Le rôle des normes dans le Smart Manufacturing

Aux entreprises qui hésitent à s'investir dans la fabrication intelligente tant que de nouvelles normes ne sont pas disponibles : lancez-vous. Il n'y a aucune raison d'attendre.

Publié et mis à jour le 24 août 2017
3 min.
Le rôle des normes dans le Smart Manufacturing

Dave Vasko, Director of Advanced Technology, Rockwell Automation

[caption id="attachment_46231" align="alignleft" width="252"]

Dave Vasko, Director of Advanced Technology, Rockwell Automation[/caption]

Il faudra des dizaines d'années avant que les normes (I4.0) de l'Internet industriel des objets (IIoT) permettent aux données de circuler de façon transparente entre les applications et les équipements de divers fournisseurs. Mais plutôt que d'y voir un frein, c'est au contraire, une motivation supplémentaire pour se lancer dès à présent.

Le cadre normatif comme élément de différenciation

Le Smart Manufacturing, quel que soit le nom qu'on lui donne, Manufacturing USA (E.U.), Industrie 4.0 en Allemagne, China 2025 ou industrie du futur en France par exemple, regroupe différentes approches. Le Royaume-Uni, la Suède, le Japon, la Corée et l'Inde ont aussi des dénominations spécifiques à chaque pays.

Qu'ont ces différentes approches en commun ? Toutes :

  • donnent une vision de ce que doit être la fabrication intelligente.
  • utilisent la puissance de la numérisation pour aider les fabricants à réduire les dépenses, à améliorer le délai de commercialisation, à réduire l'inventaire et à augmenter la productivité.
  • approfondissent les normes actuelles afin de concrétiser la vision.

Ce dernier point constitue une distinction importante : ces approches ne créent pas de nouvelles normes mais cherchent la meilleure façon d'utiliser celles déjà existantes. Autre point clé, ces approches se différencient selon les normes sur lesquelles elles s'appuient.

Ceci implique que la base du travail pour la fabrication intelligente, qu'il s'agisse de l'Industrie 4.0 ou des autres approches, se fait au sein des organismes de normalisation tels que CEI, ISO, ISA, IEEE et OPC Foundation. C'est de là que vient l'impulsion et le leadership.

Le temps de se lancer est arrivé

L'industrie est lente à s'adapter aux nouvelles technologies, en particulier parce que le remplacement des équipements actuels par leurs équivalents intelligents peut prendre des décennies. La transition doit être réalisée par phases.

Le passage à la fabrication intelligente ne s'inscrit pas dans un moment précis dans le temps. Une bonne stratégie évalue comment utiliser les normes en vigueur pour faciliter les changements nécessaires dès aujourd'hui, et pour permettre les évolutions futures.

Si vous ne regardez que l'approche d'un seul pays, vous n'aurez qu'une vision limitée du mouvement mondial. Vous devez tirer profit des meilleures normes internationales qui définissent actuellement la fabrication intelligente.

Ce point s'avère important pour aborder un autre aspect de la fabrication intelligente : la vitesse.

La vitesse est un défi pour tous. Les normes internationales qui régissent les technologies de la production (OT) sont mûres et peuvent prendre des années avant d'évoluer. En ce qui concerne les technologies de l'information, le rythme du changement s'accélère.

Changement progressif constant

Les approches doivent être suffisamment flexibles pour s'adapter aux tendances émergentes et aux nouvelles technologies.

Actuellement, ce n'est pas le cas. L'industrie 4.0, par exemple, prévoit des mises à jour annuelles de ses interfaces et de ses normes pertinentes, mais il lui faudra probablement cinq ans pour définir les exigences pour des produits conformes. Ceci ne paraît pas réaliste, car nous ne savons pas quel sera l'environnement IT et OT dans un an, et encore moins dans cinq. Au cours des cinq prochaines années, certaines applications IT évolueront, seront reconnues et deviendront des incontournables.

L'objectif est de filtrer les normes, les applications et les services pour trouver les meilleurs du moment. Puis d'évaluer en permanence leur rapport coût-bénéfice. C'est de cette façon que vous pouvez déterminer là où vous pouvez avoir le plus d'effet sur la fabrication ; et trouver de nouvelles sources d'amélioration.

Autres articles

La dépendance numérique se fabrique aussi dans les organigrammes

Chronique

La dépendance numérique se fabrique aussi dans les organigrammes

On parle d’infrastructures et de contrats quand on évoque la dépendance numérique. On parle moins des compétences qui permettent de les évaluer, de les challenger et, le cas échéant, d’en sortir. Or une organisation perd sa maîtrise numérique lorsqu’elle perd les personnes capables de juger ses choix.

La Cour des comptes pousse les ministères vers le libre

Bureautique de l’État

La Cour des comptes pousse les ministères vers le libre

L’État a dépensé 100 M€ en 2025 pour sa bureautique, dont 80 % des licences chez Microsoft. La Cour des comptes réclame une bascule vers le libre en mode cloud d’ici trois à quatre ans.

Quand la donnée commerciale devient un enjeu de leadership pour le CDO

Défi d’un nouveau monde

Quand la donnée commerciale devient un enjeu de leadership pour le CDO

Le leadership du chief data officer se joue-t-il encore dans la construction des fondations data, ou dans sa capacité à transformer la donnée en levier de création de valeur pour l’IA ?

Cybersécurité et souveraineté : le grand écart des entreprises européennes

Etude

Cybersécurité et souveraineté : le grand écart des entreprises européennes 

Une enquête de Kerys Software révèle un paradoxe : si la souveraineté technologique figure parmi leurs priorités, 81 % des entreprises interrogées s’appuient sur des solutions non européennes. 

"L’enjeu principal de la deeptech est plutôt la liquidité du marché"

Interview

"L’enjeu principal de la deeptech est plutôt la liquidité du marché"

Kat Borlongan, membre du board de l’European Innovation Council (EIC) au sein de la Commission européenne, décrypte les difficultés des startups deeptech en Europe, et les signaux positifs.


Préférences de consentement