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Nantes et Montpellier tracent une voie pour réduire leur dépendance numérique
Avec l’initiative Tie-Break, Nantes et Montpellier veulent réduire progressivement la dépendance numérique des collectivités aux solutions extra-européennes d’ici 2030.

Reprendre la main sur les logiciels, le matériel et les données. C’est l’ambition défendue le 22 septembre dernier à Nantes par Francky Trichet, élu de Nantes Métropole et président des Interconnectés, et Manu Reynaud, élu de Montpellier Méditerranée Métropole. Lors d’une conférence tenue au salon de la data et de l’IA, les deux élus ont présenté Tie-Break, une démarche engagée depuis 2025 pour construire une trajectoire d’indépendance numérique européenne à l’horizon 2030. L’objectif n’est pas de parvenir à une autonomie totale, jugée irréaliste, mais de diminuer progressivement les dépendances. Nantes et Montpellier ont notamment développé un outil de diagnostic attribuant un score de souveraineté, façon nutriscore, aux composants de leurs systèmes d’information afin d’identifier les services les plus critiques et les alternatives possibles. "Ce n’est pas une question de drapeau, c’est une question de maîtrise", résume Manu Reynaud.
Montpellier durcit ses critères face aux solutions non européennes
Cette cartographie doit désormais se traduire dans les achats publics. Certaines migrations, notamment pour les VPN et pare-feu, sont présentées comme relativement simples, tandis que le remplacement de solutions très installées comme Microsoft 365 nécessite davantage d’accompagnement. À Montpellier, la doctrine a déjà évolué : l’adoption d’une solution non européenne doit désormais être justifiée, dès lors que le cadre juridique le permet. Les deux collectivités veulent également utiliser davantage la commande publique pour soutenir des solutions souveraines et locales. Une stratégie qui s’inscrit dans un marché conséquent : les dépenses numériques des collectivités françaises ont été estimées à 1,5 milliard d’euros par les initiateurs de Tie-Break.
Les données et les data centers deviennent aussi des enjeux de souveraineté
La démarche dépasse la seule bureautique. Francky Trichet défend également un moratoire et une planification des projets de « giga data centers » à l’échelle européenne, estimant que leur consommation de foncier, d’eau et d’énergie doit être mise en regard de la valeur créée localement. Selon les chiffres avancés pendant la conférence, 91 % des capacités énergétiques des projets de data centers seraient destinées à des acteurs extra-européens. La maîtrise des données constitue l’autre chantier. Manu Reynaud pointe notamment le poids de Google Maps et Waze dans les politiques de mobilité des villes. À terme, les collectivités souhaitent pouvoir transmettre leurs décisions, par exemple la fermeture d’une rue aux abords d’une école, sous une forme directement intégrable et contraignante pour les plateformes GPS. Une manière d’étendre la souveraineté numérique au-delà du choix des logiciels, jusqu’à la maîtrise des données utilisées pour conduire les politiques publiques.






