déjà leurs coûts de piges et, demain, leurs coûts de facturation des éditeurs, qui sera automatisée par Imatag.

Avec cette première levée de fonds, Lamark va pouvoir perfectionner son service, mais aussi accélérer sa croissance sur le marché de la presse et de l’édition. « On commence sur la partie professionnelle, mais on veut s’étendre au BtoC, en touchant les photographes passionnés et amateurs. Aujourd’hui, on apprend avec des bêtatesteurs, mais notre objectif à terme est de monétiser le système avec un abonnement mensuel et un modèle Freemium », explique Mathieu Desoubeaux, CEO et cofondateur de Lamark.

Par ailleurs, ce financement par EDD acte une nouvelle collaboration industrielle, car cette dernière envisage un élargissement de sa technologie de marquage des contenus textuels aux domaines de l'image et de la vidéo.

Fiche Lamark

[caption id="attachment_45230" align="aligncenter" width="1024"]

Lamark et son tatouage numérique lève 500 00 euros

Lamark et son tatouage numérique lève 500 00 euros

Photos taguées par le système de Lamark. Source : Imatag[/caption]

  • Plateforme web qui simplifie l’accès aux métadonnées des images numériques (auteur, copyright, légende, licence d’utilisation…) pour en garantir les droits.
  • Fondée en mai 2015 par des ingénieurs de l’Inria spécialisés dans le process image et vidéo (Mathieu Desoubeaux), l’indexation multimédia (Jonathan Delhumeau), en architecture de système (Vivien Chappelier) et en télécom (Teddy Furon).
  • 6 salariés.
  • Chiffre d’affaires 2016 : 21 000 euros (non significatif).
  • L’entreprise vient de lever 500 000 euros. Elle a débuté avec un capital de 30 000 euros accompagné de différentes aides (fonds d’investissement Phar, Bpifrance).
  • Ses clients : agences photographiques MaxPPP, Hans Lucas, La Parisienne de Photographie, Roger Viollet, La Collection… ; des photographes professionnels indépendants et des photojournalistes.
Inria dossier du chercheur à l'entrepreneur

Inria dossier du chercheur à l'entrepreneur

Autres articles

La dépendance numérique se fabrique aussi dans les organigrammes

Chronique

La dépendance numérique se fabrique aussi dans les organigrammes

On parle d’infrastructures et de contrats quand on évoque la dépendance numérique. On parle moins des compétences qui permettent de les évaluer, de les challenger et, le cas échéant, d’en sortir. Or une organisation perd sa maîtrise numérique lorsqu’elle perd les personnes capables de juger ses choix.

La Cour des comptes pousse les ministères vers le libre

Bureautique de l’État

La Cour des comptes pousse les ministères vers le libre

L’État a dépensé 100 M€ en 2025 pour sa bureautique, dont 80 % des licences chez Microsoft. La Cour des comptes réclame une bascule vers le libre en mode cloud d’ici trois à quatre ans.

Quand la donnée commerciale devient un enjeu de leadership pour le CDO

Défi d’un nouveau monde

Quand la donnée commerciale devient un enjeu de leadership pour le CDO

Le leadership du chief data officer se joue-t-il encore dans la construction des fondations data, ou dans sa capacité à transformer la donnée en levier de création de valeur pour l’IA ?

Cybersécurité et souveraineté : le grand écart des entreprises européennes

Etude

Cybersécurité et souveraineté : le grand écart des entreprises européennes 

Une enquête de Kerys Software révèle un paradoxe : si la souveraineté technologique figure parmi leurs priorités, 81 % des entreprises interrogées s’appuient sur des solutions non européennes. 

"L’enjeu principal de la deeptech est plutôt la liquidité du marché"

Interview

"L’enjeu principal de la deeptech est plutôt la liquidité du marché"

Kat Borlongan, membre du board de l’European Innovation Council (EIC) au sein de la Commission européenne, décrypte les difficultés des startups deeptech en Europe, et les signaux positifs.


Préférences de consentement