Nomination
François Favre quitte Airbus Helicopters et succède à Christophe Huerre à la DSI de Thales
Passé par le programme Skywise d'Airbus puis par la DSI d'Airbus Helicopters, François Favre devient Group CIO de Thales, appelé à succéder à Christophe Huerre, attendu à la retraite fin novembre 2026.

C'est par un message d'adieu publié sur LinkedIn que François Favre a confirmé la nouvelle. Depuis 2020, il dirigeait les systèmes d'information (DSI) d'Airbus Helicopters. Il rejoint désormais Thales comme Group CIO. Il y prendra la relève de Christophe Huerre, le départ à la retraite de ce dernier est prévu fin novembre 2026. Dans son message, François Favre remercie Airbus pour plus de deux décennies d'aventures partagées. Il se dit profondément honoré de la confiance que lui accorde Thales. L'annonce n'est pas passée inaperçue chez son futur employeur. Philippe Knoche, qui occupe le poste de Chief Operating Officer du groupe depuis septembre 2023, figure parmi ceux qui l'ont saluée.
François Favre est diplômé de l'ENSICAEN. Il a d'abord exercé une dizaine d'années dans le conseil en management chez KPMG et rejoint Airbus en 2004. Il s'y consacre pendant plus de dix ans au management de l'information. En 2015, il prend la tête des opérations du Digital Office. Il pilote aussi le programme Skywise. Cette plateforme de données a été construite par l'avionneur. Elle fédère compagnies aériennes, fournisseurs et partenaires. Tous y exploitent leurs données de manière partagée. En juin 2020, il est nommé DSI d'Airbus Helicopters. Il y pilote l'informatique pendant six ans. Les appareils du constructeur sont en service dans plus de 150 pays. L'entreprise travaille de longue date avec Thales. L'électronicien fournit notamment la radio V/UHF et le transpondeur d'identification du H225M militaire.
Une feuille de route encore à écrire
François Favre ne s'est pas encore exprimé publiquement sur ses priorités. On ignore donc encore le cap qu'il compte fixer à la DSI de Thales. Les contenus qu'il a récemment relayés sur LinkedIn esquissent toutefois quelques lignes de force. Il a partagé le partenariat noué par Airbus avec Mistral AI. L'objectif est de déployer des modèles d'IA sur site ou dans des clouds de confiance. Il a aussi relayé l'accord pluriannuel signé avec Scaleway. Ce contrat porte sur l'hébergement d'applications industrielles et de défense sensibles. Il couvre la conception des avions comme la production.
Ces signaux font écho à l'héritage que lui transmet Christophe Huerre. En 2023, ce dernier citait trois priorités. La première était l'efficacité des outils d'ingénierie, la deuxième visait à harmoniser les moyens informatiques à l'échelle mondiale. Cette harmonisation devait respecter les contraintes de souveraineté. Et la troisième portait sur la transformation numérique de toutes les fonctions du groupe. Ces chantiers devront toutefois se déployer à une tout autre échelle. Thales compte près de 83 000 collaborateurs dans 68 pays. Le groupe a réalisé 20,6 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2024. Il consacre chaque année près de 4 milliards d'euros à la R&D. L'IA, la cybersécurité, le quantique et le cloud figurent parmi ses domaines clés. Plusieurs défis attendent donc le nouveau Group CIO. Il devra harmoniser un patrimoine applicatif réparti sur plusieurs continents. Il devra aussi garantir la maîtrise des dépendances technologiques qu'exigent les clients étatiques. L'industrialisation de l'IA dans l'ingénierie complète la liste. Dès sa prise de fonctions, il lui faudra préciser sa méthode. La question est de savoir comment il transposera chez Thales la culture de la donnée et du cloud de confiance forgée au sein d'Airbus.






