Cybermenace : IA, l'arbre qui cache la forêt ?

[Billet d'humeur] La cybersécurité n'est pas seulement une affaire de technologies futuristes. Non, elle demande une vigilance quotidienne, des moyens concrets et des politiques publiques ambitieuses et rapides.

Publié et mis à jour le 13 mars 20251 min de lecture
Cybermenace : IA, l'arbre qui cache la forêt ?

Alors que toutes les discussions technologiques semblent désormais tourner autour de l'intelligence artificielle, la France navigue dans une mer agitée par la cybermenace, oubliant parfois de renforcer ses digues numériques. Le Sénat vient, en ce sens, d'adopter une loi sur la cybersécurité. Une démarche louable, certes, mais tardive. Car derrière les enthousiasmes suscités par ChatGPT et consorts, les attaques par rançongiciels continuent de progresser, ciblant massivement nos PME, nos collectivités et nos universités. En 2024, plus de 4 300 incidents ont secoué la tranquillité numérique française, rappelant l'urgence d'agir concrètement.

Alors, oui, les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris ont permis d’illustrer une mobilisation réussie, une « cyber-résilience » française louée par l'Anssi. Mais ne nous trompons pas : ce succès ponctuel ne saurait masquer l'ampleur du problème. On se rassure quand même en se disant que la loi adoptée par le Sénat témoigne d'une prise de conscience totalement bienvenue, élargissant enfin la protection à des milliers d'entités jusqu'ici ignorées voire laissées pour compte.

Reste que l'espionnage mené par des puissances étrangères, russe ou chinoise, et les attaques à visée déstabilisatrice doivent alerter plus largement. Tandis que chacun rêve de solutions dopées à l'IA, la protection des systèmes d’information repose encore sur des gestes simples, souvent négligés, comme l’application systématique des mises à jour de sécurité.

La cybersécurité n'est pas seulement une affaire de technologies futuristes. Non, elle demande une vigilance quotidienne, des moyens concrets et des politiques publiques ambitieuses et rapides. L'heure n'est donc pas seulement au grand show de l'IA, aussi spectaculaire soit-il, mais bien à une cybersécurité pragmatique et efficace. Sinon, demain, notre engouement technologique risque de se payer au prix fort.

Autres articles

La tech veut un autre leadership... sans renoncer à ses vieux réflexes

Bug de genre

La tech veut un autre leadership... sans renoncer à ses vieux réflexes 

L'essor de l'IA pousse les entreprises à revoir leurs attentes envers les managers techniques. Les compétences relationnelles, la diversité des équipes et l'autorité deviennent des leviers de performance autant que d'inclusion. Oui, mais...

Après les cryptoactifs, Ledger veut sécuriser l’action numérique à l’ère des agents IA

Chronique

Après les cryptoactifs, Ledger veut sécuriser l’action numérique à l’ère des agents IA

Au moment où l’intelligence artificielle réduit le coût des cyberattaques et multiplie les systèmes capables d’agir seuls, Ledger fait un pari : ne pas chercher à rendre l’agent infaillible, mais sécuriser son mandat, ses limites et le moment précis où une intention numérique devient un acte.

Cyberattaque contre Hugging Face : comment OpenAI maîtrise son récit

décryptage

Cyberattaque contre Hugging Face : comment OpenAI maîtrise son récit

L'intrusion menée par des agents IA d'OpenAI contre Hugging Face marque un tournant. Elle ne valide pourtant ni le récit d'une IA hors de contrôle, ni celui d'une cybersécurité devenue obsolète, tout en révélant un nouveau rapport de force autour des modèles de frontière. 

La France candidate pour accueillir une AI Gigafactory soutenue par l'Union européenne

IA souveraine

La France candidate pour accueillir une AI Gigafactory soutenue par l'Union européenne 

L'État se positionne pour accueillir une infrastructure de calcul dédiée à l'intelligence artificielle et s'engage à acheter 100 millions d'euros de capacités de calcul si un projet français est retenu. 

Orange et Morrison veulent créer une coentreprise de data centers pour renforcer le cloud souverain européen

Souveraineté des centre de données

Orange et Morrison veulent créer une coentreprise de data centers pour renforcer le cloud souverain européen

Les partenaires prévoient d’investir 3 milliards d’euros afin d’accompagner la croissance des besoins en cloud et en intelligence artificielle. 


Préférences de consentement