EUDI Wallet  

Les Français placent la sécurité avant la simplicité ou la rapidité

À l’approche de l’EUDI Wallet, une étude IDnow montre que les Français privilégient la sécurité. Mais interopérabilité et fiabilité pourraient peser sur son adoption. 

Publié et mis à jour le 9 septembre 2026
2 min.
Les Français placent la sécurité avant la simplicité ou la rapidité

Le portefeuille européen d’identité numérique devra inspirer confiance avant de faire gagner du temps. À quelques mois de son déploiement, IDnow publie une étude réalisée en juin par Sapio Research auprès de 1 000 Français. La protection contre la fraude et le renforcement de la sécurité arrivent en tête des attentes pour 39 % des sondés. Le contrôle des données partagées arrive ensuite avec 31 %, puis la transparence sur leur utilisation avec 26 %. Des parcours plus rapides et plus simples ne recueillent que 21 %. L’écart éclaire les arbitrages autour de l’identité numérique. Les utilisateurs semblent prêts à sacrifier une part de fluidité lorsque la contrepartie sécuritaire leur paraît tangible. 53 % accepteraient ainsi des contrôles supplémentaires pour mieux protéger leur identité, même au prix de démarches plus longues. Pour les entreprises, le défi consiste donc à rendre cette sécurité perceptible sans transformer chaque authentification en parcours d’obstacles. Car la tolérance aux contrôles reste conditionnelle. Mais, ces résultats mesurent des intentions déclarées, pas les comportements face au futur portefeuille européen. 

La friction reste un repoussoir 

Cette préférence pour la sécurité ne donne pourtant pas carte blanche aux concepteurs de parcours numériques. L’étude fait apparaître une tension nette entre protection et expérience utilisateur. Près de 45 % des Français interrogés déclarent abandonner parfois une transaction lorsque la vérification d’identité devient trop complexe ou trop longue. Seuls 11 % considèrent les dispositifs actuels comme satisfaisants et sans besoin d’amélioration. Le futur portefeuille devra donc renforcer les contrôles sans recréer les lourdeurs susceptibles de décourager les usages. Le terrain français présente toutefois une particularité favorable. Selon l’enquête, 46 % des répondants utilisent déjà un service public d’identité numérique comme FranceConnect, contre 24 % en Allemagne. Cette familiarité peut réduire la marche à franchir, sans garantir l’adoption. Pour les entreprises comme pour les administrations, l’intérêt de l’EUDI Wallet dépendra surtout de sa capacité à permettre la réutilisation d’une identité vérifiée sans recommencer le parcours à chaque service. 

L’interopérabilité au pied du mur 

Le principal écueil pourrait finalement se situer moins dans l’adhésion au principe que dans son exécution technique. Selon IDnow, 73 % des Français interrogés craignent un mauvais fonctionnement entre les différents systèmes, services ou applications. Ils sont aussi 70 % à redouter une technologie trop complexe ou insuffisamment fiable pour un usage simple et généralisé. Ces inquiétudes touchent au cœur de la promesse européenne. Un portefeuille commun perdrait une grande partie de son intérêt si son utilisation variait fortement selon les services ou multipliait les ruptures de parcours. La divulgation sélective offre toutefois un levier concret. 62 % des sondés se disent davantage enclins à utiliser le portefeuille s’il permet de prouver un attribut, comme l’âge, sans communiquer toutes les informations d’une pièce d’identité. La bataille de l’EUDI Wallet se gagnera dans l’épreuve quotidienne de l’interopérabilité, de la sobriété des données et de la fiabilité.  

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