Belle de Mai, au-delà de Marseille

La « couveuse » de la cité phocéenne a accompagné l’émergence de cent deux start-up dans les TIC et le multimédia, depuis 1999. Elle veut désormais mieux promouvoir sa vocation « nationale ».

Publié et mis à jour le 2 mai 2013
3 min.

La « couveuse » de la cité phocéenne a accompagné l’émergence de cent deux start-up dans les TIC et le multimédia, depuis 1999. Elle veut désormais mieux promouvoir sa vocation « nationale ».

Proposer Van Gogh ou Picasso comme « guide » touristique, directement sur un smartphone, via un appel téléphonique, un courriel ou un SMS : voilà l’idée de VoxInzebox pour rendre plus ludique et pédagogique une visite de la ville d’Arles ! L’application, appelée Rallyvisit, fonctionne depuis décembre 2012. Elle devrait faire fureur ce printemps, à l’occasion de « Marseille Provence 2013, capitale européenne de la culture » dont la ville, classée au patrimoine mondial de l’Unesco, est l’un des principaux atouts. L’application sur la cité phocéenne sera alors disponible.

Un dossier sur cinq entre en incubation
Couvée en 2000, dans l’incubateur Belle de Mai, à Marseille (Bouches-du-Rhône), la société enrichit sans cesse sa gamme de solutions touristiques multimédia. Après Allo Visit (visites autoguidées), la « pionnière », et Zevisit (guides de voyages), ce jeu interactif téléchargeable (www.rallyvisit.com) gratuitement, mêle questions, indices, conseils et informations tout au long du cheminement du promeneur. Yann Le Fichant, fondateur de VoxInzebox, a conçu, avec ses quarante collaborateurs, deux versions, l’une « tous niveaux », l’autre « éclairée » pour les plus férus d’art et d’Histoire. Avec un chiffre d’affaires de 1,2 million d’euros « dont 20 % à l’export », souligne le dirigeant, sa pérennité fait la fierté de l’incubateur, d’autant plus qu’à sa sortie, l’entreprise s’est implantée à l’étage au-dessus, dans le pôle média Belle de Mai.

« 75 % des 134 projets, dont nous avons “couvé” les débuts, ont débouché sur des créations de sociétés. Les trois quarts existent toujours », se réjouit Céline Souliers, la coordinatrice, en expliquant ce taux par la stricte sélection opérée à la base par le comité d’engagement de l’incubateur et la qualité du tissu d’accompagnement (pépinières, CEEI, Réseau Entreprendre…). Seul un dossier sur cinq entre en incubation et perçoit une avance remboursable de 20 000 euros en moyenne. « Nous incubons dix à quinze projets par an. Le lien avec un laboratoire de recherche demeure indispensable. »

La structure dispose d’un budget de 500 000 euros, dont 200 000 pour l’aide aux entreprises. En treize ans, plus de 2,3 millions d’euros ont été versés grâce à l’appui de l’État, de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca), du conseil général des Bouches-du-Rhône et de la ville de Marseille. Mais, s’il propose à Marseille un hébergement gratuit, des ateliers collectifs (média-training, webmarketing, ressources humaines…), des conférences thématiques et l’accès à des financements locaux attractifs, l’incubateur Belle de Mai reste une structure « nationale », à travers son réseau de 220 chargés d’affaires. Une vocation qu’il veut rendre plus visible en s’affichant plus souvent à Paris sur des événements liés aux TIC et en se rapprochant également des clubs de business angels… « Sur les 134 projets accompagnés, quarante-six provenaient de l’extérieur de Paca. Sur les trente-sept sociétés qui en sont issues, vingt et une sont restées dans leur région d’origine et seize ont opté pour une installation en Paca. Le créateur décide librement ! » précise Céline Souliers. Des partenariats ont été noués en Ile-de-France, Rhône-Alpes, Poitou-Charentes…

« Nous veillons toujours à ce que les projets hors Marseille bénéficient de l’appui d’une structure locale pour favoriser l’effet réseau territorial. Nous pouvons même envisager de la coïncubation. » Alors que le remboursement des aides progresse (près de 15 % du budget), l’incubateur souhaite diversifier ses ressources. Autre objectif : inciter les anciens incubés à « tutorer » les nouveaux. « Nous cherchons aussi à approfondir nos axes futurs sur la façon d’évaluer notre action, d’accroître notre benchmark d’autres méthodes d’incubation françaises et étrangères, et d’imaginer des pistes pour suivre le devenir des quarante projets que nous écartons chaque année. »

Cet article est extrait du n°3 d’Alliancy le mag – Découvrir l’intégralité du magazine

Autres articles

La dépendance numérique se fabrique aussi dans les organigrammes

Chronique

La dépendance numérique se fabrique aussi dans les organigrammes

On parle d’infrastructures et de contrats quand on évoque la dépendance numérique. On parle moins des compétences qui permettent de les évaluer, de les challenger et, le cas échéant, d’en sortir. Or une organisation perd sa maîtrise numérique lorsqu’elle perd les personnes capables de juger ses choix.

La Cour des comptes pousse les ministères vers le libre

Bureautique de l’État

La Cour des comptes pousse les ministères vers le libre

L’État a dépensé 100 M€ en 2025 pour sa bureautique, dont 80 % des licences chez Microsoft. La Cour des comptes réclame une bascule vers le libre en mode cloud d’ici trois à quatre ans.

Quand la donnée commerciale devient un enjeu de leadership pour le CDO

Défi d’un nouveau monde

Quand la donnée commerciale devient un enjeu de leadership pour le CDO

Le leadership du chief data officer se joue-t-il encore dans la construction des fondations data, ou dans sa capacité à transformer la donnée en levier de création de valeur pour l’IA ?

Cybersécurité et souveraineté : le grand écart des entreprises européennes

Etude

Cybersécurité et souveraineté : le grand écart des entreprises européennes 

Une enquête de Kerys Software révèle un paradoxe : si la souveraineté technologique figure parmi leurs priorités, 81 % des entreprises interrogées s’appuient sur des solutions non européennes. 

"L’enjeu principal de la deeptech est plutôt la liquidité du marché"

Interview

"L’enjeu principal de la deeptech est plutôt la liquidité du marché"

Kat Borlongan, membre du board de l’European Innovation Council (EIC) au sein de la Commission européenne, décrypte les difficultés des startups deeptech en Europe, et les signaux positifs.


Préférences de consentement