Ahmed Mhiri (Travelcar) : « On assiste ainsi à une professionnalisation des services collaboratifs »

Le commerce collaboratif s’est intensifié avec une fréquence d’achat individuelle en hausse, selon le baromètre 2017 de PriceMinister-Rakuten et Mondial Relay. Ahmed Mhiri, fondateur et CEO de TravelCar, analyse la situation du point de vue de la location de véhicules entre particuliers.

Publié et mis à jour le 13 octobre 20173 min de lecture
Ahmed Mhiri (Travelcar) : « On assiste ainsi à une professionnalisation des services collaboratifs »

Ahmed Mhiri, fondateur et CEO de TravelCar. ©Célia Garcia-Montero

Le commerce collaboratif s’est intensifié avec une fréquence d’achat individuelle en hausse, selon le baromètre 2017 de PriceMinister-Rakuten et Mondial Relay, réalisé par OpinionWay. 30% des cyberacheteurs achètent une fois par mois à un particulier. Ahmed Mhiri, fondateur et CEO de TravelCar, analyse la situation du point de vue de la location de véhicules entre particuliers.

[caption id="attachment_48580" align="alignleft" width="300"]

Ahmed Mhiri, fondateur et CEO de TravelCar. ©Célia Garcia-Montero[/caption]

Ressentez-vous également une hausse de la pratique collaborative dans le domaine du transport ?

Ahmed Mhiri. Nous connaissons en effet une croissance exponentielle avec une multiplication par quatre, chaque année depuis notre création en 2012, du nombre d’utilisateurs – aujourd’hui au nombre de 500 000. Partager sa voiture se fait dorénavant sans le sentiment d’une prise de risque. Nous avons ainsi élargi les parkings où nous sommes présents. Notre application, qui permet au propriétaire d’effectuer lui-même un état des lieux de son véhicule avant de la laisser en location, renforce la confiance dans ce modèle.

L’étude de PriceMinister-Rakuten souligne que si le prix est un critère expliquant le succès du commerce collaboratif, 59% des sondés ne veulent pas courir le risque d’acheter un article à bas prix. Que pensez-vous de cette tendance ?

Ahmed Mhiri. C’est un taux légitime, je m’étonne même qu’il y ait 41% des internautes attirés par des prix bas. Car lorsque l’on propose un tarif peu cher, les acheteurs se méfient, imaginant qu’il s’agit d’un piège. Nous avons nous-mêmes constaté que les consommateurs ont davantage confiance en notre service quand nous proposons une location 15% moins chère que les prix du marché plutôt que si elle est à un prix inférieur de 70%. Le chiffre de 59% pourrait même augmenter selon moi dans les années à venir puisque au plus les gens consomment, plus ils s’attendent à de la qualité. Le commerce collaboratif ne représente pas à leurs yeux une pratique peer to peer mais un canal comme un autre.

Constatez-vous de nouvelles exigences de la part des usagers ?

Ahmed Mhiri. Les clients veulent le prix du commerce collaboratif avec une qualité identique à celle des professionnels. On assiste ainsi à une professionnalisation des services collaboratifs. Concernant la location de véhicules, les utilisateurs ne prennent pas en compte que la voiture appartient à un particulier, ils s’attendent à ce qu’elle soit propre, disponible et ils veulent avoir un service client à tout moment en cas de problème. Par ailleurs, pour satisfaire à leurs attentes, nous avons instauré la possibilité de laisser sa voiture dans un parking et de la récupérer dans un autre.

Selon la 12e édition du baromètre

  • Le commerce collaboratif est en hausse, passant de 17% en 2015 à 29% en 2017, en raison d’une plus forte fréquence individuelle.
  • Les jeunes de 15 à 24 ont le plus augmenté leur fréquence d’achat (+30%).
  • Le livre (33%), les vêtements (26%) et les jeux vidéo (18%) sont les produits les plus vendus entre particuliers.
  • 81% des acheteurs du commerce collaboratif comparent toujours les prix des articles vendus en ligne avec ceux du commerce classique pour s’assurer de faire une bonne affaire.
  • 59% des sondés ne veulent pas courir le risque d’acheter un article à bas prix.
  • Pour 84% des acheteurs, le fait de ne pas avoir à se déplacer pour récupérer l’article représenterait un avantage à passer par une place de marché.

Autres articles

Numérique responsable : les livres clés pour s’inspirer et agir

Conseil lecture

Numérique responsable : les livres clés pour s’inspirer et agir

Pour l’été, nous vous proposons de lire (ou relire) une sélection d'essais, romans de science-fiction, ressources opérationnelles et réflexions philosophiques, consacrées aux défis du numérique responsable.

La féminisation de la tech est devenue un enjeu de souveraineté numérique

mixi'tech

La féminisation de la tech est devenue un enjeu de souveraineté numérique

Pour répondre aux pénuries de compétences et renforcer l'autonomie technologique du pays, les acteurs publics et privés appellent à accélérer la féminisation des métiers du numérique. 

Comment la bataille de l'IA se déplace vers l'infrastructure

Chronique

Comment la bataille de l'IA se déplace vers l'infrastructure

Pendant plusieurs années, la compétition en intelligence artificielle s'est jouée sur une seule variable : le modèle. Qui aurait le plus de paramètres, les meilleures performances, l'interface la plus convaincante. Le dernier RAISE Summit a acté la fin de cette lecture.

"La SNCF applique une grille d’achat dans laquelle la partie RSE représente 20 % de la notation. Nous voulons aller plus loin"

Interview

"La SNCF applique une grille d’achat dans laquelle la partie RSE représente 20 % de la notation. Nous voulons aller plus loin"

Xavier Verne est le directeur du numérique responsable du Groupe SNCF. Il détaille la large structuration de la démarche de Responsabilité Numérique de l'entreprise et les leviers qui ont le plus d'impact.

Numérique responsable : des contributions pour agir

GreenTech Forum 2026

Numérique responsable : des contributions pour agir

Dans le cadre de la nouvelle édition du GreenTech Forum nous avons proposé à nos lecteurs de partager dès à présent les messages forts qu’ils estiment clés à faire passer aux dirigeants.


Préférences de consentement